La Libération dans les yeux d'un enfant : ceux du futur Général COPEL
Étienne COPEL a été pilote de chasse, instructeur, major de l'école de guerre aérienne et commandant de base, avant de gagner ses deux étoiles de général de brigade aérienne et de devenir sous-chef d'état major. Il est aujourd'hui lilasien à Marcel Bou, pour être plus proche de sa fille et de sa famille. Nous lui avons demandé de se rappeler de ses années d'enfance, quand la guerre s'était invitée dans son jeune monde.
Étienne COPEL se souvient
A 5 ans, après 10 mois de "drôle de guerre", les Allemands envahissent la France et nous devons fuir Paris. Près de Rennes, notre train s'arrête au milieu des champs et ma grand-mère Ida insiste pour ne pas rester là. Peu de temps après, on entend une grande explosion; c'était un convoi de munitions, stationné à côté du nôtre, qui venait d'être mitraillé par une attaque aérienne allemande! Ce 17 juin 1940, notre grand-mère venait de nous sauver la vie!
Le lendemain, arrivés à Erquy dans les Côtes d'Armor, ma grand-mère entend l'appel du 18 juin à la radio, en temps réel. Etant proches des iles Anglo-Normandes, les conditions étaient optimales. Depuis ce jour, ma mère a gardé un optimisme profond basé sur le général de Gaulle.
Revenus à Paris, en juin 1941, ma mère me réveille un soir, avec un grand sourire : "Bonne nouvelle, cette fois Hitler a perdu. Il vient d'envahir la Russie. mais il ne s'en tirera pas mieux que Napoléon. Il faut préciser que, élevée à Moscou, elle était restée fière de la résistance du peuple russe, un siècle et demi plus tôt.
Un soir d'août 1944, j'entend à la radio une chanson que je ne connaissais pas et que je trouve très belle. Ma mère me dit que c'est "la Marseillaise" et tu vas l'entendre beaucoup à présent. Le soir même j'entends toutes les cloches sonner, c'était pour annoncer la Libération de Paris. Le lendemain, je vois de ma fenêtre les chars passer dans un bruit impressionnant. Mais, en me rapprochant d'eux, je ne peux que remarquer que leurs soldats n'étaient pas américains, ils parlaient français! Nous étions libérés par des Français et toute la journée j'ai couru dans les rues en criant "Vive de Gaulle!"
Bien plus tard, j'ai fait de nombreuses rencontres de politiques qui ont marqué ma vie. Mais, parmi celles-ci, il en est une qui donne un éclairage singulier sur les débuts de la guerre. Il s'agit de Maurice Schumann , d'origine luxembourgeoise, qui me racontait le souvenir impressionnant d'une rencontre qu'il avait eue avec le Général de Gaulle, à la fin juin 1940. Le Général s'adresse à lui : "Je voudrais que, grâce à votre formation germanique, vous m'aidiez à préparer dès maintenant la réconciliation franco-allemande". Nous n'en étions qu'au tout début de la guerre, dans un pays envahi et vaincu, et de Gaulle pensait déjà à organiser la paix. Quelle clairvoyance!
Aller plus loin
vidéo de son interview www.youtube.com/watch?v=41BnNrVe7QU
son arbre familial gw.geneanet.org/racinesdu93?lang=fr&n=copel&p=etienne+henri+pierre
cette histoire sites.google.com/site/racinesdu9302/histoires/202409-copel
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Ses ouvrages publiés
Vaincre la guerre, une autre défense, une autre armée 1984
Vaincre la guerre, c'est possible !, Folio Actuel 1985
La Puissance de la liberté, les chances d'une défense de l'Europe 1986
Le Nécessaire et l'inacceptable, centrales nucléaires, terrorisme.. 1991
Prévenir le pire, éviter les catastrophes terroristes 2003
Au-delà du mirage – Souvenirs d’avenir 2021
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