Le MONUMENT aux MORTS de Félix DESRUELLES, aux Lilas
Ce dimanche 29 mars 1925, la guerre est finie depuis plus de cinq années.
Et pourtant, rue de l'Égalité, une foule se masse au cimetière de la ville, encadrée par un peloton de soldats en uniformes. Au centre du dispositif, on reconnait les personnalités venues spécialement aux Lilas, comme le général Nollet, ministre de la guerre, le général Gouraud commandant de la place militaire de Paris et bien sur le maire de notre commune depuis 1902, Eugène Decros. Tous se sont déplacés pour inaugurer le Monument aux morts que la ville vient de faire édifier pour ses soldats disparus au combat. Dans son discours, le ministre plaide pour une défense nationale puissante, à même d'assurer la défense de la patrie, pour notre liberté et notre indépendance.
Situé en bas de l'allée principale, avec la butte Montmartre en arrière plan, l'œuvre a pour nom "l'Humanité en deuil sur le champ de bataille". On l'appelle aujourd'hui tout simplement "le monument en mémoire de toutes les guerres". Entièrement réalisée en pierre blanche de Vilhonneur, la sculpture de deux mètres quarante de haut est édifiée sur un socle d'un mètre d'épaisseur. Une femme debout pleure devant le spectacle de deux soldats frappés par la mort. Notre regard étant à leur niveau, on perçoit qu'ils s'enfoncent avec leur matériel dans la boue de la tranchée dont ils viennent de surgir, pour leur ultime assaut. Plus que des héros, les soldats tués à la guerre sont ici des martyrs dont la mort suggère la violence et les horreurs traversées.
Ce monument lilasien est d'inspiration pacifiste, pleurant les morts, rejetant la guerre. Il est bien loin d'une exaltation de ferveur militaire. A cette thématique peu fréquente, les communes ont souvent préféré glorifier l'héroïsme ou la défense de la patrie. Sinon, à quoi auraient servi tous ces 1,3 millions de militaires tués et ces 4,3 millions de blessés, se disait on alors. De fait, en 1914-1918, la 1ère guerre mondiale a engendré un profond traumatisme dans le pays. Son souvenir obsèdera durablement les sociétés d'après-guerre. Les cérémonies commémoratives, la présence dans la société des mutilés, des veuves et des orphelins interdiront l'oubli et rendront impératif le besoin de se souvenir des morts. C'est ainsi que plus de 35.000 monuments sont érigés dans les communes de France de 1920 à 1925. Plus de 95% en possède un, voire deux ou plus encore.
Aux Lilas, la décision est prise en 1919, dès la réélection du maire Decros. L'architecte Bévière est ensuite nommé responsable du projet et, en avril 1923, le sculpteur Félix-Alexandre Desruelles est choisi. Il sera l'un des plus importants artistes français à s'illustrer dans la sculpture commémorative de la Première Guerre mondiale. Dès 1885, il exposait à la Société des artistes français, avant d'être reconnu deuxième grand prix de Rome en 1891. De nombreuses autres récompenses suivront. Dans sa région d'origine, le Nord, et Valenciennes en particulier, concentrent nombre de ses œuvres funéraires. On lui doit également 8 monuments aux morts, rien que dans le Nord-Pas-de-Calais : Dunkerque, Hazebrouck, Lille, Le-Quesnoy, Valenciennes, Arras, Auchel; 3 dans l'Allier, le Jura et la Marne; et enfin le notre aux Lilas. Si loin de ses bases, il semblerait que nous ayons eu de la chance de le convaincre. Mais il était radical et franc-maçon, tout comme notre maire Decros, ceci expliquant peut-être cela. Pour l'anecdote son monument d'Auchel, en 1928, est une réplique à l'identique du notre réceptionné quatre ans plus tôt, augmenté il est vrai d'un ajout en arrière-plan "la paix en pays noir". Plus tard, à son décès en 1943, sa propre tombe accueillera une troisième fois le personnage de la pleureuse, dans une pose à peine modifiée.
Revenons chez nous où socle, statue et inauguration auront couté 68.000 Francs aux Lilas, une somme considérable pour l'époque, financée pour un tiers par un boni sur l'octroi et pour une petite moitié par souscription auprès du public. Un carton d'invitation qui nous est parvenu en atteste. Il annonce le bal de nuit du 17 mars 1923 "organisé par la ville et le comité de propagande au profit de l'œuvre des monuments à ériger à la mémoire des enfants des Lilas morts pour la France et à la glorification des combattants de la grande guerre."
Aujourd'hui, à l'initiative du conseiller municipal en charge de la mémoire, un QR code fixé sur chaque côté permet d'écouter ou de lire l'histoire du monument sur son smartphone. Au cinéma le film de 2017 "Au revoir là haut" illustre avec intelligence le commerce des monuments aux morts, apparu dans l'immédiat après-guerre. Les communes ayant des ressources limitées ne pouvaient s'offrir un statuaire funéraire pour une œuvre unique et chère. Des entreprises se sont alors fait fort de leurs proposer des monuments fabriqués en série, notamment des fonderies utilisant des moules réutilisables. Des catalogues qu'on peut encore admirer ont ainsi été publiés et distribués aux mairies de France. Dans le film dont nous parlons, on peut voir les acteurs feuilleter l'un de ces catalogues, tout frais sorti de l'imprimerie. Et là, oh surprise, à la 66ème minute, le ralenti permet de reconnaitre le monument aux morts lilasien de Desruelles. Qui s'en était rendu compte jusqu'à ce jour?
La Première Guerre mondiale a durement frappé la ville. Durant les 4 années de guerre, 2. 000 lilasiens sont appelés sous les drapeaux, la plupart dans l’infanterie. C'était 15% d'une population de 14.000 habitants, Dès septembre 1914, la Ville perd officiellement ses 3 premiers fils. 116 Lilasiens sont prisonniers à l'automne 1916. Dans ce conflit, au moins 417 de nos soldats perdirent la vie sur les champs de bataille. Leurs noms sont gravés sur la plaque de marbre de la Mairie (qui commémore les conflits de 1870, 14/18, 39/45 mais aussi ceux des morts pour la France dans les T.O.E. ). Combien de familles pleuraient les pères, les époux, les fils. Parfois deux fils pour une même famille, parfois un fils et un neveu ! Sans compter plusieurs centaines d'autres Poilus qui resteront marqués à vie par de cruelles blessures physiques et psychologiques. Mais c'était la "Der des Der", se disait-on alors. Au cimetière, dans ce lieu où les anciens vivants reçoivent la visite des futurs morts, le monument aux morts est le lieu où l'on se souvient d'eux et où on les honore à chaque 11 novembre.
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6.449 caractères avec www.compteurdelettres.com/
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cette guerre aura fait xxx victimes aux lilas sans compter les blessés dont certains marqués gravement dans leur chair (les gueules cassées)
la france totalisera xxxx morts, les autres belligérants ...
une saignée dans les classes mobilisées en 1920.... creusant gravement la pyramide des âges de notre pays
leurs corps sont réunis par milliers dans les nécropoles du nord
pour se souvenir les familles les réclameront pour les inhumer auprès des leurs, les asso d'anciens combattants organiseront de collectes, et la plupart des communes feront ériger pareil mam
les noms des soldats mplf sont gravés sur une plaque dans le hall de la mairie (une autre dans l'église)
balises.bpi.fr/figures-du-soldat-monuments-morts/
Ces sentinelles, c’est comme un musée invisible ouvert à tous vents », constate Jérôme Prieur dans son film. Les collectivités territoriales considèrent effectivement ces monuments comme un patrimoine et une attraction culturelle. Les directions régionales des affaires culturelles (DRAC) travaillent depuis 2007 à son recensement et à sa reconnaissance, pour sa valeur historique, mémorielle et/ou artistique. 51 496 monuments commémoratifs de toutes les guerres sont recensés sur la base du patrimoine de guerre (consultée en octobre 2024). Certains d’entre eux ont même intégré les bases architecturales du ministère de la Culture.
https://monuments-aux-morts.fr/?arko_default_648970c046073--ficheFocus=
52.057 mam en france dont
43.973 pour 1914-18
6.570 auteurs (tous conflits) dont
2.270 sculpteurs dont
38.000 communes (environ) en 1918, 34.875 en 2025 (40.200 en 1802)
36.023 communes françaises (tous conflits) dont
mam1 l'Humanité en deuil sur le champs de bataille
érigé au cimetière des Lilas, statuaire Félix Desruelles, terminé en juin 2024 (PV de livraison)
statue principale= 2m40 de hauteur base= 2m75 x 2m30, 1 mètre d'épaisseur en 2 morceaux,
le tout en pierre de Vilhonneur (20km à l'est d'Angoulême, Charente) = calcaire oolithique au grain particulièrement fin, exploitées dès le début du XXe siècle, a fourni le socle de la statue du président Thiers à Nancy, ainsi que le monument aux morts de la ville d'Étaples et le monument à Marx Dormoy à Montluçon (1948).
dcm 19191111 = décision & credit initial 2.000 Frcs
dcm 19210414 Léopold Bévière direction du projet, crédit provisionnel 20.000 Frcs
dcm 19230424 engagement Félix Desruelles, 4 villa dupont paris16, pour 50.000 Frcs hors bloc (28,8KF= dons recueillis + 21,2=boni sur octro)
dcm 19240904 socle par entrepreneur Fevre 12.000 Frcs
dcm 19241203 déplacement sepulture Collet pour faire place au mam
dcm 19250301 frais d'inauguration 6.000 Frcs
dcm 19250415 crédit suppl de 3.000 Frcs/ cout final 68.000 Frcs: 50.000 Frcs statue Bévière + 12.000 Frcs Socle Fevre + 6.000 Frcs frais inauguration
mam1 ensemble double 120.000 francs= flétrir la guerre, chanter la paix, en calcaire
1ère symbolise "L'humanité en deuil" devant les horreurs de la guerre : ruines, soldats morts... 420 victimes militaires
2de "La paix en pays noir" une famille de mineur se repose dans un jardin, le père cueille les fruits d'un arbre, un enfant dort et la mère s'occupe du petit dernier.
square triangulaire au croisement rue jean Jaurès xx bd de la paix xx rue casimir beugnet
également à l'arrière: une mosaïque circulaire 5m de diamètre sur gazon figurant un bleuet géant
mam2=église st martin
mam3= plaque opex
87dit.canalblog.com/2024/11/dunkerque-monument-dedie-aux-fusiliers-marins.html
Dunkerque - monument des fusillers marins : érigé 1926?, inauguré nov 1929, endommagé mai-juin 1940, restauré partiellement 1947, puis 1950, déplacé de 100m et restauré 2017
Félix Desruelles : le sculpteur et son œuvre - Lles figures et épisodes de la guerre ont constitué pour ce sculpteur un terrain d'expression où ïl a combiné sa virtuosité plasticienne à des programmes iconographiques aussi originaux que politiques. Ainsi produisit-il dans les anné1920 une considérable série de monuments dans lesquels il présenta moins les combattants glorieux que les effets de la guerre sur les hommes. Franc-maçon =— proche des — réseaux républicains et radicaux-socialistes, il fut sollicité par les municipalités soucieuses de promouvoir la paix en commémorant de façon explicite le sacrifice et les souffrances militaires et civiles.
