29 NOURRISSEUR ou LAITIER : un MÉTIER qu'on rencontrait AVANT aux Lilas - racines du 93 - généalogie & histoire locale
29 NOURRISSEUR ou LAITIER : un MÉTIER qu'on rencontrait AVANT aux Lilas - racines du 93 - généalogie & histoire locale
HISTOIRE
Surprise pour ce métier qu'on imaginait plutôt attaché au milieu rural. Qui se serait attendu à le voir pratiqué autrefois au cœur d'une ville?
Des élevages de vaches en plein cœur des Lilas! C'était bien l'activité des NOURRISSEURS ou LAITIERS.
L'installation en ville de leurs établissements, -souvent de quelques têtes seulement- vient d'une époque où on ne pratiquait pas encore la pasteurisation du lait. Pour nourrir sans risque les populations urbaines grandissantes, on avait eu l'idée d'amener les vaches à proximité du consommateur. Ces fermes de ville, appelées également VACHERIES, étaient apparues un peu partout, au cœur des cités, comme aux Lilas ou à Paris, qui en comptait d'ailleurs plus de 5.000 à la fin du 19ème siècle.
Il faut se souvenir qu'à cette époque, l'eau des villes était loin d'offrir les qualités de salubrité requises de nos jours. Les laiteries sont alors devenues quasiment une activité de service public. Aux Lilas, on retrouve leurs établissements dès 1891, tels REY rue du pré, GUEPARD, avenue du rond-point et SERRE rue du 14 juillet. En 1936, rue du garde-chasse, POCHARD fait mentir son patronyme et ne vend que du lait. En 1937, on retrouve FEUNTEUN rue du pré et HALOUZE rue du 14 juillet.
De son côté, pendant la guerre, madame GAY réussit à installer une vache dans le parc de son institution pour jeunes filles, afin de pallier les restrictions alimentaires de l'occupation allemande.
"Buvez du lait" proclame le Président du Conseil en 1954. Il venait d'instituer le verre de lait quotidien aux écoliers, à une époque où la dénutrition était encore répandue.
Pourtant, dans notre ville comme ailleurs, les dernières laiteries ne subsisterons pas au delà des années 1960'. La pasteurisation, le traitement UHT et la grande distribution auront eu raison de ce circuit court.
les 7 nourrisseurs sur la Carte>> racinesdu93
29 r du 14 juillet : Serre 1882... Duval jusqu'en 1962
19 r Bernard : Joseph Chretien Guepard 1880-1904 écurie, étable, porcherie
33 r des Bruyères : 1880-1882..1904
9 r du Pré Saint Gervais : 1890 Rey & Chausy
8(?) r du Pré Saint Gervais : Dusaillant (en face de Rey & Chausy)
12 pl Ch.de Gaulle (ex Rond-Point) : ferme de Verneuil, Volpelier +1893> Magne
11(?) av G.Clemenceau (ex 11 r de Pantin) : Trébuchon
1e publication: facebook 17nov2022
BUVEZ du LAIT !
Pour faire la lumière sur ce lait qu'on allait acheter à la ferme, au cœur même de la ville des Lilas, un petit retour en arrière s'impose.
Fin 19°, la ferme de Verneuil s'installe au n°12 de la rue du Garde-Chasse et la laiterie Monteil, en face, à l'angle Garde-Chasse/Tapis Vert. Plusieurs Lilasiens se souviennent de la ferme et des vaches rue du 14 juillet. Il y avait l’étable et la boutique de vente de lait. On entrait par une porte cochère dans une cour où se trouvaient les étables. Après 1928, le magasin du Rond-Point fut cédé à l'épicier Bourrassin (agence d'assurances). Quant à la laiterie, elle fut exploitée quelques années par des Bretons. On vendait le lait dans la petite boutique de la rue du Garde-Chasse, puis le charbonnier Albisson reprit boutique et dépendances. »
La laiterie Serre allait survivre plus d'un quart de siècle à l'établissement Bonnet. Pendant la Guerre de 1939-1945, elle ne souffrit pas de l'effet du bombardement d'avril 1944, pourtant extrêmement proche. Les voisins furent heureux alors de bénéficier d'un bol de lait sans l'échanger contre un ticket. Le cheptel ne comprenait plus que douze pensionnaires après la guerre. M. et Mme Duval portèrent l'effectif à la trentaine. A la fermeture, il comptera quinze vaches. C'est seulement en 1962 que disparaitra la ferme Duval !
