Fecha de publicación: 12-oct-2010 2:36:40
10 octobre 2010
Le curé salonais a reçu hier la cigale d'or des mains du "capoulié"
Environ 250 personnes étaient venues assister à la cérémonie
officielle d'admission du curé parmi le cercle très fermé des majoraux.
Depuis hier, le père Michel Desplanches fait désormais officiellement partie du cercle très fermé des cinquante hommes et femmes qui forment le consistoire (l'assemblée) du Félibrige, cette association fondée le 21 mai 1854 par Frédéric Mistral et six autres poètes provençaux afin de promouvoir le rayonnement de la langue et de la culture des pays d'Oc, leur défense aussi. Un mandat à vie au service de cette institution, sorte d'académie de la langue provençale. La cérémonie a eu lieu au centre Saint-François devant plus de 250 personnes et en présence de nombreux élus locaux.
Ce Salonais d'adoption, originaire d'Aix est donc le deuxième homme dans l'histoire de la ville à entrer dans ce saint des saints de la culture provençale, après le poète Antoine-Blaise Crousillat. Un bel héritage pour Michel Desplanches, Crousillat (1814-1899) a écrit les plus beaux poèmes en langue d'Oc. Son élection en mai dernier à Castillonnès (Lot-et-Garonne) à l'occasion de la Santo Estello, était d'autant plus émouvante qu'elle lui attribue la succession de Pierre Causse, un autre homme d'Eglise que Michel Desplanches "vénérait": "Il était un homme de paix, c'est lui qui m'a convaincu que c'était en appartenant au Félibrige que l'on était le mieux présent pour servir la cause de Mistral".
C'est donc grâce à lui que le père Desplanches a adhéré à l'association il y a cinq ans seulement à son arrivée à Salon, même si son attachement à cette culture provençale est bien plus ancien et remonte à son adolescence, lorsque le jeune homme, qui mêle origines provençales, limousines, britanniques et américaines, a été ébloui par la lecture de Mireille, le chef-d'oeuvre de Mistral. En le choisissant, les majoraux n'ont donc pas considéré son ancienneté au sein du Félibrige mais ont reconnu ses 25 années de prédication en langue provençale et son incorporation des traditions locales dans les rites liturgiques. C'est par exemple lui qui a remis au goût du jour la recette du pain calendal à son arrivée à Salon-de-Provence.
Un engagement que Monseigneur Dufour, l'archevêque d'Arles et d'Aix a souligné dans son allocution hier en appelant de ses voeux à introduire davantage dans les offices religieux "une belle tradition qui a apporté beaucoup à la foi catholique sur cette terre, dans toutes nos messes, dimanche après dimanche, il nous faut des chants provençaux." Très inspiré, le député Christian Kert a quant à lui loué le "message d'amour de notre culture provençale" et rappelé le fait que les langues régionales étaient désormais reconnues dans le marbre de la Constitution française comme faisant partie du patrimoine de la France.
Enfin, dans son discours fleuve intégralement prononcé en provençal, Jacques Mouttet, le capoulié (président), a longuement rappelé les racines du Félibrige avant d'accrocher la cigale d'or, l'insigne des majoraux, au revers de la veste de Michel Desplanches, très ému de recevoir cette nouvelle charge.
http://www.laprovence.com/article/salon-de-provence/michel-desplanches-nouvel-immortel-du-felibrige