Fecha de publicación: 28-oct-2010 4:21:10
27 octobre 2010
Jean-Luc Domenge enseigne la langue provençale à Draguignan depuis
vingt-sept ans. Pour ce spécialiste, le provençal est « perçu comme une
langue d'intégration ». / Photo : Photo Christophe Chavignaud
Malgré un déclin de ce dialecte ces dernières années, les associations et ses défenseurs se battent pour conserver cette richesse régionale.
Alors que le Parlement catalan vient de promulguer, fin septembre, l'occitan comme langue officielle dans le Val d'Aran, on peut se demander quelle place occupe la langue provençale dans notre région.
Même si le dialecte se perd et se transmet de moins en moins, une frange de la population tente de lui donner le regain d'intérêt nécessaire à sa survie. À l'image de Jean-Luc Domenge, célèbre référence de la langue provençale, en Dracénie. Depuis 27 ans, il enseigne au centre culturel provençal. « C'est vrai que l'on constate un non-renouvellement des adeptes de la langue. On est les minoritaires des minoritaires. On a le seul mérite de continuer d'exister », estime-t-il.
Un retour aux racines
Pourtant, lorsque l'on assiste au cours, on se rend compte que les plus anciens restent partisans d'un parler patois et d'une transmission du patrimoine. « C'est un simple retour aux racines, une façon de ne pas se perdre », atteste l'un des « élèves ». L'association compte une cinquantaine d'adhérents, dracénois mais aussi étrangers, qui s'intéressent à la culture de la région. « On a déjà eu des Russes, des Écossais qui étaient passionnés », souligne Michel Albrand, président de l'association du centre culturel provençal.
Malgré le déclin de l'idiome, la ville, grâce à ses fervents défenseurs, a pu intégrer le provençal dans le cursus scolaire. « Il y a un continuum pédagogique qui permet d'apprendre la langue de la primaire au lycée et de passer cette épreuve au bac. À ce titre, Draguignan est considéré comme un pôle d'enseignement du provençal par l'académie », explique Jean-Luc Domenge.
Les traditions perpétuées
Une ouverture à la culture et non un repli comme le considère l'Académie française. « Le Français se nourrit de toutes les langues régionales. Quand on veut en sauver une, on veut toutes les sauver », insiste l'intéressé.
Le provençal serait-il alors mal-aimé ? Pour ces fins connaisseurs, le prouvençau (1) est victime de son histoire. À l'instar du basque et du catalan qui ont servi d'armes de résistance contre le franquisme, le provençal a été vécu comme une honte par ceux qui le parlaient. « Le provençal est davantage perçu comme une langue d'intégration et d'accueil », poursuit l'enseignant.
On peut par ailleurs constater que la majeure partie voire la totalité des villages ont une association provençale et perpétuent à travers la danse, le chant, la gastronomie, les traditions d'antan. Mieux 15 à 20 % de la population, dans les zones rurales, auraient une connaissance passive de la langue d'oc. Selon Jean-Luc Domenge, « ce n'est pas la connaissance qui fait défaut mais la communication ». Une communication cependant mise à l'honneur par le biais d'émissions télévisées, toutes les semaines, via le service public. « C'est vrai que ça crédibilise notre lutte contre les clichés dans lesquels on souhaite nous enfermer ».
mabed@varmatin.com
1. Provençal.
Savoir +
Centre culturel provençal de Draguignan adresse : 15, rue Roumanille. Tél. : 04.94.68.71.08
Mélissa Abed
Nice-Matin