Dans cette perspective, ses compositions monumentales se sont imposées au cœur des villes de la région. Face à la gare d'Arras, une allégorie de la Paix commémore « les enfants de la ville morts pour la défense du droit ». Elle surplombe et couronne un combattant français « hier soldat de Dieu, aujourd'hui soldat de l'humanité et qui sera toujours le
Félix Desruelles (Valenciennes 1865 - La Flèche 1943) Second grand prix de Rome de sculpture en 1893, académicien et membre de l'Institut, Félix Desruelles est au nombre des personnalités artistiques de la première moitié du XX°"° siècle. soldat du droit ». Félix Desruelles (Valenciennes 1865 - La Flèche 1943) Second grand prix de Rome de sculpture en 1893, académicien et membre de l'Institut, Félix Desruelles est au nombre des personnalités artistiques de la première moitié du XX°"° siècle.
A INSÉRER
QR codes Christian Lagrange conseiller municipal à la mémoire
Printemps des cimetières
témoignages de pierre
la chanson de craoone
% tués / population
LIVRES MAM
livres www.amazon.fr/s?k=monuments+aux+morts
livre claude duneton = commandé par rakuten 06/10/2025
livres fr.shopping.rakuten.com/search/monuments+aux+morts
FILMS MAM
2014 "Le Collier rouge", est une adaptation du roman du même nom écrit par Jean-Christophe Ruffin et publié en 2014. Jean Becker s'interroge sur la notion de héros et les rapports de classe à la fin de 1914-18, dans un film qui, dit-il, n'est "pas juste une histoire de guerre". www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=246746.html
2016 "Les gardiennes" est une adaptation du roman du même nom écrit par Ernest Pérochon et publié en 1924. Le film de Xavier Beauvois a été tourné à Montrol-Sénard en Haute-Vienne (département français du Limousin, bien illustré par ailleurs sur Yala Photo !) www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=243261.html
2017 "Au revoir Là-haut" d'Albert Dupontel est une adaptation du roman du même nom écrit par Pierre Lemaitre et publié en 2013 (prix Goncourt). Les Monuments aux morts sont présents dans le récit ! www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=230699.html
2019 film-documentaire "Pour les soldats tombés", du britannique Peter Jackson en salles le 3 juillet 2019, sur la guerre des tranchées (14-18 : 1 million de victimes britanniques). Des témoignages et des interviews d'anciens soldats anglais à la BBC accompagnent les vidéos tout au long du documentaire, dont le titre fait référence au poème «Pour les soldats tombés» de Laurence Binyon paru en 1914. www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=262058.html
2019 "1917" de Sam Mendes, fin 2019, relate, d'après un récit, une journée de guerre particulière dans les Flandres vécue par 2 jeunes soldats britanniques (cf. l'affiche dans le menu vertical) www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=265567.html
Histoire des MAM 14-18
Avec le grand nombre de morts durant la guerre 14-18 (1,4 millions dont 1 327 000 « morts pour la France » répertoriés sur le site « mémoire des hommes ») la France ressent le besoin de les honorer par des monuments.
Les pertes humaines de la Première Guerre mondiale s'élèvent à environ 18,6 millions de morts. Ce nombre inclut 9,7 millions de militaires et 8,9 millions de civils. France popul= 39,6 tués militaires=1 397 800 morts civils=300 000 total=1 697 800 + blessé militaires= 4 266 000
www.historial.fr/wp-content/uploads/2024/04/Dossier-pedagogique-Le-monument-aux-morts.pdf
Les millions de morts de la Première Guerre mondiale ont engendré un profond traumatisme et son souvenir obsède les sociétés d’après-guerre. Les cérémonies commémoratives, la présence dans la société des mutilés, des veuves et des orphelins, les ruines qui jonchent les régions des combats, interdisent l’oubli et rendent impératif le besoin de se souvenir des morts. L’ampleur de ce deuil a dicté uneréponse monumentale et des concours sont lancés par les communes qui retiennent ensuite, parmi les différentes projets, le monument qui répond le mieux à leurs attentes. Plus de 35.000 monuments aux morts ont ainsi été érigés de 1920 à 1925 et aujourd’hui, ce sont plus de 95% des communes françaises qui en possèdent un. Cet élan collectif des citoyens eut pour conséquence un phénomène sans précédent dans l'histoire du monument public : pour la première fois, cet hommage s’adresse aux soldats, de manière nominative, et pas seulement comme ce fut le cas par le passé, à leurs chefs.
« On oubliera. Les voiles de deuil, comme des feuilles mortes, tomberont. L’image du soldat disparu s’effacera lentement dans le coeur consolé de ceux qu’il aimait tant. Et tous les morts mourront pour la deuxième fois. » Roland DORGELÈS
Un monument aux morts est un monument destiné à commémorer, voire honorer, des personnes de façon collective. Ces personnes peuvent être commémorées de façon anonyme ou nominative. Le monument peut faire référence à un évènement ponctuel ou une période étendue dans le temps. Il est dans la majorité des cas dédié aux militaires morts ou disparus au cours d'une bataille ou d'une guerre[2]. La notion de monument aux morts s'est progressivement étendue aux victimes civiles : otages exécutés, déportés, massacres, tués par les bombardements... Un monument aux morts peut également être dédié à des personnes tuées en dehors de situation de guerre : mortes ou disparues lors d'une catastrophe (naturelle, liée aux transports, industrielle...), acte terroriste.
Il en existe de plusieurs types :
les cénotaphes (monuments mortuaires n’abritant aucun corps), généralement dans le centre d'une ville ou d'un village, mais qui ont aussi été, après la Première Guerre mondiale, élevés dans les entreprises, les écoles, les foyers fréquentés par les disparus de leur vivant ;
les mémoriaux, il s'agit dans ce cas d'un anglicisme, monuments nationaux élevés sur les champs de bataille (par exemple, à Douaumont, en France) où les cimetières militaires abritent les tombes de soldats, parfois de centaines de milliers d'entre eux.
Historique = Les monuments aux morts n’existent quasiment pas avant le xixe siècle : les monuments commémorent les victoires militaires et portent rarement les noms des soldats morts, à moins qu'il ne s'agisse de personnalités.
En FRANCE
Les premiers monuments aux morts = Le premier exemple français de monument portant les noms de combattants morts est le cas de la porte Désilles à Nancy, édifiée entre 1782 et 1784 pour commémorer l'indépendance des États-Unis et qui rend également hommage aux Nancéiens morts durant la bataille de Yorktown.
Le consul Napoléon Bonaparte prévoit, au moment de son départ pour la campagne de Marengo, de laisser à la postérité le nom des hommes morts en combattant pour la France. L'arrêté consulaire du 29 ventôse an VIII (20 mars 1800) ordonne d'élever des Colonnes départementales « à la mémoire des braves du département morts pour la défense de la patrie et de la liberté » et d'y graver les noms de « tous les militaires domiciliés dans les départements qui, après s'être distingués par des actions d'éclats, seraient morts sur le champ de bataille. » L’arc de triomphe de l'Étoile, dont la construction débute en 1806, porte seulement le nom d'officiers supérieurs, qui ne moururent pas forcément au combat, et parfois encore vivants lors de la construction du monument. Cet arrêté n'a eu qu'un semblant d'exécution[5].
Guerre de 1870-1871 = Des monuments sont également érigés pour commémorer les soldats morts lors de la guerre franco-prussienne de 1870 et des guerres coloniales.
Par leur nombre, leur présence sur tout le territoire, le cérémonial lié à leur inauguration, les célébrations patriotiques et scolaires qui ont lieu à leurs abords ainsi que la propagande républicaine et revancharde les entourant, ces monuments constituent la matrice de ceux qui suivront la Première Guerre mondiale.
Après la 1e GUERRE MONDIALE
La Première Guerre mondiale qui se déroula de 1914 à 1918 est la principale guerre commémorée par les monuments aux morts. Cette guerre a mis en jeu plus de soldats, provoqué plus de décès et causé plus de destructions matérielles que toute guerre antérieure. Plus de 60 millions de soldats y ont pris part[11],[12]. Pendant cette guerre, environ 9 millions de personnes sont décédées et environ 8 millions sont devenues invalides[13],[14].
Le 11 novembre 1920, en France et au Royaume-Uni, sont créées des Tombes du Soldat inconnu, exemple suivi ensuite par de nombreux pays[4].
En FRANCE
Le monument aux morts de Rungis représente l'art de série avec son simple obélisque gravé d'une croix de guerre.
