MÉTIERS
CHAMPIGNONNISTE / CHEVRIER-CABRIER / NOURRISSEUR-LAITIER
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HISTOIRE
Ces métiers disparus qui faisaient vivre les Lilas (partie 2)
Des AGRICULTEURS en PLEINE VILLE
Surprise pour ces métiers qu'on imaginait plutôt attachés au milieu rural. Qui se serait attendu à les voir pratiqués autrefois au cœur d'une ville?
Commençons par ces élevages de vaches en plein cœur des Lilas! C'était l'activité des Nourrisseurs ou Laitiers.
L'installation en ville de leurs établissements, -souvent de quelques têtes seulement- vient d'une époque où on ne pratiquait pas encore la pasteurisation du lait. Pour nourrir sans risque les populations urbaines grandissantes, on avait eu l'idée d'amener les vaches à proximité du consommateur. Ces fermes de ville, appelées également Vacheries, étaient apparues un peu partout, au cœur des villes, comme aux Lilas ou à Paris, qui en comptait plus de 5.000 à la fin du 19ème siècle.
Il faut se souvenir qu'à cette époque, l'eau des villes était loin d'offrir les qualités de salubrité requises de nos jours. Les laiteries sont alors devenues quasiment une activité de service public. Aux Lilas, on retrouve leurs établissements dès 1891, tels Rey rue du pré, Guepard, av du rond-point et Serre rue du 14 juillet. En 1936, rue du garde-chasse, Pochard fait mentir son patronyme et ne vend que du lait. En 1937, on retrouve Feunteun rue du pré et Halouze rue du 14 juillet. De son côté, pendant la guerre, madame Gay réussit à installer une vache dans le parc de son institution pour jeunes filles, afin de pallier les restrictions alimentaires de l'occupation allemande.
"Buvez du lait" proclame le Président du Conseil en 1954. Il venait d'instituer le verre de lait quotidien aux écoliers, à une époque où la dénutrition était encore répandue. Pourtant, dans notre ville comme ailleurs, les dernières laiteries ne subsisteront pas au-delà des années 1960'. La pasteurisation, le traitement UHT et la grande distribution auront eu raison de ce circuit court.
Les bovins n'auront pas été les seuls animaux à peupler notre territoire. Les caprins aussi avec, pour les garder, le Chevrier ou Cabrier. On l'imagine volontiers à la montagne, emmener ses bêtes dans les hauteurs le matin, avant de les rentrer le soir pour la traite. Et bien, sur les hauteurs de notre plateau, en 1845, deux chèvres cantonnaient déjà. Plus tard, vers 1930, un homme entretient une quarantaine de chèvres au Pré Saint-Gervais. Au son d'un harmonica, il pousse son troupeau dans les rues lilasiennes, y vendant lait et fromages. Et, aux Lilas même en 1936, les frères Joseph et Louis Laborde, originaires des Basses-Pyrénées, exercent ce métier sur notre sol. Partant de la rue de la Paix, leurs chèvres vont paître sur le glacis du Fort. Jusque dans les années 1950', elles font -pour ainsi dire- partie du décor Lilasien.
Pour finir sur cette irruption de la nature dans notre imaginaire de citadins, descendons les pentes du parc des sports Marie Marvingt, là où se situait le glacis du Fort. Des carrières de gypse y ont longtemps été exploitées. Les galeries de creusement ouvraient en bas de la côte vers Pantin. Une fois l'exploitation abandonnée, elles accueillirent naturellement des champignonnières.
En 1891, Nicolas Yung habitant passage des hortensias, se signalait comme un de ces Champignonnistes. Dix ans plus tard, la carte révèle que, de la Fontaine Saint-Pierre au bas du Fort, toutes les carrières étaient reconverties à la nouvelle culture. Les fameux "Champignons de Paris" y sont alors produits en de si grandes quantités, qu'on aurait dû les appeler les "Champignons des Lilas". Leur culture a perduré jusqu'aux années 1950'.
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