Fecha de publicación: 02-ene-2011 0:48:46
29 Décembre 2010
Depuis 2004, les soirées patois font recette à Arsac-en-Velay.
Partout, le même emballement. Des salles de théâtre pleines à craquer. Les spectacles en patois exercent une attraction impressionnante. Pourquoi un tel succès? Le patois serait-il en voie de renaître? S'il reste une culture liée à ce patrimoine vernaculaire, elle appartient à une génération qui parlait couramment le patois. Il faudrait un choc culturel d'une ampleur sans commune mesure pour parler véritablement de renouveau.
Comment expliquer ce regain d'intérêt pour une langue dont la décadence s'avérait certaine voici peu de temps encore ?
Notre langue régionale est restée la langue de la majorité des habitants jusqu'à la fin du XIXe siècle dans les villes et même jusqu'au milieu du XXe siècle dans les villages et hameaux.
P. Nauton signalait en 1948 que dans le bourg de Saugues "les personnes de 60 ans parlent plus volontiers le patois que le français, celle de 40 ans sont, peut-on dire, des bilingues parfaits, quant aux jeunes de moins de 20 ans, ils comprennent le patois mais généralement, ils ne le parlent pas".
Si la pratique a partout fortement diminué, la connaissance n'en reste pas moins forte.
La cité d'Yssingeaux, portée par un élan industriel et commerciale, compte environ un millier de personnes qui parlent patois et près de la moitié de la population est sans doute capable de le comprendre.
Le recul du patois a été provoqué par le service militaire, l'irruption des médias, les changements socio-économiques bouleversant le contexte local traditionnel.
Le changement le plus déterminant a été l'école qui s'est livrée à une lutte acharnée contre les patois, faisant croire qu'ils constituaient une entrave à l'apprentissage du français, allant jusqu'à pratiquer brimades et humiliations envers ceux qui étaient surpris à parler patois.
Le virage s'est opéré dans les années 1970-1980 dans l'Education nationale.
Aujourd'hui, l'école bilingue Calendreta vellave au Puy dont l'objectif est de transmettre la langue occitane en assurant la scolarisation en occitan dès l'école maternelle, compte 22 élèves.
Mais le véritable apprentissage n'est-il pas la transmission familiale