Le deuil de la Grande Guerre détermine les communes à rendre hommage à leurs morts pour la Patrie. Dans les années 1920-1925, ce sont quelque 35 000 monuments aux morts qui sont érigés malgré les difficultés de la reconstruction (plus de 95 % des communes françaises en possèdent un)[15]. L'État intervient pour accorder des subventions (calculées en fonction du nombre de soldats tués et de la richesse de la commune) et réglementer les édifications[16],[17], les souscriptions publiques[18] couvrant parfois la totalité des dépenses[19]. Quelques très rares communes n'ont pas de monument aux morts, par exemple Thierville dans l'Eure, n'ayant pas eu de morts parmi ses habitants pendant les guerres depuis 1870. La loi du 25 octobre 1919 dite « loi sur la commémoration et la glorification des Morts pour la France » fixe notamment les modalités d'attribution par l'État d'une éventuelle subvention, variant de 4 à 25 % du montant global du coût du monument, cette participation ayant plus une fonction de légitimation[20]. Devant le déferlement de monuments en voie de création marqués par une certaine banalité (recours notamment pour la statuaire à des moulages commerciaux pour des raisons financières mais surtout de commodité — stocks permanents, délai de livraison — et de mode, ces modèles standardisés connaissant un certain succès)[21], le ministère de l'Intérieur décide, par la circulaire du 20 mai 1920, de la mise en place de commissions artistiques départementales chargées de l'examen de ces projets[22]. Les conseils municipaux lancent des souscriptions et des concours régionaux ou nationaux pour choisir les artistes, qui leur livrent des maquettes pour que les comités d'érection choisissent les modèles du monument[23].
Les pertes massives (en France, il y eut 1,4 million de morts et 3 millions de blessés sur 8 millions de mobilisés, pour une population de 40 millions d'habitants) amènent, le plus souvent, non à glorifier la victoire, mais à honorer ceux qui ont perdu la vie. Cet aspect est important, car la très grande majorité des monuments élevés à cette occasion le sont à l’initiative, ou au moins avec la participation financière des anciens combattants, qui formaient 90 % des hommes de 20 à 50 ans en France[24]. Leur motivation à continuer de se battre était l’espérance que cette guerre serait la dernière (« la Der des Ders »), et que leur sacrifice ne serait pas vain ; les monuments sont aussi là, dans une certaine mesure, pour rappeler ce sacrifice[25]. Il n'est donc pas étonnant de trouver ces lieux de mémoire partout dans les départements, même éloignés des conflits, et les colonies.
Leur construction commence dans l’immédiat après-guerre, mais se prolonge tout au long du XXe siècle. Dans la plupart des pays, on ajoute à la liste des morts de la Grande Guerre ceux de la Seconde Guerre mondiale, puis des guerres suivantes (guerres de décolonisation (Indochine, Algérie en France) ou guerre du Viêt Nam aux États-Unis). En France, on y trouve parfois aussi une copie de l’appel du 18 Juin. Dans les autres pays, les monuments restent collectifs : les listes de noms sont très rares dans l’URSS, la Chine ou le Japon. La commémoration des morts des conflits postérieurs à la Grande Guerre est plus hétérogène et dispersée. En France, l'insertion de listes concernant les morts civils, militaires et résistants de la Seconde Guerre mondiale ou de la guerre d'Algérie est généralement réalisée sur d'autres faces (en arrière et sur le côté) du monument aux morts de la guerre 14-18, ou sur des plaques ajoutées (faute de place) au pied de ce monument[26].
La période de construction est importante dans les années 1920, dans les pays occidentaux : 35 000 de 1918 à 1925 en France, soit environ (quinze inaugurations par jour les trois premières années d’après-guerre[24]), les monuments prenant la forme d'obélisques ou de colonnes d'une même inspiration (avec ou le plus souvent sans groupe statuaire car beaucoup de communes n’ont pas les moyens financiers d'assurer l'élévation d’'un monument grandiose), de stèles ou de simples plaques[27]. En 1924, un double monument « Aux héros de l'Armée noire » est élevé à la mémoire des soldats africains tombés pendant la Grande guerre, l'un à Reims, l'autre à Bamako (Mali). Le premier fut détruit par les troupes d'occupation en 1940[28]. Il a été « reconstitué » en 2013. Celui de Bamako existe toujours.
En France, Aristide Croisy est l'auteur de nombreux monuments, au Mans, à Sedan, à Mézières. En Moselle, le plus important Mémorial aux Soldats Français tombes sur le sol Roumain 1914 – 1918, est réalisée à Dieuze par le sculpteur Remus Botar Botarro, majestueuse œuvre d’art contemporaine en bronze - monument commémoratif inauguré le 9 novembre 1998 par Jean-Pierre Masseret, secrétaire d’État aux Anciens combattants et Victor Babiuc, ministre de la Défense de Roumanie.
En 1923, le Bulletin de la Société préhistorique française signale que le monument aux morts de la commune de La Verpillière en Isère est construit à partir de deux mégalithes et celui de Quiberon à partir d'un menhir tombé[30].
En 2013, le monument aux morts des Abymes en Guadeloupe est inscrit monument historique[31].
Marqués par un style généralement doloriste, les monuments aux morts varient selon les municipalités. En Alsace-Lorraine, la majorité des soldats sont morts sous l'uniforme allemand : on indique ainsi sur ces monuments « À nos morts », plus que « À nos enfants morts pour la France ». Les mairies de droite, nationalistes et revanchardes, mettent plutôt en avant une ode à la victoire, avec par exemple une statue avec une couronne de laurier et un fusil dressé, alors que les mairies de gauche préfèrent davantage insister sur le deuil. On trouve même parfois des monuments aux morts pacifistes[4].
Emplacement particulièrement symbolique du monument entre la mairie et l'église de Montay.
L’implantation du monument (dans un lieu public, pour que le devoir de mémoire s’impose à la vue du passant, ou dans un endroit plus reculé, plus propice au recueillement) fait, au début, l’objet des plus vifs débats dans les conseils municipaux. En fonction de la couleur politique de la municipalité, on distingue également les villes de gauche qui après la Première Guerre mondiale édifient généralement leur monument aux morts sur un espace de la République (mairie, école, place publique) et celles de droite dans l’espace de la religion (dans le cimetière, près de l’église du village). La raison étant que dans un cimetière, ces monuments peuvent, selon la loi de 1905, arborer des emblèmes religieux, des municipalités de droite tenant alors absolument à faire figurer une croix sur l'édifice (à une époque où les liens entre droite et catholicisme étaient forts). Cela dit, on trouve à droite comme à gauche plusieurs exceptions à ce constat (notamment des villes de gauche de l'Ouest catholique qui ont un monument aux morts dans le cimetière municipal) ; « le grand nombre des exceptions n’empêche pas l'existence d'une tendance de fond » note l'historien Antoine Prost[32]. Dans beaucoup de villages, le choix est vite entériné car l’église et la mairie partagent la même place centrale. Certains ont deux monuments communaux, l'un sur la place de la mairie, l'autre dans l'église ou le cimetière[33]. En réalité, Serge Barcellini, conseiller mémoriel de Kader Arif, secrétaire d'État chargé des Anciens combattants et de la Mémoire explique qu'il s'agit d'un compromis : « le monument aux morts est un élément dont l’emplacement est souvent le résultat de la rencontre entre les contraintes de l’urbanisme, la culture locale et les aspirations politiques de la municipalité en place[34] ».
L'historien Antoine Prost distingue, selon l'emplacement des monuments, la dédicace et la symbolique, quatre grands types de monuments aux morts : les monuments civiques, laïques et républicains (au moins 60 % des monuments), les monuments patriotiques-républicains, les monuments funéraires-patriotiques et les monuments purement funéraires[35].
Alors que la mention « Mort pour la France » est accordée selon douze conditions, en vertu des articles L 488 à L 492bis du Code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre, les noms inscrits sur les monuments aux morts ne sont pas réglementés par des lois officielles, si bien que les maires prennent une certaine liberté de reporter sur le monument aux morts le nom de soldats non nés dans la commune[36] ou celui de civils[37], mentionnés sous le terme de victimes.
FORMES
Inspirés de stéréotypes architecturaux, les premiers monuments aux morts réemploient les mêmes dispositifs, l'art de série réduisant les coûts et permettant à chaque commune de choisir un ou deux modèles et de les assembler comme il leur convient. Néanmoins chaque pays et chaque culture offre des variantes.
En France, l’une des formes simples privilégiées du monument de série est l’obélisque et la stèle. Elle concerne essentiellement les monuments communaux, placés au centre de l’espace public (sur la place principale) ou dans des lieux symboliques : près de la mairie ou encore près de l’école, près de l’église ou du cimetière. Des monuments de série plus élaborés, avec des groupes sculptés de plusieurs personnages, sont également fréquents. On peut distinguer quelques grandes catégories de sculptures : les Poilus, dans toutes les attitudes possibles. La statue la plus courante, érigée à plus de 900 exemplaires, serait Le Poilu victorieux d'Eugène Bénet ; d'autres, comme le Poilu au repos d'Étienne Camus, le Poilu étreignant le drapeau de Breton, La Résistance ou le Poilu écrasant l'aigle allemand de Pourquet sont également édifiées à plusieurs centaines d'exemplaires. D'autres groupes sculptés comprennent les Allégories (de la France à la Victoire), les civils (la veuve et l'orphelin, le plus souvent)[43]. Ces monuments sont subventionnés par l’État, en partie financés par les municipalités, mais le plus souvent une souscription publique représente une partie importante de la somme nécessaire à l’élévation du monument.
L’espace du monument n'est parfois pas délimité ou est simplement concrétisé par un enclos qui se résume à la forme d'une clôture virtuelle[44]. Cet enclos est le plus souvent matérialisé par des haies (buissons, arbustes), un muret, des grilles métalliques (parfois issues des obus récupérés sur les champs de bataille) avec un petit portail, des chaînes supportées par des bornes ou par des obus. Ces projectiles donnent un aspect guerrier au monument mais rappellent aussi que le conflit fut une guerre technologique mobilisant le front intérieur et la participation des femmes à l'effort de guerre dans les industries d'armement. Ils rappellent aussi l'utilisation intensive de l'artillerie qui fut la première cause de mortalité chez les soldats. L'enclos signale un périmètre sacré qui évoque le champ d'honneur, et dont l'effet est parfois renforcé par un escalier monumental[45].
