Henri IV en Mars - Musée national du château de Pau
En septembre 1589, après avoir levé une première fois le siège de Rouen, Henri de Navarre se retire vers Dieppe. Le 3 septembre, il s’arrête à Cailly où il « dine, soupe et couche ». Ce séjour d'une journée laisse des traces amères : les troupes royales incendient les halles du bourg ainsi qu'une partie des habitations. Ce n'est qu'en 1598 que la châtelaine locale, Charlotte de Mouchy, demandera réparation pour ces destructions ordonnées ou tolérées par le roi.
Contrairement à certaines idées reçues, le Béarnais ne semble pas s'arrêter à Clères en 1589. En revanche, il y séjourne en février 1590, comme l'atteste une lettre expédiée depuis le « camp de la Clère » adressée à la reine d'Angleterre. Le monarque y revient en février 1592, lors d'une retraite difficile devant le duc de Parme. Entre deux étapes à Auffay et Buchy, il prend le temps d'écrire à son lieutenant, le duc de Nevers, pour solliciter l'envoi de chariots. Le baron Jacques de Clère, bien que moins zélé catholique que son prédécesseur, y reçoit le roi avec les honneurs.
Le passage le plus mémorable se déroule en avril 1592. Le 25 avril, Henri quitte ses positions au sud de Rouen, contourne la ville par le nord et s'empare du château de Fontaine-le-Bourg, alors aux mains des Ligueurs. Il s'y installe et fait de ce lieu son centre de commandement. C'est depuis ce « premier logis », comme il le nomme lui-même, qu'il organise l'offensive vers Caudebec. Il y rédige plusieurs lettres cruciales, notamment à l'attention de son trésorier à Dieppe pour assurer le ravitaillement en pain de ses troupes.
Si les séjours directs du roi à Montville sont moins documentés, son influence y est manifeste à travers ses alliés. Henri IV entretient une amitié étroite avec Claude Groulart, seigneur de Montville et Premier Président du Parlement de Normandie. En 1603, par reconnaissance, le roi sépare la baronnie de Montville du comté de Tancarville pour l'ériger en faveur de Groulart. De plus, le roi nomme son fidèle compagnon d'armes, François de Civille — l'homme « trois fois mort et trois fois ressuscité » — comme gouverneur de Fontaine-le-Bourg.
Ces mouvements incessants dessinent le portrait d'un roi guerrier et diplomate, dont la présence en pays de Caux fut un mélange de rigueur militaire et de gratifications envers ses soutiens locaux.
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