Fecha de publicación: 18-dic-2010 1:50:55
16 décembre 2010 06h00 | Par JULIEN LESTAGE
Delphine Trentacosta a collaboré à l'ouvrage « Espèces… de Médoc », un recueil sur la flore locale. Depuis seize ans, la photographe témoigne de la vie de la presqu'île.
Delphine Trentacosta travaille à la réalisation d'une photothèque pour la commune. PHOTO J.L.
Pour « Espèces… de Médoc », un recueil écrit en occitan sur la flore de la presqu'île, Delphine Trentacosta s'est appliquée à photographier plus de 300 plantes recensées sur le territoire. Attirée par la thématique de l'inventaire, l'artiste n'a pas eu de mal à s'intéresser à cette mission. Dans cet ouvrage publié par l'association Los Tradinaires et qui vient d'être présenté au public, le bon travail de la photographe transparaît.
De la ville à la campagne
En arrivant dans le Médoc où elle s'est installée à Vendays-Montalivet, Delphine Trentacosta, plutôt une fille de la ville au départ, n'a pas mis longtemps à se fondre dans les paysages de sa nouvelle terre d'accueil. Formée par la prestigieuse École nationale de la photographie d'Arles, elle a rapidement trouvé une source d'inspiration. En 1994, curieusement, ce sont les blockhaus, ces tristes vestiges du passé laissés par les Allemands après la guerre de 1939-1945, qu'elle décide d'explorer. Le résultat est surprenant. Comme ce cliché au Verdon témoignant de riverains qui ont posé leur maison sur « un bunker », le sous-sol devenant chambre d'hôtes pour les touristes.
La même année, de la Pointe du Cap-Ferret à la Pointe de Grave, la photographe initie avec d'autres collaborateurs une longue sortie sur la plage. C'est l'exposition « Les Guetteurs ». Cent onze totems fabriqués à partir de déchets retrouvés sur le sable ont pour but de sensibiliser le public à la protection de l'environnement. L'initiative ne passe pas inaperçue. En 2009, l'opération « Totem » est reconduite à Montalivet. Le centre naturiste (CHM) de la station balnéaire adopte l'exposition. À terme, Delphine Trentacosta dévoile que, « Les Guetteurs », devenus une sorte de concept, pourraient bien connaître une déclinaison à l'échelle régionale. Bref, un projet de plus pour la photographe, dont la sensibilité écologique colle à l'identité du Médoc.
Faire parler les anciens
C'est aussi vers l'humain que ses travaux sont orientés. À Vendays-Montalivet, elle décide de faire parler les anciens. Des portraits et des chroniques qui racontent les décennies passées. Ses modèles sont octogénaires et plus.
Les entretiens filmés aboutissent à des textes voulant rester fidèles aux propos, et illustrés de magnifiques portraits. « Les gens sont heureux de vivre ici. Il y a une forte identité locale et un attachement à la nature. Ils sont un peu comme les derniers Indiens qui veulent absolument préserver leur patrimoine », témoigne-t-elle. De l'océan au bourg, la photographe remarque l'influence de la saison estivale sur les personnalités. Une façon retenue de dire qu'entre le village et sa station balnéaire, il y a parfois deux cultures qui cohabitent.
Dans une petite maison située à quelques pas de la plage, Delphine Trentacosta a épousé la presqu'île il y a seize ans. Ses clichés traduisent un mariage heureux. Du Médoc, elle semble retirer une source d'inspiration inépuisable.
Site Internet : www.trentacosta-photo.fr
http://www.sudouest.fr/2010/12/16/les-balades-en-images-de-delphine-trentacosta-268642-736.php