Des plaques commémoratives ont également été placées dans d'autres lieux fréquentés par les victimes comme les écoles, les églises, les mairies, les lieux de travail (on peut voir dans la plupart des gares de France une plaque listant les cheminots morts au cours des deux guerres mondiales), les lieux où elles succombèrent. Dans de nombreux foyers, les veuves de guerre aménagent un espace perpétuant le souvenir de leur époux mort à la guerre : une photo portant les décorations, encadrée de cierges, fait là aussi office de monument aux morts.
Certaines communes choisissent d’élever un mur formant une stèle monumentale, une porte, une colonne (reprenant le motif antique de la colonne civique), un pilier, une statue, ou encore une colonne brisée, monument aux morts pacifiste érigé en contestation à cette « maudite guerre ». D'autres choisissent d’avoir un vitrail commémoratif, généralement dans leurs églises.
Ruinée, l'Allemagne ne dispose pas de fonds publics pour ériger des monuments à la mémoire des millions de morts de la guerre 1914-18. Dans un premier temps, ce sont les églises qui prennent le plus souvent l'initiative de collecter des fonds et de faire graver des listes de noms sur des plaques de marbre exposées à l'intérieur des lieux de culte. On trouve aussi dans les grandes villes des livres du souvenir, et un certain nombre de monuments collectifs dans les villages. La situation change en 1933, où l'on voit apparaître des monuments qui exaltent l'esprit de sacrifice à la nation allemande.
www.memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/index.php
131.357 monuments et registres
www.yala-photo.com/pages/la-carte-bis-yala-photo/les-monuments-aux-morts-centenaire-14-18.html
Articles du journal "L'Humanité"
11 novembre, le statut des monuments aux morts pour la France
Daniel Roucous, Vendredi, 11 Novembre, 2016
On recense plus de 30 000 monuments aux morts en France dont plusieurs d’entre eux sont dits pacifistes comme celui de Gentioux (photo) dans la Creuse. Pour en savoir plus cliquez sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Monument_aux_morts_pacifiste
Le 11 novembre on commémore tous les morts pour la France devant les monuments aux morts. L’occasion d’en savoir plus sur leur statut juridique et leur statuaire.
On distingue deux types de monuments aux morts, ceux concernant les morts pour la France des suites des guerres de 1914-1918 et de 1939-1945 et ceux des autres conflits (1870-71, Afrique du Nord, Indochine etc.).
Les premiers appartiennent au patrimoine des communes y compris ceux implantés dans les cimetières et donc à leur charge.
Les seconds sont considérés par la loi comme des monuments associatifs. Etant privés, ils ne sont pas à la charge des communes, ce qui n’exclut pas des aides de l’Etat.
Ces monuments dont le recensement photographique est actuellement en cours, ont pour la plupart été édifiés à partir de 1920 suite à la Première guerre mondiale et suite à la prise d’effet de la loi du 25 octobre 1919 annexée à la brochure ministérielle sur les cérémonies http://www.defense.gouv.fr/site-memoire-et-patrimoine/memoire/ceremonies/ceremonies-nationales
Cette loi prévoyait que les communes instituent un livre d’or glorifiant leurs morts et édifient des monuments sur lesquels elles devaient inscrire tous les noms de leurs morts pour la Patrie.
Certes cela a occasionné des frais importants notamment pour les communes pauvres ou celles ayant subi les effets de la guerre. C’est pourquoi la loi de finances pour 1920 a accordé des subventions selon un barème basé sur le nombre de morts pour 100 habitants et de la richesse de la commune.
Mais ces subventions n’étaient pas toujours à la hauteur, c’est pourquoi un appel aux dons et aux souscriptions volontaires avait été lancé.
Aujourd’hui on fait plutôt appel au bénévolat pour « nettoyer » ces ouvrages publics communaux. Et bien entendu les subventions sont toujours accordées aux communes qui en font la demande au ministère délégué des Anciens combattants et Mémoire, plus précisément à l’ONACVG (Office national des anciens combattants et victimes de guerre).
Cette subvention se monte à 20% du coût total des travaux (hors TVA) dans la limite de 1 600 euros.
Précisons que les travaux de restauration et d’entretien des monuments aux morts pour la France de 14-18 et 39-45 ouvrent droit à des déductions fiscales et l’exonération de la TVA (article 261-4-10 du code général des Impôts).
Ainsi donc, la loi du 25 octobre 1919 et l’article L2224-17 du code général des collectivités territoriales confèrent aux communes l’obligation d’entretenir et de restaurer leurs monuments aux morts pour la France.
Il s’agit de l’obligation générale d’entretien à laquelle sont soumis les propriétaires et affectataires du domaine public. D’ailleurs une réponse du ministre délégué des Anciens combattants et Mémoire, publiée au Journal officiel de l’Assemblée nationale du 29 avril 2014, a rappelé ce devoir aux élus.
Cela s’impose d’autant que, depuis le 11 novembre 2012, ce jour anniversaire de l’armistice de 1918 est également celui de la commémoration de tous les morts pour la France, militaires comme civils (loi n° 2012-273 du 28 février 2012).
Il s’ensuit pour toutes les personnes dont l’acte de décès comporte la mention « Mort pour la France », l’inscription de leurs noms sur les monuments aux morts de leurs communes de naissance ou de dernière domiciliation est obligatoire.
Selon cette loi, c’est la famille du « Mort pour la France » qui effectue la demande d’inscription auprès du maire d’une des communes ci-dessus indiquées. Cette demande peut également être faite par les élus, l’ONACVG, les autorités militaires ou encore les associations d’anciens combattants.
La preuve doit donc être apportée que la cause du décès est la conséquence directe d’un fait de guerre. Ceci est valable tant pour les militaires que pour les civils, les résistants et Déportés (article L488 à L492 bis du code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de guerre). Se renseigner auprès de l’ONAC-VG qui dispose de demande à remplir et peut également conseiller les maires.
A propos des emblèmes religieux sur les monuments
Vous avez remarqué que certains monuments aux morts pour la France sont surmontés d’une croix. Ce qui n’est pas sans poser de questions s’agissant de monuments publics dans un lieu public édifiés après la loi-du-9-decembre-1905 de séparation des Eglises et de l’Etat
Justement, l'article 28 de cette loi interdisait (l’interdit toujours par devoir de neutralité) d’apposer aucun signe ou emblèmes religieux sur les monuments publics (ce que sont les monuments aux morts pour la France édifiés par les communes)
Cependant une circulaire (toujours en vigueur) du ministre de l’Intérieur du 13-avril-1919 laisse liberté aux municipalités pour l’ornementation des monuments commémoratifs dans les cimetières mais interdisait les emblèmes religieux et donc les croix sur ceux situés sur une voie ou dans un lieu public.
Certaines communes ont appliqué la circulaire à la lettre d’autres pas ou encore ont choisi d’installer sur leurs monuments aux morts pour la France, un coq, une allégorie, une croix de guerre, un ou des « Poilus ».
www.yala-photo.com/album-photos/monuments-aux-morts/les-monuments-yala-photo/
Autres monuments
La base Mérimée recense 115 entrées de monuments historiques sous le type « monument aux morts »[1]. Beaucoup sont des monuments individuels, mais certains sont protégés en tant que partie d'un édifice plus grand (généralement lorsque le monument est situé à l'intérieur). Dans deux cas (cimetière du Père-Lachaise et jardin d'agronomie tropicale à Paris), les entrées contiennent au moins deux monuments aux morts distincts.
42 monuments aux morts de la région Occitanie, architecturalement ou artistiquement significatifs, sont inscrits au titre des monuments historiques le 18 octobre 2018[2].
bel-memorial.org/documents/Patrimoine-memoriel_commune_de_Ciney.pdf
xxx
horizon14-18.eu/wa_files/monum_14-18_rhone_Kim_DANIERE.pdf (92 pages!!!)
Historiographie des monuments aux morts
1. Genèse des monuments aux morts
La guerre de 14-18 survit encore aujourd’hui dans le paysage français. Les départements du Nord et de l’Est … tous ceux qui furent champs de batailles en portent encore les traces : restes de tranchées, entonnoirs d’obus, ou tout simplement, les longues rangées de petites croix blanches qui forment les immenses cimetières militaires. Les plaines de la Somme, de la Champagne, les collines de Verdun et de l’Artois regorgent de musées, de tombes, de monuments, qui constituent à coup sûr, la mémoire de l’effroyable boucherie humaine que fut cette “Première Guerre Mondiale”
Quand le 11 novembre 1918, l’armistice fut enfin signée, après quatre ans d'une guerre qui fut l’une des plus terribles et des plus meurtrières de l’époque, un soupir de soulagement s’est fait entendre de l’Atlantique à l’ Oural et des Balkans au Canada. La voix des canons éteinte, l’heure était au bilan, à la reconstruction du pays et au soin des blessures. En France, la guerre a laissé de lourdes traces dans les esprits et difficile était l'apprentissage de la paix.
Ce n’est pas moins de
33 classes qui furent mobilisées ‘ ,
soit 8 millions d'hommes dont 5 ont combattu “.
1,5 million de ces hommes sont morts
soit 27 % des effectifs engagés
15 % des mobilisés
10,5 % de la population active masculine,
3,4 millions de blessés et de mutilés .
À ces chiffres il faut ajouter les
0,6 million de veuves et les 0,7 million d’orphelins
et les 6,4 millions d'hommes démobilisés pour qui le retour à la vie normale fut bien plus dur que prévu.
Ces démobilisés constituent en 1918
60 % de la population masculine adulte
et 90 % de la génération des 20/50 ans .
En 1919 la force vive de la nation française doit apprendre à vivre avec les fantômes de Verdun.
