Fecha de publicación: 22-nov-2010 5:32:04
lundi 22 novembre 2010
Matthieu Perrinaud matthieu.perrinaud@centrefrance.com
Pendant près d'une semaine, les Rapatonadas vont porter la bonne parole occitane à Aurillac, et dans quelques communes cantaliennes.
Il était une fois un diablotin occitan, vestige du folklore de Haute-Auvergne (1). Un petit farceur cornu hilare à l'idée de remuer l'imaginaire de ses contemporains.
C'était il y a trente ans. Depuis, chaque année, en novembre, le diablotin se réveille et vient tirer les Cantaliens de leur somnolence hivernale, le temps de Rapatonadas désormais bien ancrées dans l'agenda de la saison.
Fidèles
Et même si, en Auvergne, l'occitan a peu à peu perdu de sa superbe, s'usant de n'être plus utilisé, la culture et la langue continuent de résister, portées à bras-le-corps par de nombreux et infatigables fidèles (2).
Comme ceux de l'Institut d'études occitanes (IEO) du Cantal, organisateur de l'événement, toujours aussi enthousiastes à l'orée de cette 30e édition qui se tiendra à partir de demain et jusqu'au 28 novembre, à Aurillac et dans le Cantal.
« C'est une édition exceptionnelle ! », s'enthousiasme Bruno Duranton, président de l'IEO. « Et cet anniversaire porte les Rapatonadas au rang de l'un des plus anciens festivals de l'Hexagone. »
D'autant que les racines de l'événement n'ont jamais été hypothéquées sur l'autel de la longévité : « Le but, c'est toujours de porter une culture vivante, et surtout de n'exclure personne, continue Bruno Duranton. Il s'agit de convivialité, de partage de la culture occitane avec les autres cultures, c'est pour cela que l'on parle plus de fête que de festival. Ce n'est absolument pas réservé aux seuls occitanophones ! ». Dans cette optique, tous les spectacles seront d'ailleurs bilingues, ou sous-titrés.
Côté artistique : « Nous avons voulu continuer à diversifier les formes artistiques, avec un film, une pièce de théâtre, un conte musical, une soirée sur le thème du fantastique, des débats, du chant »
Fidèles à leurs origines, les Rapatonadas n'en ont pas oublié pour autant de monter dans le train de la modernité : « Vendredi soir, nous proposerons un dispositif original, avec un conte associé à la musique et aux arts plastiques ».
Dans le Cantal
Pendant six jours, la bonne parole occitane sera ainsi dispensée à Aurillac, mais également dans quelques communes du Cantal, dans le cadre de Scènes en partage, dispositif culturel porté par le conseil général. « C'est une belle marque de reconnaissance de la part de la collectivité, car nous sommes la seule association à participer. »
Enfin, parallèlement à la programmation officielle, les Rapatonadas proposeront des stages de découverte et de pratique du conte, des séances à destination des enfants et des lycéens, des interventions dans les maisons de retraite n
(1) Les origines du nom « rapatonadas » (prononcer rapatounades) sont issues du mot occitan « rapaton », surnom populaire du diable en Haute Auvergne. Mais il s'agit d'un diable farceur, espiègle, en accord avec l'esprit des fêtes du conte.
(2) Le 22 septembre 2010, l'occitan a été reconnu comme langue officielle en Catalogne, au même titre que le catalan et le castillan.