Fecha de publicación: 22-nov-2010 3:45:56
Par Fabien Pecot
20 novembre 2010
L’école nous a appris à considérer la langue comme un patois, archaïque et d’enfermement sur soi. Une plongée auprès du travail des associations révèle des résultats très intéressants et à l’opposé de ce constat. Le provençal est d’après ses défenseurs une langue d’ouverture vers l’extérieur : apprendre le provençal permet de mieux appréhender les autres langues latines, voire de pouvoir converser sans trop de problèmes avec un italien ou un catalan, nous rappelle le Félibrige. Quant au mot « patois », très dévalorisant, oubliez-le ! M. Courbet, baile du Félibrige, nous rappelle que la langue d’Oc était la langue culturelle de référence au Moyen-Age, et que Frédéric Mistral obtint tout de même un Prix Nobel de Littérature en 1904, on est loin de l’image de bouseux traditionnellement attachée à toutes les langues régionales.
Mais on apprend aussi que le provençal est une langue d’intégration. Une école marseillaise, Castellas Les Lions (XIVè) utilise le provençal avec de jeunes élèves néo-marseillais, « pour eux, cet enseignement sans enjeux scolaire est rassurant, et permet d’entrer dans le club des régionaux » note l’AELOC (Association pour l’Enseignement de la Langue d’Oc). De plus, l’association note que ces élèves progressent aussi plus vite en français.
On rappelle également que de nombreuses études, notamment celle de Jasone Cenoz au Pays Basque ont montré que le bilinguisme facilite l’apprentissage d’une troisième langue. Ainsi, un jeune élève ayant reçu un enseignement en français et provençal depuis la maternelle apprendrait plus rapidement l’anglais ou l’espagnol au Collège que celui qui n’a appris qu’à penser en une seule langue. Nous n’avons donc pas à choisir entre une langue ou l’autre, de quoi rassurer les partisans de l’apprentissage de l’anglais ou du chinois plutôt que le provençal.
Cet article fait partie du dossier « la face cachée du provençal », cliquez ici pour le consulter en intégralité.
http://www.marsactu.fr/2010/11/20/le-provencal-une-langue-douverture/