.…. Pour se souvenir des compagnons tombés dans les maudites tranchées de la Somme ou de l’Argonne, ceux qui sont revenus vont être à l'origine de l’'engouement le plus formidable que la France ait jamais connu. Engouement pour la mémoire des morts, pour se souvenir de ceux qui sont morts pour la défense de la France, les communes de France, dans leur immense majorité, vont élever des stèles, apposer des plaques, ériger des obélisques pour rendre un hommage solennel à ces compagnons “Morts pour la France”.
2. Les auteurs
Le résultat de cette fièvre fut l’érection en France de plus de 30 000 monuments aux morts entre 1918 et 1925. Cet évènement est resté sous silence pendant près de cinquante ans. |l faut attendre les années 70 pour voir les premiers ouvrages sur les monuments aux morts apparaître, les premières recherches aboutir Au vu de ces ouvrages, nous pouvons distinguer trois approches qui diffèrent quant à la manière d’aborder le sujet.
Dans un premier temps on distingue une approche historique, due à des universitaires, puis une approche plus axée sur l’aspect politique des monuments aux morts que l’on doit à des auteurs issus des Sciences Politiques, et enfin la dernière approche que je ne qualifierais pas d’artistique, mais qui néanmoins privilégie l’art à l’histoire et l’esthétique au politique.
L’approche historique est due essentiellement à deux auteurs, qui la même année publient deux ouvrages, résultats de leurs recherches, sur |les monuments aux morts de la première guerre mondiale. L'un concerne uniquement les monuments aux morts du département de la Loire écrit par Monique LUIRARD et l’autre, se pose comme la véritable étude historique sur cette population des anciens combattants, écrite par Antoine PROST
"historical scholarship on war memorials is dateable as before and after PROST : his work is rigorous, analytic, and always directed at using the artifacts to interpret, the society in which it was built” ‘”…
Comme le dit K. S. INGLIS la thèse de A. PROST a vraiment fait acte dans la création de l’historiographie des monuments aux morts de la première guerre mondiale. Dans son étude sur les anciens combattants et la société française, À. PROST fait une large part aux monuments aux morts et au culte du souvenir “ ‘ Si l’ouvrage de A. PROST prend en compte les monuments aux morts dans leur globalité, l'ouvrage de M. LUIRARD a le mérite de dresser une analyse locale des monuments aux morts, ce qui n’ est pas moins intéressant. Après ces ouvrages de références, beaucoup d’autres ont été édités, mais ce sont surtout des études locales “
L’approche politique des monuments aux morts, quant à elle, est due à Y. HELIAS B. qui propose dans son mémoire une sémiologie politique des monuments aux morts. Sémiologie, qui sera reprise par son auteur dans un article intitulé “Pour une sémiologie politique des monuments aux morts” Après avoir établi la dimension institutionnelle des monuments aux morts due à la triple universalité qu’ils recèlent : universalité dans le temps, dans l’espace, et dans l’ordre politique, il présuppose que tout signe, tout symbole posé sur le monument, ainsi que le monument lui même ont une valeur et une signification politique. C. LAMOUCHE T adopte la même démarche, il sous-entend que derrière le monument se cache la mémoire du politique communal de l’époque.
La dernière approche est une approche plus esthétique qui privilégie le côté plastique des monuments aux morts. D'un côté on a le livre de J. M. BUSSCHER “ qui propose plus de 150 photos de monuments aux morts massifs, précédées par une longue introduction faisant une large part au côté architectural des monuments aux morts. De l’autre côté, le livre de Annette. BECKER 1 qui se situe entre art et histoire des monuments aux morts. Bien qu’ayant une approche historique, le discours du livre s'attache plus à montrer les monuments en tant qu'œuvre d’art d’architectes et d’artistes inspirés, la qualité des photos et la mise en page du livre renforcent l’aspect esthétique des monuments aux morts.
3. Les monuments aux morts : quelles finalités ?
Après la première guerre mondiale, les monuments aux morts ont été érigés pour rendre un hommage mérité aux victimes de cette guerre qui marque véritablement la fin du dix-neuvième siècle ” » chaque commune de France a élevé un monument afin que chaque jour qui passe, on puisse se souvenir de ceux qui se sont sacrifiés pour “ Notre liberté, notre foyer inviolé, notre repos ” °" Il était clair que lorsque un village de 192 âmes perd 23 de ses hommes dans la fleur de l’'âge, le besoin impérieux de se souvenir par le truchement de cette longue liste de noms inscrite sur une pierre levée, donne au monument sa raison d'être. Se souvenir aussi pour ne pas revivre les malheurs de la guerre - on dira bien plus tard que le souvenir de 14 (1914), expliquait en partie l’attentisme et le pacifisme de 38 (1938).
Dans l’étude des monuments aux morts on se rend compte qu'ils sont de nature différente selon les pays, les régions, et même parfois selon les terroirs. En effet le monument est le reflet du village où il à été construit, il porte en lui toute l’histoire villageoise, ce n’est donc pas étonnant de voir des particularités selon l’endroit géographique où l’on se trouve. PROST montre dans son étude le particularisme des monuments bretons qui font référence au passé historique régional : Bigoudens en coiffe, et autres paysans en habits de pays’ # - Cette étude essayera de dresser une typologie régionale des monuments aux morts, en s'appuyant tout naturellement sur les typologies déjà mise en place, par PROST 5 et par la Mission Permanente à la Commémoration et à l'Information Historique 55
Il. Limites du sujet
Les monuments aux morts de la première guerre mondiale dans le département du Rhône est un vaste sujet. Dresser une typologie des monuments aux morts du département du Rhône ? nécessite un travail de prospection considérable. En effet, il aurait fallu visiter tous les villages du département afin de prendre des clichés photographiques de tous les monuments aux morts. Mais … “ Les monuments aux morts s’érigent sur le théâtre des opérations : lieu de la . _ P __n ‘ “ P » 28 bataille, du décès, et dans les mairies, églises, places publiques cimetières.
…dans chaque village du département > c'est souvent 3 monuments aux morts qui entretiennent la mémoire des “Morts pour la France” - si chaque commune de France possède son monument aux morts, plusieurs de ces mêmes communes ont érigé un ou plusieurs monuments. Lors de notre prospection nous avons trouvé jusqu’à 4 monuments par village. Aussi nous avons limité le champ de l’étude tant au niveau géographique qu’au niveau du champ disciplinaire.
cesarcultureg.com/histoire-monuments-aux-morts-francais
11 mai 2024
La mairie, l’église, l’école publique, et le monument aux morts, voilà les piliers de n’importe quelle ville ou village français. Les monuments aux morts sont omniprésents dans le paysage urbain de la France. Le pays en compte aujourd’hui environ 30 000, ce qui en fait le monument le plus fréquent sur le sol français. Si l’édification des premiers monuments aux morts remonte à 1870, c’est surtout après la guerre de 14-18 qu’ils fleurissent partout en France. Mais derrière une apparente uniformité des monuments se cachent parfois des sens bien précis et des messages cachés...
Cela va sûrement vous étonner, mais le premier exemple de monument aux morts français, portant le nom de soldats tombés sur le front, commémore une bataille de la guerre d’indépendance des États-Unis ! Il s’agit de la porte Désilles, à Nancy, construite entre 1782 et 1784. Ce monument rend hommage aux Nancéiens morts durant la bataille de Yorktown en 1781. Mais il s’agit là d’un cas isolé.
La porte Désilles à Nancy
En effet, les monuments aux morts commencent vraiment à s’implanter au lendemain de la guerre franco-prussienne de 1870. Dans le traité de Francfort, mettant fin au conflit, les deux États font la promesse d’entretenir les tombes des soldats sur leur sol respectif.
En 1890, une loi confie la responsabilité de l’érection de monuments aux communes. Chaque ville, chaque village, a donc la responsabilité de bâtir des édifices rendant hommage aux victimes de la guerre. En devenant une compétence communale, les monuments aux morts vont alors se multiplier rapidement sur tout le territoire.
Avec ces monuments, la France entretient l’esprit de revanche face aux Allemands après la défaite de 1870. La IIIe République en place se sert de ces monuments pour construire son roman national. Déjà, la France prépare les futures générations au retour de la guerre contre les Allemands.
À cette époque, peu de monuments affichent le nom des soldats. L’utilisation des plaques d’identifications militaires n’était pas encore répandue. Il était donc difficile d’établir des listes claires des victimes. Avec la guerre de Sécession aux États-Unis, l’utilisation de la plaque d’identité militaire devient courante. Elle se généralise concrètement en France lors de la Première Guerre mondiale.
De 1914 à 1918, la Première Guerre mondiale, véritable carnage de masse, fait plus de 18 millions de morts en Europe. En quatre années de guerre, c’est plus de 1,7 million de Français qui perdent la vie. Le traumatisme est omniprésent. Dès 1919, les peuples européens mettent en place des commémorations pour rendre hommage à ces millions de victimes. Entre 1919 et 1925, une série de lois est adoptée en France pour commémorer les générations perdues à travers l’érection de monuments un peu partout sur le sol français. C’est une véritable frénésie commémorative qui se met en place.
Dans un premier temps, ces monuments sont censés répondre à la problématique du deuil, et à ce que l’on a appelé la “démobilisation des morts”. En effet, dans les années qui ont suivi la fin de la guerre, les familles de soldats morts au front ne pouvaient pas demander à récupérer le corps des défunts. Les morts devaient rester au front, là où ils sont tombés, aux côtés de leurs frères d’armes.
Les choses changent en 1920 lorsqu’une loi est votée pour rendre possible la démobilisation des morts. Les monuments aux morts, avec l’obligation d’inscrire le nom des soldats, permettent alors aux familles de faire leur deuil. Et cela dans un processus de mémoire collective. La Nation française se ressoude autour de ses monuments. Symboliquement, la tombe du Soldat inconnu devient la tombe d’un mari pour toutes les veuves, d’un père pour tous les orphelins.
La tombe du soldat inconnu, placée sous l’Arc de Triomphe le 11 novembre 1920
Entre 1918 et 1925, quinze monuments par jour sont érigés en France. Chaque commune peut alors construire son propre monument. Un véritable culte laïque se met en place dans la France d’après-guerre. Les longues listes de noms venant témoigner de l’ampleur de l’hécatombe.
