En jaune : la localisation
L'image LiDAR (que vous pouvez voir ci-dessus) est sans appel. En supprimant virtuellement la végétation, elle révèle une motte castrale typique du Moyen Âge central.
Ce que Spalikowski décrivait comme une « enceinte circulaire » apparaît désormais comme une motte (le tertre central) flanquée d'une basse-cour (l'espace protégé pour la vie quotidienne). Le LiDAR confirme avec une précision chirurgicale les mesures prises à la chaîne d'arpenteur en 1933 :
Le système de fossés : On distingue parfaitement l'anneau sombre qui entoure la structure. Ce fossé, profond de 2 mètres, servait de première ligne d'arrêt contre l'assaillant.
Le talus défensif : La levée de terre de 3 mètres de large, mentionnée dans le texte, est visible comme une ride protectrice enserrant la plateforme.
L'auteur notait avec une pointe de déception qu'il n'avait retrouvé « aucune trace de substructions de pierres ». L'image LiDAR apporte la réponse : nous sommes face à une architecture de terre et de bois.
Ces châteaux "primitifs", érigés entre le Xe et le XIIe siècle, utilisaient la topographie naturelle du coteau du Tot. Sur le sommet de la motte, on ne trouvait pas un donjon de pierre, mais une haute tour de bois (une bretèche) entourée d'une palissade de pieux. Le LiDAR montre parfaitement comment le site utilise l'éperon rocheux pour maximiser sa visibilité sur la vallée.
Le texte de 1933 rappelle la proximité d'un cimetière franc et de vestiges romains. Le LiDAR permet de situer la motte dans son paysage historique :
Il confirme que le site est un point de guet stratégique, contrôlant l'ancienne route de Dieppe au Neubourg.
Il met en lumière l'anomalie de la « petite enceinte irrégulière » : s'agit-il d'un aménagement plus ancien (protohistorique) réutilisé par les bâtisseurs de la motte, ou de l'emplacement spécifique du premier donjon de bois ?
Assis sur ces talus, Spalikowski imaginait le passage des « hommes du Nord » ravageant la Neustrie. Si la datation exacte reste à affiner, l'image laser confirme l'importance du site de Mont-Cauvaire dans le réseau défensif normand.
Aujourd'hui, alors que la forêt a repris ses droits et cache ces trésors aux promeneurs non avertis, la technologie nous rappelle que sous chaque bosquet de la Côte des Châteaux se cache encore un morceau de notre histoire.
La micro-topographie : On observe des irrégularités à l'intérieur de la basse-cour qui pourraient correspondre à d'anciennes fosses de stockage ou à l'empreinte de bâtiments légers.
L'érosion : On remarque que le flanc sud, plus abrupt, a mieux conservé ses fossés que la partie nord, plus exposée aux activités humaines passées.
Le cheminement : Le sentier d'accès mentionné par Spalikowski semble suivre une rampe d'accès originelle, intelligemment pensée pour exposer le côté gauche (le côté du bouclier) des arrivants aux défenseurs de la motte.
Et vous, aviez-vous déjà remarqué ces reliefs lors de vos balades sur les hauteurs du Tot ?
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