SOURCES / LAITIER ou NOURRISSEUR / x8pers
web
bernard-gensane.over-blog.com/2018/09/du-bon-lait-gratuit.html
H165 166 167 220
Dès l'âge de quinze ans, la demoiselle Bonniet faisait ses tournées dans sa petite carriole, de 7 heures à 10 heures et demie, tous les jours même le dimanche. Elle appelait les clients au moyen d'un petit sifflet. « Chaque matin, le lait était livré au Café de la Mairie dès 5 heures 30. Le dimanche, traite à 16 heures pour les promeneurs du Fort. Le bol coûtait un sou. Après 1928, le magasin du Rond-Point fut cédé à l'épicier Bourrassin (agence d'assurances actuellement). Quant à la laiterie, elle fut exploitée quelques années par des Bretons. On vendait le lait dans la petite boutique de la rue du Garde-Chasse, puis le charbonnier Albisson reprit boutique et dépendances. » « Les vaches eurent beaucoup de difficulté pour grimper sur le camion affecté à leur dernier voyage car les sabots, dans l'étable, avaient tellement poussé qu'on pouvait confondre ces dames avec des chevaux à bascule. Il fallut les pousser et les hisser sur le plateau... à leurs "cors' défendant. » (Mme Guitton, née Valette) La laiterie Serre allait survivre plus d'un quart de siècle à l'établissement Bonnet. Pendant la Guerre de 1939-1945, elle ne souffrit pas de l'effet du bombardement d'avril 1944, pourtant extrême¬ment proche. Les voisins furent heureux alors de bénéficier d'un bol de lait sans l'échanger contre un ticket. Le cheptel ne comprenait plus que douze pensionnaires après la guerre. M. et Mme Duval portèrent l'effectif à la trentaine. A la fermeture, il comptera quinze vaches. C'est seulement en 1962 que disparaitra la ferme Duval !
Autrefois, on achetait le lait frais à des « laitiers » ou « nourrisseurs ». Le plus ancien nourrisseur comiu fut Gille, qui hébergeait ses vaches « avenue » Bernard après 1850. Il tenait aussi une épicerie-buvette sur la « route » de Paris. La dernière « ferme » aux Lilas disparaitra un siècle plus tard...
Chez Jean Artur, les vaches voisinaient avec le charbon. De 1880 à 1904 au moins, Joseph Chrétien Guépard a exploité une écurie, une étable et une porcherie au 19, rue Bernard. Rappelons qu'à cette époque, une bergerie existait 33, me des Bruyères. En 1882, François Serre est laitier 29, rue du 14 Juillet et, huit ans plus tard, on mentiomie les noms de Chausy et de Rey, domiciliés l'un en face de l'autre, me du Pré Saint-Gervais. A côté de chez Guépard, au 12, place du Rond-Point, Volpe¬lier a créé la « Ferme de Verneuil », mais il décède en 1893. Monteil installe sa laiterie de l'autre côté de la rue du Tapis-Vert avant la fin du siècle.
