Dans les campagnes et petites villes de Belgique, la période du Nouvel An s’accompagnait autrefois de coutumes bien établies. Les ménagères préparaient des galettes en abondance, qu’elles distribuaient aux visiteurs venus présenter leurs vœux. Ces gâteaux, souvent cuits dans des fers spéciaux et conservés plusieurs jours, étaient offerts avec une « goutte », une petite mesure d’eau-de-vie ou de liqueur, symbole de convivialité et de chaleur familiale.
À côté de ces réjouissances, une autre tradition persistait : l’octroi de la « dringuèlle ». Ce terme, encore en usage dans certaines régions, désigne un pourboire remis aux enfants de la famille, et parfois aux jeunes du voisinage qui, en échange, chantaient une courte ritournelle de circonstance. L’origine du mot remonte au XVIIIᵉ siècle : dérivé du néerlandais drinkgeld — littéralement « argent pour boire » — il s’est imposé dans le vocabulaire local à la suite de l’occupation d’une partie de la Belgique par les Hollandais, conséquence du traité de la Barrière signé en 1715.
Selon la tradition, le premier dimanche de Carême est le jour où la Vierge a retrouvé le petit Jésus. Les Grands Feux du dimanche de Carême sont un souvenir de ceux allumés par les parents de l'Enfant-Jésus qui le croyaient égaré alors qu'il était resté au temple au milieu des docteurs.
Cela signifie que celui qui n'a pas pu aller souhaiter la bonne année à sa famille peut encore le faire ce jour-là: il sera considéré comme l'enfant retrouvé.
Tous les habitants du village ramassent du bois et de la paille pour organiser un grand feu à Falize, lieu dit proche du village. On allait alors danser autour du feu en formant une ronde avec tous les "mascarades", c'est-à-dire des personnes travesties.
Dans tout le Namurois, la tradition du Dimanche du Grand Feu était respectée. Après avoir emprunté un chariot chez un fermier, les jeunes gens du village passaient de porte en porte pour recueillir des bottes de paille, des fagots, du pétrole, mais aussi du beurre, des oeufs et du lard qui servaient à la fabrication d'une énorme omelette pour régaler les jeunes gens qui préparaient le Grand Feu et qui se réunissaient au cabaret du village ou chez un particulier.
Le soir, les habitants se réunissaient sur une hauteur dominant la région, endroit désigné pour le Grand Feu. Au moment où l'obscurité est complète, c'est le capitaine de la Jeunesse ou le dernier marié de l'année qui allume le bûcher qui peut compter jusqu'à vingt gerbes de paille et autant de fagots.
Il n'est pas rare parfois d'apercevoir plusieurs feux en même temps: celui qui en voit sept à la fois sera protégé des sorciers et des sorcières pendant un an.
Autrefois, les braises et les cendres provenant du Grand Feu étaient vendues aux enchères par le comité de la Jeunesse et achetées par un cultivateur qui les répandait sur ses champs. Elles étaient en effet réputées préserver des rongeurs et procurer une bonne récolte.
De nombreuses croyances sont rattachées à ce Grand Feu:
Quand on ne fait pas le Grand Feu, Dieu le fait... c'est-à-dire qu'un incendie se déclenchera dans le village au cours de l'année.
Les personnes qui franchissent le brasier d'un bond seront préservées des douleurs de ventre pendant un an.
Ceux qui mangent des crêpes le jour du Grand Feu seront à l'abri des piqûres de mouches pendant une année.
Le Grand Feu a donc une action purificatrice puisqu'il protège de la mauvaise influence des sorcières, des insectes nuisibles, des animaux qui ravagent les récoltes et des maladies qui menacent l'homme. Cette action du feu est à rapprocher de la tradition des Churôdes en Condroz ou Chérodes en Famenne qui ont lieu le Mardi Gras et au cours de laquelle on fait passer le bétail au-dessus des cendres chaudes d'un brasier afin de le préserver des coliques et des maléfices.
Le Grand Feu, allumé au début du printemps, est la réminiscence des cérémonies antiques destinées à rendre favorables les divinités païennes qui présidaient à la fertilité des champs. Combattue par l'Eglise dans certaines régions, la tradition du Grand Feu a été christianisée dans d'autres, notamment par cette légende du feu allumé pour retrouver l'Enfant-Jésus égaré.
Les enfants de choeur vont couper une charretée de buis destinés à la bénédiction. Ils attachent une perche au milieu du fagot de buis et rapporte celui-ci sur leurs épaules. On place le buis dans le choeur de l'église et le curé le bénit entre deux coups de cloche. Chaque personne va alors chercher le buis au banc de communion et, avec le curé, le sacristain et les enfants de choeur, font le tour du cimetière. Chacun va alors "pauquer sur ses fosses", c'est-à-dire se recueillir sur ses tombes: on s'agenouille, on fait un signe de croix et on place une branche de buis sur chacune des tombes familiales.
Selon la tradition, les cloches partent pour Rome, c'est-à-dire qu'elles ne peuvent plus sonner, théoriquement lorsque le prêtre entonne le Gloria à l'autel. Le soir, les enfants de choeur annoncent donc le salut (service religieux du soir) en agitant une "raquette", c'est-à-dire une crécelle. On a d'ailleurs l'habitude d'appeler " une raquète " une femme qui parle beaucoup.
Les enfants qui manient cette crécelle crient:
Au monument de Notre Seigneur Jésus-Christ
Promi coup (première fois)
Derni coup (dernière fois)
Avu oyu (avez-vous entendu?)
Les cloches resteront muettes pendant deux jours, durée supposée de leur voyage.
Comment les cloches peuvent-elles s'envoler par les abat-sons de l'église? Cela fait partie des mystères de Soulme... et d'ailleurs.
