Le QUEYRAS, c’est beau, c’est sauvage, mais c’est loin ...
Après pas mal d’interrogations sur notre lieu de destination pour notre traditionnel séjour raquettes annuel, notre choix 2026 s’est porté sur le QUEYRAS, région très enclavée mais réputée pour la beauté de ses paysages et de ses forêts de mélèzes, ses villages rustiques traditionnels, son altitude moyenne élevée garantissant un bon enneigement et en principe un bon ensoleillement comme dans le Briançonnais très proche.
Par contre, la route est longue pour y parvenir et nous avions choisi de passer par le col du Lautaret pour raccourcir un peu et que nous avons franchi juste avant des chutes de neige qui nous ont accompagné à partir de GUILLESTRE, seule porte d’entrée de cette région en hiver.
Installation pour tout le séjour dans un seul et même gîte, « Yak’Avenir » à AIGUILLES, où nous avions déjà séjourné lors d’un précédent périple à ski de randonnée il y a tout juste 10 ans et avec des souvenirs mémorables... Accueil chaleureux des nouveaux et récents propriétaires (Stephane et Claire) dans un gîte qui n’a pas beaucoup changé mais dans lequel nous avons pu nous installer à 11 de manière confortable, et seuls clients de toute la semaine.
La randonnée choisie pour une mise en jambes et tester l’équipe, nous conduira à la croix de Curlet au départ de La Chalp, le dernier hameau avant St VERAN. On démarre par un long faux plat de 2 km en parallèle des pistes de ski de fond pour s’échauffer avec un stop juste avant d’attaquer la montée proprement dite, destiné à faire des exercices pratiques avec les DVA. Jean-Paul et Alain font quelques rappels sur la nivologie, expliquent l’usage des DVA, des sondes et des pelles avant de réaliser un exercice de simulation en profitant d’une bonne couche de neige fraiche d’environ 70 cm d’épaisseur pour cacher la fausse victime . C’est mieux que de nuit sous les feuilles mortes du Salbert.... !! Néanmoins, si l’exercice a été utile pour la majeure partie des participants, dont certains totalement novices, il a été un peu perturbé par des DVA restés en émission ou des téléphones portables pas basculés sur mode avion (comme au Salbert !!! ) mais tout est rentré dans l’ordre...
Une fois terminé l’exercice, qui a quand même duré une heure, on attaque la montée assez raide par un chemin zigzaguant dans une belle forêt de mélèzes à travers laquelle filtre le soleil. On se relaye en tête car faire la trace c’est épuisant, jusqu’à ce qu’on rattrape la trace des « marseillais » un autre groupe de raquetteurs avec guide qui avait choisi un autre itinéraire Certains estomacs réclamaient la pause casse-croûte avant le sommet que nous atteignons vers 14h30 avec une très belle vue plongeante sur le village de St VERAN et les sommets alentour. Après une tentative avortée de redescendre en traversant des champs de neige vierge (neige fraiche jusqu’à la ceinture ... !), on fait le chemin de retour par la trace de montée des « Marseillais », avec quelques passages pentus propices à creuser quelques baignoires ...
Retour au parking avec les pattes un peu fatiguées car malgré le parcours modeste ( 550 m de D+ et 12 km ), tracer en raquettes dans la neige profonde, c’est physique...
Pour terminer la journée, visite à pied de St VERAN, quelques envolées lyriques dans l’église du village, et des boissons chaudes ( ou des bières artisanales ) dans la seule auberge ouverte avant de rejoindre notre gîte.
Il a un peu neigé la nuit et sur le matin, le risque d’avalanche est de 4/5, il fait très gris et on décide une randonnée facile en fond de vallon. Direction les belvédères du VISO depuis l’ECHALP terminus de la route dégagée. Belle balade facile avec quelques passages en forêt et un dénivelé total de 300 m et environ 10 km de distance... Le temps s’est éclairci en cours de randonnée mais le VISO est resté masqué par les nuages... dommage.
Au retour, on s’attarde à ABRIES dans un des rares bistrots ouverts, le « chalet de Lanza » où nous allons prendre nos habitudes surtout que certains et certaines apprécient particulièrement « l’Elixir d’hiver » spécialité de la maison. On y rencontre des cafistes du CAF de l’Esterel, que nous recroiserons le lendemain... et ils envient notre beau minibus !!!
Retour assez précoce au gîte, petite sieste pour certains mais personne ne loupera l’apéro organisé dans la chambre de Martine, serrés les uns contre les autres pour partager les différents breuvages apportés, au son de l’accordéon de Léon, ce qui incitera certaines à entrainer les hommes dans des pas de danse sur un plancher sur solives qui vibrait beaucoup... On se serait cru dans une « chambre d’étudiants ».
Diner au gîte, très bonne soupe et repas, par contre côté pinard, ce n’est pas TOP ce qui contribuera à une consommation modérée mais salutaire...