En 1908, le Bottin indique sept nourrisseurs, dont Magne à la Ferme de Verneuil, Marion, rue du Garde-Chasse, la veuve Serre, me du 14 Juillet, Rey, 9, rue du Pré — auquel succède Dusaillant ¬et Trébuchon, 11, me de Pantin... Depuis quatre ans, Bomiet a pris la suite de Monteil à l'angle Garde-Chasse — Tapis-Vert. Tout en vendant du charbon, le limonadier Delmas soigne ses vaches au 23, rue de Romainville. Ajoutons que le transporteur Boquill on possédait, outre des chevaux, quelques vaches et des brebis. Les nourris-seurs achetaient l'herbe du glacis à l'autorité militaire et venaient ensuite la faucher... Mais l'établissement de la veuve Serre était réputé, parmi quelques autres, parce que « ses pensionnaires passaient plus de mois en plein air que dans l'étable ». Quant au troupeau de Trébuchon, il paissait dans un terrain vague derrière la gendarme¬rie. Le lait figurait parmi les lots des fêtes de quartier. Après avoir concouru dans un secteur, les gamins couraient ailleurs. Si bien que l'un d'entre eux (M. Sibille), avant 1914, gagna six litres de lait en une seule journée.
Un peu plus tard, Delmas est rue du Château et Pochard, qui tenait une épicerie-buvette me Lecou¬teux, remplace Marion. La veuve Serre a confié son exploitation au fermier Alouze. Vers 1930, un homme entretenait une quarantaine de chèvres au Pré Saint-Gervais. Il poussait son troupeau dans nos rues au son d'un harmonica et vendait lait et fromages. Ses chèvres paissaient sur le glacis. Plus tard, on verra, dans l'avenue Pasteur, un marchand de fromages frais — de vache — criant derrière sa petite poussette : « Ala crèm' fro ma... gealacrèm ! ».
Attardons-nous un moment chez les deux der-niers nourrisseurs des Lilas, les Bonnet et M. et Mme Duval — qui succéderont à Alouze en 1946. La famille Bomiet soignait des poules, des cochons, des chevaux et une trentaine de vaches.
«Les cochons se régalaient avec les eaux grasses de la caserne de pompiers de Ménilmontant. Pour les vaches, on achetait la luzerne sur pied au fort de Noisy. S'y ajoutaient la « drèche » déchet de l'orge fermentée de la bière Karcher, et la « recou¬pette », son et farine des Biscuits Belin, de Bagnolet. Pendant la Guerre de 1914-1918, on livra du lait à l'hôpital militaire auxiliaire de Pantin, que dirigeait Mme Vemhes, l'épouse du liquoriste bien connu dans notre contrée. Les vaches émigrèrent sur l'herbe de Noisy, un commis les surveillant à bord d'une roulotte. »
Dès l'âge de quinze ans, la demoiselle Bomiet faisait ses tournées dans sa petite carriole, de 7 heures à 10 heures et demie, tous les jours même le dimanche. Elle appelait les clients au moyen d'un petit sifflet.
« Chaque matin, le lait était livré au Café de la Mairie dès 5 heures 30. Le dimanche, traite à 16 heures pour les promeneurs du Fort. Le bol coûtait un sou. Après 1928, le magasin du Rond-Point fut cédé à l'épicier Bourrassin (agence d'assurances actuellement). Quant à la laiterie, elle fut exploitée quelques années par des Bretons. On vendait le lait dans la petite boutique de la rue du Garde-Chasse, puis le charbonnier Albisson reprit boutique et dépendances. » « Les vaches eurent beaucoup de difficulté pour grimper sur le camion affecté à leur dernier voyage car les sabots, dans l'étable, avaient tellement poussé qu'on pouvait confondre ces dames avec des chevaux à bascule. Il fallut les pousser et les hisser sur le plateau... à leurs "cors' défendant. » (Mme Guitton, née Valette)
Il y avait aussi des boeufs. Mais ils étaient de passage. Jusqu'à la veille de la dernière guerre, on voyait, sur le boulevard de la Liberté, chaque semaine, des troupeaux qui venaient de l'est, après un très long voyage à pied. Le cortège s'arrêtait parfois au coin de la Cité Jardins. Armés de leur bâton, les bouviers en longue blouse pénétraient chez Terrier, au numéro 107 (55, bd du Général Leclerc), pour s'y désaltérer. Ensuite, la troupe reprenait sa marche vers les abattoirs de La Villette (mêmes migrations hebdomadaires sur le boule-vard Mortier, à une époque légèrement antérieure. Le bétail était mené par des bouviers à cheval. Ces messieurs s'arrêtaient Porte de Ménilmontant pour « boire un coup ». Ils proposaient aux gamins de la rue de Noisy quelques sous pour conduire les boeufs à leur place jusqu'à la Porte des Lilas et au-delà ; puis ils rattrapaient aisément le troupeau). Il y eut même un phoque après la dernière guerre, qui a séjourné quelque temps à la poissomierie Blot (nous sommes à deux pas de la mer, comme il est dit plus loin).