La typologie des monuments aux morts
Même si l’on a tendance à penser que ces monuments se ressemblent tous, ils possèdent en réalité leurs propres symboliques et significations. Ils témoignent des passions et des débats qui animaient la France après 1918.
L’emplacement du monument, par exemple, permet de comprendre le positionnement politique d’une municipalité. Un monument au milieu d’un cimetière ou devant une église témoigne d’un républicanisme clérical, des valeurs plutôt marquées à droite. Un monument situé dans un espace républicain, comme la mairie, l’école ou la place du village, démontre au contraire des valeurs républicaines et laïques, et donc un peu plus marquées à gauche. Au-delà du positionnement politique, un édifice dans un endroit reculé marque le besoin de recueillement et de solennité. L’édifice dans un lieu public avec du passage marque, lui, plutôt l’importance du devoir de mémoire s’imposant à la vue de tous.
Pour ce qui est de l’esthétique, là encore ce n’est pas du hasard. Souvent, les monuments aux morts représentent un obélisque, symbole de la victoire. Cet obélisque peut être accompagné d’une statue de soldat en uniforme, brandissant le drapeau français ou une couronne de laurier, voire même d’un coq gaulois. On parle alors de “patriotisme victorieux“.
Le Poilu victorieux, exemple d’une représentation de patriotisme victorieux.
On retrouve également des symboles de patriotisme sacrificiel: des soldats gisants, donnant leurs vies à la patrie et dont les représentations rappellent celles de Jésus. Dans ce genre de représentation, le message est clair: Même si elle a coûté très cher à la France, la victoire est là.
Dans un tout autre style, il existe aussi des monuments prônant des valeurs beaucoup plus pacifiques. Souvent, ce type d’édifice est présent dans les villes qui ont le plus subi les violences de la guerre. Maudissant la guerre et son coût humain, ou mettant en scène des orphelins ou des veuves, il s’agit là surtout d’une condamnation ferme de la guerre. Ici, on insiste sur l’écrasant poids des morts sur la société d’après-guerre, et sur l’absence qu’ils laissent derrière eux.
“Maudite soit la guerre”, exemples de monuments aux morts pacifistes.
Ces questions d’emplacement ou d’esthétique étaient loin d’être anodines. De vifs débats animaient les municipalités de l’époque sur le sens que l’on voulait donner aux monuments. N’oublions pas qu’il existait un véritable marché économique du monument aux morts. Les villes pouvaient commander leur monument dans des catalogues de sculpteur. C’est aussi cela qui donne l’impression que tous les monuments se ressemblent.
Catalogue publicitaire pour des monuments aux morts de chez ROMBAUX-ROLAND édité en 1922
La réalisation des monuments aux morts commence, en France à la fin de la guerre de 1870-1871 mais elle n'est pas systématique et reste à l'initiative des communes ou des associations d'Anciens Combattants.
A la fin de la Grande Guerre, la douleur est telle que chaque municipalité décide d'ériger un monument en hommage aux soldats du pays morts aux combats mais également aux soldats disparus et qui restent sans sépultures. C'est donc 36 000 communes qui vont, entre 1920 et 1929, s'afférer à cette démarche commémorative. Certaines vont faire appel à des sculpteurs et architectes de renom qui vont créer des oeuvres originales dont beaucoup sont de véritables œuvres d'art.
D'autres communes, plus modestes, vont s'adresser à des entreprises de marbrerie ou de fonderie qui proposent différents modèles de monuments sur catalogue, allant de différentes statues de Poilu en passant par l'Obélisque (simple ou orné d'un coq), ou encore l'Allégorie de la Victoire ou une Stèle.
Citons parmi les plus célèbres entreprises :
- Marbreries Générales Gourdon, à Paris
- Fonderies du Val d'Osne à Paris (siège) et Osne-le-Val, Haute-Marne (usines)
- Etablissements artistiques Edmond Guichard à Castelnaudary, Aude
- Fonderies de Tusey près de Vaucouleurs, Meuse
- Etablissements métallurgiques Antoine Durenne fondeur à Paris (siège), Sommevoire et Wassy, Haute-Marne (usines)
- Fonderies Corneau-Deville à Charleville, Ardennes
- Fonderie Salin à Dammarie-sur-Saulx, Meuse
L'un d'entre-eux, l'entrepreneur Edouard Rombaux-Roland, marbrier-sculpteur à Jeumont dans le Nord (59), spécialisé dans la marbrerie funéraire, va participer à cet élan et c'est donc naturellement que l'on retrouve souvent son nom, aujourd'hui dans les descriptions de nos monuments aux morts.
Ce petit catalogue publicitaire (24X15,5cm) de 15 pages, édité en mai 1922, ne montre qu'un aperçu des modèles que l'entreprise proposait aux communes.
À l’intérieur de cette apparente uniformité, on peut trouver des monuments qui sortent un peu de l’ordinaire. L’Alsace-Lorraine tient une place bien particulière par exemple. Française avant 1871, puis allemande avant de redevenir française après 1918, son histoire se retrouve dans sa manière de commémorer les morts. À Strasbourg, un monument aux morts représente deux soldats sans uniformes, réunissant les Allemands et les Français dans leur deuil.
Le monument aux morts de Strasbourg, construit en 1936 et situé Place de la République
Avec le temps, les monuments aux morts ont évolué. Parfois détruits durant la Seconde Guerre mondiale, certains d’entre eux se sont vus ajouter les noms des nouveaux soldats morts entre 1939 et 1945. Dans d’autres cas, on ajouta également les victimes des guerres coloniales. Finalement, les monuments aux morts de la Première Guerre mondiale ont absorbé toutes les guerres, devenant le lieu de toutes les commémorations.
Le monument aux morts est donc un objet paradoxal. Figé dans les lieux et dans la pierre, mais mouvant dans les noms qui s’ajoutent au fil des grands conflits du XXe siècle, l’édifice tente finalement d’animer la mémoire en nous rappelant les tragédies du passé. Avec le temps, le sens des monuments aux morts a changé. Aujourd’hui, il ne s’agit plus de glorifier un passé guerrier ou des actes héroïques, mais surtout d’entretenir le devoir de mémoire.
100 ans souvenir74.fr/actualites/la-commune-a-fete-les-100-ans-de-son-monument-aux-morts/
https://memoiredhistoire.canalblog.com/archives/2018/02/17/36148344.html
les monuments disparus; double peine
www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/les-monuments-aux-morts-ces-calvaires-laiques-1708504
Les monuments aux morts, ces « calvaires laïques »
Franck David, enseignant d'origine vendéenne, vient de publier un très intéressant ouvrage sur les monuments aux morts. Il nous aide à mieux comprendre ces lieux de mémoire.
Le monument aux morts de La Roche-sur-Yon est l'œuvre de deux sculpteurs originaires du Marais breton, Jan et Joël Martel. Sur ces visages de pierre, nulle trace de haine et de peur. D'eux d'entre eux regardent les vivants, adressant comme un ultime adieu. Pas d'armes, ni de croix. Une épitaphe sobre : « A la mémoire de ceux qui sont tombés » : « Tous ces éléments incitent à y voir un monument pacifiste, esquivant en tout cas toute allusion à la guerre », note Franck David.
Décryptage
À l'ombre de l'église ou de la mairie ?
L'emplacement du monument aux morts dans une commune n'est pas anodin et ranime parfois de vieilles querelles clochemerlesques, mises en sommeil par la guerre. Faut-il le placer à proximité de l'église ? De la mairie ? De l'école ?
« Les délibérations des conseils municipaux témoignent d'empoignades farouches, raconte Franck David. Il y a même eu parfois des pétitions d'habitants. Aux Moutiers-sur-le-Lay, le débat dure de longues semaines. Et c'est le préfet qui impose un lieu plus neutre : le cimetière. Tout en acceptant la présence d'une croix sur le monument. » Dans les petits bourgs, le consensus est plus facilement obtenu lorsqu'une place sépare la mairie et l'église.
Dans les églises aussi
En Vendée, pratiquement toutes les églises abritent une stèle ou une plaque à la mémoire des paroissiens tombés au front. Une vingtaine d'églises possèdent également des vitraux ou des fresques murales (La Roche-sur-Yon) « représentant des soldats mourants, bénis par le Christ ou réconfortés par la Vierge. Ils sont l'oeuvre de maitres-verriers connus : Dagrand, Fournier, Gouffaut, Lorin ».
Des monuments truffés de symboles
Contrairement à ce que l'on croit souvent, le monument le plus répandu n'est pas le Poilu, mais la stèle ou l'obélisque (70 % des monuments vendéens), plus sobres et moins coûteux pour de petites communes rurales, aux finances parfois limitées.
« Sur ces monuments, précise Franck David, on découvre de nombreux symboles : les lauriers qui marquent la victoire. Les palmes qui distinguent le sacrifice. Les épis de blé qui représentent la renaissance. » On y trouve également des ornements militaires : « La croix de guerre est assez fréquente. Elle confère à la mort une dimension héroïque. »
Les symboles religieux devaient être théoriquement bannis, surveillés de près par les commissions préfectorales. En fait, beaucoup de conseils municipaux conservateurs rusent : discrète ou clairement dominante, la croix latine apparaît sur 70 % des monuments vendéens.
À Saint-Vincent-sur-Jard, le maire de l'époque valide non seulement la croix latine, mais permet l'installation d'une statue de Jeanne d'Arc, en costume de paysanne, assise par terre, les mains jointes, dans une attitude recueillie. De retour d'un voyage en Asie, Clemenceau entre dans une colère noire quand il découvre le monument... « Damnés calotins », rugit alors le Tigre.
Monuments aux héros ou aux victimes ?