Il fait grand beau, mais risque d’avalanche toujours 4/5 et on abandonne l’idée de monter au col de l’Izoard et de déjeuner au refuge Napoléon en contrebas côté Cervières. On opte pour la très classique, mais très belle randonnée aux chalets de Clapeyto, Le départ se fait aussi depuis BRUNISSARD, mais dans un vallon beaucoup moins exposé vers l’ouest en direction du col des Ayes ( déjà franchi pas les 5 Séniors qui ont fait Chamonix-Menton en 2008 ). On croise à de multiples reprises la piste de ski de fond avant de déboucher au pré premier, avec 2 alternatives pour rejoindre le plateau vallonné où sont les chalets de Clapeyto. On choisit celle passant sous une grande falaise car risque d’être trop transformée au retour car orientée sud, tout en gardant des distances de sécurité, ce que ne font pas d’autres groupes de raquetteurs, pourtant accompagné de guides locaux !!!
Le paysage est magnifique et ressemble à une carte postale, avec des champs de neige vierge scintillant au soleil, avec une seule trace de raquettes ( et pour cause vu l’épaisseur de poudreuse ... ) zigzaguant au milieu des chalets en bois qui émergent tout juste, avec des toits couverts d’au moins 1 mètre de neige et qui font penser aux calendriers de La Poste illustrés de paysages hivernaux ... c’est très poétique !!!
Casse croûte au soleil, adossés à des chalets et on retrouve « nos Marseillais » mais l’effectif s’est bien réduit et ils sont moins volubiles... quant aux cafistes de l’Estérel, à qui on voulait demander des renseignements, on les a perdus en cours de route ???
Retour par l’autre chemin en faisant une belle boucle
Pour boire un coup, pas d’autres solutions que de etourner au bistrot d’ABRIES ... qui nous déroule le tapis rouge !!!
Il a neigé abondamment toute la nuit. Ce n’est pas le moment d’aller crapahuter dans des pentes non protégées... Décision est prise de retourner du côté de BRUNISSARD pour une longue balade en forêt pour rejoindre le Lac de Roue en empruntant le GR5.
Mais avant cela, un arrêt photo pour immortaliser CHÂTEAU-QUEYRAS sous la neige, a provoqué un embouteillage de la faute au minibus qui ayant dû s’arrêter dans une pente a bien eu du mal à repartir, mais tout s’est arrangé après 10 mn de flottement...Il faut admettre que la route était bien verglacée et que le conducteur du bus arrivant en face était peu coopératif ...
Le trajet aller était assez féérique, en cheminant à travers des arbres complétement chargés de la neige qui venait de tomber, avec des vues en balcon sur la vallée et les sommets environnants, mais une nouvelle fois, il fallait se relayer pour faire la trace, mais avec notre élan parfois stoppé net par un raquetteur pris d’une envie pressante et ne se détournant pas du chemin !!! Mais on n’a pas pris de photo ...
Casse-croûte au soleil au bord du lac de Roue, recouvert d’un manteau blanc immaculé. Le retour se fait par un autre itinéraire mais nous abandonnons vite la route forestière monotone, pour plonger direct dans le pentu et dans le brouillard pour rejoindre le GR5, ce qui a beaucoup plu à l’équipe. C’était de nouveau une rando de 12 km mais avec un dénivelé raisonnable (environ 400 m de D+)
Passage incontournable par le bistrot d’Abriés et retour au gîte pour l’apéro, puis un diner concocté par nos hôtes, savoureux mais qui tenait aux ventres : quiche aux poireaux, tartiflette et soufflé aux pommes... Mais le « pousse » habituel offert par le patron qui nous fait goûter toute sa cave de spiritueux (Liqueur de mélèze, Génépi, Chartreuse et Cognac du grand père, Lemoncielo, etc... mais heureusement pas tout le même soir) a aidé à faire passer le repas.
Évidemment, cela s’est terminé en chansons dans la salle à manger voutée, avec l’appui de l’accordéon de Léon.
Retour le lendemain, hélas un samedi, et rencontre inévitable de bouchons des skieurs quittant les grandes stations des 2 Alpes et de l’Alpe d’Huez. Décision est vite prise de laisser passer le flot en s’arrêtant déjeuner à Bourg d’Oisans, l’occasion de passer un dernier moment ensemble et d’évoquer les bons moments passés raquettes au pied, et les autres. Tout s’est déroulé sans anicroche, pas de blessure, groupe homogène, joyeux et attentif aux consignes. Bien entendu, une « avalanche » de photos a été partagée sur le groupe WhatsApp...et tous ont déjà manifesté l’envie de retrouver les mêmes coéquipiers et coéquipières pour d’autres aventures, hiver comme été...
Les participants étaient : Martine TRITTER, Maryse CLEMENT, Dominque VIEN, Yvette BIOLLEY, Valentine PIERSON, Serge BOSSAN, Alain BERTRAND, Jean CHEVALLIER, Philippe ROUARD, Jean-Jacques VIEN et Jean-Paul LEVEL