1. On lit, dans la Revue scientifique, numéro du 17 juillet 1909 : « Le lait possède un pouvoir bactéricide évident jusqu'à la température de 60 degrés. » Et, d'autre part : « Les laits de ramassage introduits à Paris offrent moins de garanties que ceux des laitiers-nourrisseurs. » On insiste aussi sur le manque d'hygiène constaté parfois et l'impuissance relative des services vétérinaires. Enfin, la revue rappelle souvent la fréquence de la tuberculose chez les bovins comme nous l'avons déjà dit.
jv1 5 12
JV Entre les deux guerres, les Lilasiens appellent leurs exploitants des « nourrisseurs ». En 1880, un maitre berger, Bonnot, demeurait 25 rue des bruyères. Le conseil le qualifie ensuite de « commissionnaire en bestiaux » Des laiteries également. Rue du 14 juillet : 1 ferme et des vaches à cette adresse à l'origine = établissement des SERRE repris par DUVAL a fonctionné à cette adresse de 1882 à 1964 + au rond-point WR : présence de la Ferme d’Evreux qui possédait bon nombre de vaches dont le lait était distribué aux Lilasiens du secteur. Présence également d’une ferme dans la rue de Romainville après la piscine. L'installation de Nourrisseurs en ville, souvent avec seulement quelques têtes, vient d'une époque où on ne pratiquait pas encore la Pasteurisation du lait. Pour nourrir sans risque les populations urbaines grandissantes, on avait eu l'idée d'amener les vaches à proximité du consommateur. Ces fermes de ville, appelées également vacheries, étaient apparues un peu partout, au cœur des villes.
En 1889 puis en 1911 : demande de l’Union syndicale des Laitiers nourrisseurs de Paris et de la banlieue au CM des lilas « d’une prime d’encouragement qui les dégrève d’une certaine mesure des droits d’octroi auxquels ils sont assujettis »
RE 1891 : REY Antoine, 38 ans, nourrisseur, 9 rue du Pré Saint Gervais + Monteil Gérard, 45 ans, nourrisseur, 39 rue du Tapis vert
RE 1891 : GUEPARD Joseph, 49 ans, laitier, 12 avenue du rondpoint
RE 1891 SERRE François (48 ans, nourrisseur au 27 rue du 14 juillet),
RE 1936 POCHARD François, né en 1879 (Finistère), laitier, 44 rue du Garde-Chasse
LE 1937 p197sur249 pochard paul marie °05/05/1868 & francois marie °05/05/1879 plougar finistere, 44 r du garde chasse (laitier nourrisseur)
rd93= raoul pierre SERRE 1875-1962 (laitier nourrisseur)
LE 1937 p89sur249 feunteun alain joseph °20/06/1884 ergue armel finistere, 9 r du pre st gervais (laitier nourrisseur)
LE 1937 p115sur249 halouze gustave francois jules °23/01/1897 viry manche, 27 r du 14 juillet (nourrisseur)
___________
29 NOURRISSEUR ou LAITIER : un MÉTIER qu'on rencontrait AVANT aux Lilas - racines du 93 - généalogie & histoire locale
l'essentiel >> ACTUS Genea CARTE des Lilas CARTES insolites FACEBOOK GROUPES HISTOIRES LILASIENS A-Z QUARTIERS RV du CERCLE SOURCES
Code Couleur des liens>> Mosaïques Textes Cartes Arbres Audio-Vidéos
Mentions légales en page d'accueil : racinesdu93.fr