Fecha de publicación: 08-nov-2010 2:38:53
Par Fabien Pecot
6 novembre 2010
Cet article fait partie du dossier « la face cachée du provençal », cliquez ici pour le consulter en intégralité.
Dans quel état est la langue provençale ? « Précaire» d’après Jean-Marc Courbet, baile du Félibrige. Pourtant, la situation ne serait pas si grave, comprenez : la langue résiste ! « C’est une langue en chute libre mais qui a malgré tout une assise forte, liée à une identité » selon Jean-Pierre Richard, président de l’association Collectif Provenço.
500 000 personnes le parleraient plus ou moins bien selon Philippe Blanchet, qui a réalisé une étude de référence en 2002. Et plus de 12 300 élèves l’apprenaient à l’école en 2009-2010 : un chiffre en légère augmentation ! Et les Bouches-du-Rhône ferait même partie des bons élèves sur la pratique et l’enseignement.
Et pourtant, qui le croirait ? Il faut dire « qu’il y a des provençaux qui parlent français le jour et provençal la nuit » explique M. Neumuller de l’AELOC (1), « en famille, entre provençalophones ». Philippe Blanchet explique que le provençal, comme toutes les langues régionales de France, a souffert d’une « francisation stigmatisante, exclusive et massive au cours du XXème siècle », avec une chute énorme entre les années 50 et 70. Alors « on n’ose pas s’exprimer en provençal dans l’espace public, et quand on le fait, on se heurte à l’indifférence ou pire, à l’hostilité » rappelle M. Courbet, « on nous a inculqué une honte de cette langue dont on n’est pas encore débarrassé ».
L’exemple du pays de Galles est intéressant car cette langue a connu le même sort que le provençal au XXème siècle, dans un pays plutôt rural, face à un anglais triomphant. Cependant, la Loi sur la Langue Galloise de 2003 a donné un statut de « langue protégée » au gallois, lui a garanti le droit d’être utilisé partout dans l’administration et a créé parallèlement Le Comité pour la langue galloise.
Cette reconnaissance a eu pour effet de valoriser la langue auprès de ceux qui la parlait, et son attrait pour les jeunes élèves, dont 20% font aujourd’hui l’ensemble de leur scolarité en gallois, sauf les cours d’anglais, qu’ils dominent aussi bien que leur camarades.
(1) – Association pour l’Enseignement de la Langue d’Oc
http://www.marsactu.fr/2010/11/06/mais-ou-se-cachent-les-500-000-locuteurs-provencaux/