Les monuments représentant des Poilus sont encore plus bavards. « La statue essaie d'être réaliste, remarque Franck David. L'uniforme, la vareuse, les bandes molletières, les chaussures aux semelles cloutées sont fidèlement reproduits. » La plupart de ces Poilus statufiés rappellent la victoire et glorifient l'héroïsme des morts. Ici, c'est une sentinelle qui monte la garde ou qui barre la route à l'ennemi (Nieul-le-Dolent, Champagné-les-Marais).
Là, c'est un Poilu qui brandit une couronne de lauriers (Vouvant).
Mais il y a Poilu et Poilu. On trouve parfois des monuments qu'on peut qualifier de « pacifistes », représentant des soldats blessés qui agonisent en embrassant le drapeau. Ou des morts entourés par leurs proches (La Bruffière, Chavagne-en-Paillers, Moutiers-les-Mauxfaits, Saint-Hilaire-le-Vouhis). « Plus que les héros, les morts de la guerre sont ici des martyrs, note Franck David. Leur mort suggère la violence de la guerre. »
Comprendre le monument aux morts. Lieu du souvenir, lieu de mémoire, lieu d'histoire, éditions Codex, 130 pages, 16 €.
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Au cours de la Première Guerre mondiale, la France est sévèrement touchée avec 1 357 800 tués et disparus, soit 10 % de la population active masculine et 18 % des appelés, et 4 266 000 blessés.
LILAS
orienté vers la frontière ennemie, comme la plupart des MAM, ici vers le Rhin en passant par Strasbourg OU également vers l'Alsace redevenue française en 1918-1920
AUCHEL
SCULPTEURS
monuments-aux-morts.fr/auteurs?arko_default_648977dc403f7--ficheFocus=
www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/des-sculpteurs-au-service-de-la-memoire
www.bois-colombes.fr/wp-content/uploads/histoire/catalogue_artistes_GG2017.pdf
www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/des-sculpteurs-au-service-de-la-memoire
journals.openedition.org/cdlm/6219?lang=en
https://horizon14-18.eu/wa_files/monum_14-18_rhone_Kim_DANIERE.pdf
COMBIEN de MAM?
https://monuments-aux-morts.fr/?arko_default_648970c046073--ficheFocus=
54.141 monuments
sculpteur mam = 50x46= 2270 résultat (mais pas de Desruelles!!)
lilas= pv de réception juin1924 exécuté par Félix Desruelles, statutaire, édifié au cimetière des Lilas, terminé fin juin 1924.
représente l'Humanité en deuil sur le champs de bataille. L'ensemble se compose :
base de 2m75 x 2m30 et 1 mètre d'épaisseur en deux morceaux, et
statue principale de 2m40 de hauteur ; le tout en pierre de Vilhonneur (Charente 20 km d’Angoulême)
https://www.facebook.com/reel/1266599514490417
51.000 Plus de 51 000 monuments aux morts sont recensés en France, c'est presque deux fois plus que le nombre de communes. 🏳 Inaugurés à partir de 1919, ces édifices chargés d'histoire honorent la mémoire des soldats morts pendant la Grande Guerre. #armistice.11 nov. 2024
ou 36.000 communes
0 fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_communes_de_France_sans_monument_aux_morts
que 12 communes n'ayant pas subi de pertes lors de la Grande guerre
À Creuse, petit village de la Somme, le silence des commémorations raconte une histoire rare. Aucun monument aux morts, car aucun soldat n’a péri en 14-18, un cas presque unique dans une région ravagée par la guerre.
À Creuse, à 15 kilomètres d’Amiens, le visiteur remarque vite une absence inhabituelle, aucun monument aux morts. Ce village de 90 habitants en 1914 n’a perdu aucun de ses enfants pendant la Première Guerre mondiale, une exception rarissime en Picardie. Sur les 772 communes de la Somme, seules 18 partagent cette particularité. Alors que la guerre a tué 1,3 million de soldats français, que les monuments aux morts deviennent des lieux de mémoire incontournables dès 1919, Creuse échappe à cette norme. Aucune cérémonie du 8 mai n’y est organisée, faute de noms à honorer. Une victime indirecte de la Seconde Guerre mondiale est toutefois inscrite sur le monument de la commune voisine, Plachy-Buyon. Non loin de là, à Revelle, un autre détail insolite : la croix latine d’un monument a dû être remplacée par une croix de guerre, pour respecter la loi de séparation des Églises et de l’État. Une page méconnue de l’histoire locale, révélée par l’ironie du destin.
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rech google www.google.com/search?q=sculpteur+funeraire+desruelles
paris1900.lartnouveau.com/biographies/sculpteurs/desruelles.htm
Brève biographie
Félix-Alexandre Desruelles, sculpteur français, est né le 7 juin 1865 à Valenciennes (Nord)
Il est l'élève d'Alexandre Falguière, François Rude, Jean-Baptiste Carpeaux et Jean-Antoine Houdon.
Desruelles est un des plus importants artistes français s'étant illustré dans la sculpture commémorative de la Première Guerre mondiale.
Il expose des bustes et des figures au Salon à partir de 1883.
Il remporte le Second Prix de Rome en 1891
Desruelles devient membre de l'Institut et de l'Académie des Beaux-Arts.
Il obtient une médaille d'or à l'Exposition universelle de 1900 et deux diplômes d'honneur à l'Exposition des arts décoratifs de 1925.
Un square porte son nom près de l'Eglise Saint-Germain 6e arr.
Félix-Alexandre Desruelles est décédé le 2 mars 1943 à La Flèche (Sarthe)
Principales œuvres
Pastorale, fontaine dans le square Félix-Desruelles 6e arr.
Les Fruits, bronze devant le palais du Trocadéro 16e arr.
Jean-Baptiste Carpeaux, monument à Valenciennes (Nord)
fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9lix-Alexandre_Desruelles
Félix-Alexandre Desruelles, né le 7 juin 1865 à Valenciennes et mort le 2 mars 1943 à La Flèche, est un sculpteur français.
Rémyne Desruelles (1904-1976), peintre française, fille de Félix-Alexandre Desruelles.
Le square Félix-Desruelles est un square du 6e arrondissement de Paris.
Biographie
Félix-Alexandre Desruelles est un des plus importants artistes français s'étant illustré dans la sculpture commémorative de la Première Guerre mondiale.
Élève d'Alexandre Falguière, François Rude, Jean-Baptiste Carpeaux et Jean-Antoine Houdon, il expose à la Société des artistes français dès 1885, y remporte une médaille d'honneur en 1928 et en devient membre du jury. Il obtient une médaille d'or à l'Exposition universelle de 1900 et deux diplômes d'honneur à l'Exposition des arts décoratifs de 1925[1].
Il est membre de l’Institut et de l’Académie des beaux-arts. Il est l'époux de la sculptrice Germaine Oury-Desruelles (1889-1978) et le père de la peintre Rémyne Desruelles.
Il réalise les bustes en bronze de deux de ses amis, Eugène Chigot et Henri Le Sidaner[2].
Œuvres
Arras : Monument aux morts, 1930.
Auchel : Monument aux morts d'Auchel, 1928, un des rares monuments aux morts pacifistes.
Boulogne-sur-Mer : Britannia, 1938, monument commémorant le rôle joué par les soldats du Royaume-Uni pendant la Première Guerre mondiale, bombardé par les Allemands en 1940.
Commentry : Monument aux morts de Commentry, il représente un paysan découvrant dans son champ, la tombe d’un soldat. L'homme se recueille, appuyé sur une faux. Il est inscrit sur le monument « La ville de Commentry à ses enfants victimes de la guerre[3] ».
Dole, place Jean-Jaurès : Monument à Jean Jaurès, inauguré le 20 janvier 1924 en présence de Petter secrétaire de la bourse du travail, Marius Pieyre maire de Dole, l'amiral Jaurès frère de Jean Jaurès, Ponard maire de Saint Claude, Robert Lazurick représentant des jeunesses républicaines et socialistes, Marius Moutet député du Rhône, Alfred Dominique du Parti radical et radical-socialiste, Léon Jouhaud secrétaire général de la CGT, Jean Longuet ancien député de la Seine, petit-fils de Karl Marx, Georges Pioch poète, Félix Desruelles sculpteur, Georges Ponsot, Albert Noret, Lissac, Galentas, Bourset frères, Charles Cencelme, V. Luquet, Benoit-Barnet, Petitjean, Molard, Machard, Magnin, Gadriot, Monamy, Danjean, Bailly, membres du conseil municipal, du Comité Jaurès, des syndicats du conseil général de l'arrondissement.
Monument des Néo-Zélandais, 1923.
Monument aux morts, 1923, en collaboration avec l'architecte Samuel Hurst Seager et le spécialiste en plâtre Robert Henry Fraser.
Les Lilas, cimetière communal : Monument aux morts, 1920-1925.
Lille :
place Ratisbonne : Monument à Henri Ghesquière, 1922[4].
hôtel de ville : Monument à Jean Jaurès, 1932, localisation actuelle inconnue.
Monument aux fusillés lillois, 1929. Détruit par les Allemands en 1940, il a été reconstruit par la veuve du sculpteur Germaine Oury-Desruelles (1889-1978) en 1960.
Paris :
square Félix-Desruelles : Pastorale, 1925, fontaine.
palais du Trocadéro : Les Fruits, 1937, statue en bronze doré.
Place des Deux-Écus : Le Faucheur, bronze, fondue lors de la seconde guerre mondiale
Soultz, place de l'église : Monument aux morts, vers 1920.
Monument à Henri Legrand, 1928, en hommage à l'instituteur fusillé à Valenciennes en 1918.
boulevard Beauneveu : Monument à Carpeaux, 1921.
square de la Poterne : Le Rieur, 1907, statue en bronze.
www.nella-buscot.com/sculpteurs.php?idsculpteur=scu0066&lng=3
Félix Desruelles 1865 - 1943 Sculpteur français Né à Valenciennes,
expose des bustes et des figures au Salon à partir de 1883. Il est Second Prix de Rome en 1891 et obtient en 1897 le Prix national des Salons.
