Oubliez les scénarios de films d'action ou les personnages de jeux vidéo avec plusieurs barres de vie. La réalité historique dépasse parfois la fiction, et l’histoire de François de Civille en est la preuve ultime. Surnommé l’homme « trois fois mort et trois fois ressuscité », ce gentilhomme normand a traversé les Guerres de Religion avec une chance qui frise le surnaturel.
Tout commence en octobre 1562, lors du siège de Rouen. François de Civille, alors jeune capitaine calviniste (protestant), défend la ville contre les troupes royales. En plein combat, il reçoit une balle d’arquebuse en plein visage qui lui traverse la tête. Verdict : mort clinique.
Il tombe du haut des remparts, est dépouillé de ses vêtements par des pillards, puis enterré sous quelques pelletées de terre. Mais son valet, refusant de l’abandonner, décide de le déterrer pour lui offrir une sépulture digne. Surprise : le corps est encore chaud. Civille respire encore ! Malgré l’avis des médecins qui le jugent condamné, il survit contre toute attente.
Pensiez-vous que c'était fini ? Pas du tout. Peu après, les catholiques prennent Rouen et cherchent à se venger. Ils trouvent Civille encore convalescent et, sans aucune pitié, le jettent par la fenêtre de son hôtel particulier.
Une chute mortelle ? Pas pour lui. Il atterrit miraculeusement sur un tas de fumier qui amortit le choc et finit par l’ensevelir, le cachant ainsi aux yeux de ses ennemis pendant trois jours et trois nuits. Une servante finit par le retrouver et, après une nouvelle période de soins secrets, il se remet sur pied.
Devenu une légende vivante, Civille s'exile en Angleterre où il devient un proche de la reine Élisabeth Ire. Plus tard, il lève une armée en Écosse pour soutenir Henri IV, qui n'oubliera jamais sa fidélité. Le "Bon Roi Henri" le récompensera en le nommant gouverneur de Fontaine-le-Bourg.
François de Civille était tellement fier de son destin qu'il signait ses lettres : « François de Civille, trois fois mort, trois fois enterré et trois fois par la grâce de Dieu ressuscité ». En 1606, il publie lui-même le récit de ses mésaventures dans un livre intitulé Discours des causes pour lesquelles le sieur de Civille... se dit avoir esté mort, enterré et ressuscité.
C’est un témoignage brut, épique et totalement décalé sur la résilience humaine face à la violence d'une époque déchirée par le fanatisme. Si vous cherchez une inspiration sur la survie et le refus de s'avouer vaincu, plongez-vous dans le récit de cet ancêtre des super-héros modernes.