Le service religieux est annoncé de la même manière que le Jeudi Saint, mais le couplet, chanté sur l'air des lampions, change quelque peu:
Au service de Notre Seigneur Jésus-Christ
Promi coup (première fois)
Derni coup (dernière fois)
Avu oyu (avez-vous entendu?)
Dans la région, les femmes évitaient de faire leur lessive car cela était censé porter malheur. En effet, selon la tradition, le Christ, lors de sa passion, demanda à boire à une femme qui faisait sa lessive. Pour le désaltérer et par dérision, celle-ci lui donna une eau savonneuse que le Christ repoussa. Plus tard, il demanda à manger à une femme qui cuisait son pain. Celle-ci lui donna une miche toute fraîche et le Christ bénit cette donatrice.
En souvenir, les villageoises namuroises cuisent ce jour-là un pain qui est sensé se conserver indéfiniment. De même, elles ont coutume de conserver les oeufs pondus ce vendredi saint car ils préservent la maison de la foudre et de l'incendie. Dans la vallée de la Meuse, la nuit du vendredi saint était d'ailleurs reconnue comme étant dangereuse car c'était la nuit où les sorcières avaient l'habitude de se réunir.
A 3 heures du matin, on rebénit les fonts baptismaux et on fait de l'eau bénite. Ce jour là, on brûle au cimetière le buis qui reste du Dimanche des Rameaux pour servir l'année suivante au Mercredi des Cendres.
Au moment de la messe, les cloches reviennent: elles se remettent à sonner et on sonne au "gloria". Cependant, la messe ne se termine pas à la sonnerie des cloches parce qu'on considère que, dans ce cas, les sorciers auraient plus de pouvoir. On achève donc la messe sur un "magnificat".
Après la messe, les enfants de coeur vont "chasser Carême" et passent de maison en maison dans le village en criant "je viens chasser Carême" et en tapant sur les portes et les fenêtres, faisant un bruit infernal. Ils reçoivent en échange des oeufs, supposés être tombés des cloches, ainsi que de la menue monnaie.
Les cadeaux de Pâques consistent surtout en oeufs que l'on colore en rouge avec des épluchures d'oignons ou en brun avec de la chicorée. Les adultes cachent les oeufs dans le jardin où les enfants vont ensuite les ramasser.
Les jeunes gens organisent un jeu de cartes en mettant comme enchère des quarterons d'oeufs.
Les jeunes garçons s'habillent d'une chemise décorée de "floches" (noeuds) et de rubans et parcourent le village en chantant de porte à porte. Ils reçoivent des oeufs, de la farine et de l'argent. Les dons en argent sont rassemblés pour payer une femme d'ouvrage qui confectionne des galettes qu'ils partagent entre eux après en avoir offert deux pour l'instituteur et deux pour le curé.
La fête de la Sainte Catherine est la fête des jeunes filles et elle est pratiquement identique à celle de la Saint Grégoire pour les garçons. Cependant, les oeufs étaient souvent plus chers à cette époque et, contrairement aux garçons, elles n'en recevaient pas. Les galettes perdaient donc de leur qualité, ce qui était toujours un bon sujet de moquerie de la part des garçons.
La Sainte Catherine était également la fête des meuniers et on allait donc leur porter de la tarte et des cadeaux.
Chaque lundi de Pentecôte, le village de Vodelée perpétue une tradition ancienne à laquelle participent les habitants de Soulme : la procession vers la chapelle Notre-Dame de Bonne Fontaine, nichée en contrebas dans la vallée de l’Hermeton. Aujourd'hui, depuis l’église paroissiale, la statue de la Vierge parcourt le trajet qui la sépare de la petite chapelle forestière dans laquelle elle se trouvait jadis.
Ce pèlerinage est très ancien. Les premières mentions de la chapelle remontent au XVIIᵉ siècle, signe d’une dévotion enracinée depuis des siècles. La statue de la Vierge portée en procession est connue sous le nom de « L’Espagnole ». Elle se distingue par la finesse de sa facture et par l’Enfant Jésus qu’elle soutient sur son bras avec douceur.
Si aujourd’hui l’affluence est plus modeste, on est loin du faste de 1935, année où l’on rapporte la présence de 3 500 pèlerins. Il reste cependant, à travers cette marche et cette prière, le témoignage vivant d’une piété populaire qui relie encore le village à son histoire et à ses traditions.
Quelques jours avant le mois de novembre, les soulmois vont décorer les tombes autour de l'église et les garnissent avec des fleurs locales qui subsistent à ce moment dans les jardins. Aux jours dits, le cimetière et les tombes des défunts reçoivent beaucoup de visites des membres de la famille. Parfois, on plante des bougies sur les tombes et on les laissent brûler jusqu'au bout.
Fête des fermiers.
Saint Nicolas, très populaire aux moyen âge, est le patron des écoliers qu'il récompense le jour de sa fête. Pour distribuer ses cadeaux, souvent des bonbons ou de simples jouets, il peut passer dans la semaine qui précède car il doit se renseigner sur les mérites de ses petits amis. Apparaissant dans un costume d'évêque à longue barbe blanche, il est souvent accompagné du père Fouettard, terreur des mauvais enfants.
Veillée, réveillon et messe de minuit.
Il n'y a pas de Noël sans cougnous... Ces gâteaux doivent leur nom au " cuneolus " latin qui signifie " petit coin ", leurs extrémités évoquant une forme plus ou moins triangulaire.
Sainte Colombe, patronne de la paroisse, est fêtée le jour du réveillon que l'on appelle la "Petite Ducasse" et au cours de laquelle on veille pendant la nuit entière.