Médaille d'or de l'Exposition universelle en 1900 pour "Job", statue en plâtre, Félix Desruelles devient membre de l'Institut et de l'Académie des Beaux-Arts. Il est principalement connu dans le Nord de la France pour ses Monuments aux Morts réalisés dans les années 1920.
Quelques unes des œuvres de Félix Desruelles se trouvent dans divers musées du Nord de la France, dont celui de Valenciennes. Un square porte son nom dans le 6ème arrondissement de Paris, près de l'Eglise Saint-Germain, et abrite une de ses oeuvres, la Fontaine pastorale.
Quelques œuvres :
- Job (1896)
- L'enfant prodigue (pierre, Parc Plumecocq, Valenciennes, salon de 1899),
- Buste du peintre Le Sidaner (1904),
- La Cigale (statuette, 1912),
- Vendangeuse (1914)
- Buste d'Henri Ghesquière (pierre, Lille, 1922),
- Monument à Jean Jaurès (Place Jean Jaurès, Dole, Jura, 1924),
- Monument aux Morts (Commentry, Allier, 1924),
- Fontaine pastorale (Square Félix Desruelles, Paris, 1925),
- Monument aux Morts pacifiste d'Auchel (Pas-de-Calais, 1928),
- Monument à Henri Legrand, (Valenciennes, 1928),
- Monument aux fusillés lillois (1929),
- Monument aux Morts (Arras, 1930),
- Les fruits (bronze doré, Parvis des Libertés et des Droits de l'Homme, Paris, 1937), Exposition universelle de 1937.
- Pieta (terre cirée polychrome, Musée des Années 30, Boulogne-Billancourt, 1941-1942),
- Le Rieur (Valenciennes),
- Le Semeur (bronze, bas-relief),
- Jeune Paysanne (statuette en bronze).
cths.fr/an/savant.php?id=125235
DESRUELLES Félix Alfred
Naissance: 7 juin 1865 à Valenciennes (Nord) - Décès: 2 mars 1943 à La Flèche (Sarthe)
Société(s)
Académie des beaux-arts : membre titulaire (section de sculpture), 1939-1943
Société des artistes français : membre du comité et du jury
Biographie
Félix Desruelles est un sculpteur français.
Carrière : - 1882. École des Beaux-Arts de Paris, élève de Fache et de Falguière. - 1885. Premier envoi au Salon des Artistes français. - 1891. Deuxième Second Grand Prix de Rome pour Apollon au milieu des bergers. - 1893. Premier Second Grand Prix de Rome pour L’âge d’or. - 1897. Grand prix national des Salons pour Pastorale. - 1900. Médaille d’or, Exposition universelle. - 1914. Médaille d’or au... (lire la suite...)
Sources biographiques
- Dictionnaire biographique des artistes contemporains, par Édouard-Joseph, Paris, 1931, t. I, p. 400. - "Félix Desruelles", par P. Landowski, Bulletin de l’Académie des Beaux-Arts, 1938-1940, p. 146-149. - "Félix Desruelles", par A. Bachelet, Bulletin de l’Académie des Beaux-Arts, 1939, p. 174-175. - "Félix Desruelles ou comment un artiste engagé commémora la Guerre de 14-18", par B. Grailles, Valentiana, 12 décembre 1993, p. 73-88. BnF Musée d'Orsay M. Yves R. Moreau
Bibliographie
Principales œuvres : - 1896. Job. - 1897. Pastorale. - 1899. L’enfant prodigue. - 1899. Monument à Richaud (Martigues, Bouches-du-Rhône). - 1905. Jeune fille, statuette en bronze doré. - 1907. L’enfant à la fontaine. - 1908. Le printemps, groupe en pierre. - 1911. Femme à sa toilette. - 1911. Monument à Trystam (Dunkerque, Nord). - 1912. J. B.Carpeaux (Valenciennes, Nord). - 1912. La cigale. - 1913. Jeune berger. - 1914. Vendangeuse. - 1918. Portrait de l’ingénieur Gosserez. -... (lire la suite...)
galerietourbillon.com/biographie-felix-desruelles/
Félix-Alexandre Desruelles, dit Félix Desruelles (1865-1943), entre à l'Académie de Valenciennes dès l'âge de 13 ans. Il se distingue rapidement par son enthousiasme et son talent précoce et part poursuivre ses études à l'école des Beaux-Arts de Paris en 1882 où il est l'élève de Falguière, Rude, Carpeaux et Houdon.
Desruelles expose à la Société des artistes français dès 1885. Sa persévérance et son talent lui valent nombre de distinctions. Il reçoit notamment le second Grand Prix de Rome en 1891, le prix des Salons en 1897 et la médaille d'or de l'Exposition Universelle de 1900 pour sa statue de "Job". Desruelles remporte deux diplômes d'honneur à l'Exposition des arts décoratifs de 1925 et une médaille d'honneur en 1928 au Salon des artistes français.
Félix Desruelles est l'un des plus importants artistes français s'étant illustré dans la sculpture commémorative de la Première Guerre mondiale. "Britannia" est un ancien monument érigé à Boulogne-sur-Mer en 1938 en commémoration du rôle joué par les soldats du Royaume-Uni pendant la Première Guerre mondiale. Symbole de l'amitié franco-britannique, ce monument est détruit en juillet 1940 par les Allemands.
landrucimetieres.fr/spip/spip.php?article4515&debut_article_rubrique_date=290
DESRUELLES Félix-Alexandre (1865-1943) - Cimetière de Valenciennes (59) - division E1
7 novembre 2015 Par Philippe Landru 1660 vues
Prix de Rome en 1891, membre l’Académie des Beaux-Arts, il fut un des plus importants artistes français s’étant illustré dans la sculpture commémorative de la Première Guerre mondiale dans la France du nord. A ce titre, on lui doit un grand nombre de monuments aux Morts (j’en présente quelques uns). Un square parisien porte son nom dans le 6ème arrondissement de Paris, près de l’Eglise Saint-Germain, et abrite une de ses œuvres, la Fontaine pastorale. Avec lui repose son épouse, Germaine OURY-DESRUELLES (1889-1978), qui fut elle aussi sculptrice.
SES ŒUVRES FUNÉRAIRES
à Valenciennes
– Le médaillon en bronze de la tombe Damien.
– Le médaillon du maire Tauchon.
– Le médaillon Fortier.
– La colonne en marbre de la tombe Despinoy
– La Parque de la tombe Gouvion
– Le buste Bouillon
– Le monument Postille.
– La Vierge de la chapelle Malissart.
– Le monument du député Durre.
– La statue de la tombe Doosche (avec son épouse)
ailleurs
– Le bas-relief en bronze sur la tombe du Dr Guisez à Anzin (59).
– La statue de la tombe Trullin au cimetière de l’Est de Lille (59).
– Le buste (disparu) de Maurice Rouvier, au cimetière ancien de Neuilly-sur-Seine (92)
– Le médaillon en bronze de la tombe Lhomme du Père Lachaise (93ème division).
Parmi ses monuments au Morts en France, on peut citer :
– Celui du cimetière des Lilas (93) (dont la statue est très similaire à celle de sa tombe).
– Celui d’Auchel (62) - style similaire.
– Celui de Commentry (45).
QRCODE03
Monument aux Morts de toutes les guerres
inauguré en 1925 = 100 ans en 2025
localisation: en bas de l'allée principale du cimetière, devant le carré militaire, sur la carte
sculpteur funéraire: Félix Desruelles son arbre sa fiche
toutes ses sculptures: Desruelles Rd93
Ce monument est commandé à Félix DESRUELLES, sculpteur funéraire, au lendemain du 1er conflit mondial.
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Félix-Alexandre Desruelles est un des plus importants artistes français s'étant illustré dans la sculpture commémorative de la Première Guerre mondiale.
Il expose à la Société des artistes français dès 1885, y remporte une médaille d'honneur en 1928 et en devient membre du jury. Il obtient une médaille d'or à l'Exposition universelle de 1900 et deux diplômes d'honneur à l'Exposition des arts décoratifs de 1925.
Il est membre de l’Institut et de l’Académie des beaux-arts.
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En décembre 1919, dès la réélection d'Eugène Decros, le conseil municipal décide d'ériger un monument en mémoire de tous les soldats morts à la guerre.
Terminé en 1924, il est inauguré en novembre 1925, par le général Gouraud, gouverneur militaire de Paris.
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Le monument se distingue par quelques particularités.
Les noms des victimes de guerre ne sont pas gravés sur son socle mais sur une plaque en Mairie, au pied de l'escalier d'honneur.
Il n'est pas érigé, comme bien souvent, sur la place du village mais au cimetière, au bout de l'allée principale.
Il exprime la douleur et la mort, loin d'une exaltation de ferveur militaire :
c'est une femme éplorée et méditative qu'on y voit se pencher sur les cadavres de soldats.
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Desruelles reproduit d'ailleurs rapidement ce même thème pacifiste pour son monument de 1928 à Auchel (Pas-de-Calais). Cette femme en pleurs lui tient à cœur puisqu'une nouvelle variante ornera encore sa propre pierre tombale !
La Première Guerre mondiale a durement frappé la ville.
Durant les 4 années de guerre, 2. 000 lilasiens sont appelés sous les drapeaux, la plupart dans l’infanterie.
C'était 15% d'une population de 14.000 habitants,
Dès septembre 1914, la Ville perd officiellement ses 3 premiers fils.
116 Lilasiens sont prisonniers à l'automne 1916.
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Dans ce conflit, au moins 417 de nos soldats perdirent la vie sur les champs de bataille.
Leurs noms sont gravés sur la plaque de marbre de la Mairie (qui commémore les conflits de 1870, 14/18, 39/45 mais aussi ceux des morts pour la France dans les T.O.E. ).
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Combien de familles pleuraient les pères, les époux, les fils...
Parfois deux fils pour une même famille, parfois un fils et un neveu !
Sans compter plusieurs centaines d'autres Poilus qui resteront marqués à vie
par de cruelles blessures physiques et psychologiques.
Mais c'était la "Der des Der", se disait-on...
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