Fecha de publicación: 13-dic-2010 5:00:55
12 décembre 2010
La commune de Villeneuve-lès-Maguelone défend sa signalétique occitane
« Plegarem pas, gardarem lou paneú ! » (« on ne pliera pas, on gardera le panneau ! ») Le centre de Villeneuve-lès-Maguelone résonnait hier matin de slogans en langue d’oc réclamant le maintien d’une double signalisation français-occitan aux entrées de la localité maritime de l’Hérault.
Plusieurs centaines de militants avaient répondu aux appels des organisations politiques, culturelles, éducatives qui composent la planète régionaliste. Objectif : apporter un soutien festif
mais ferme à la municipalité de Villeneuve en butte à un jugement du tribunal administratif lui enjoignant de supprimer sa signalétique en langue occitane... pour raison de sécurité.
Les drapeaux frappés de la croix occitane dominaient la petite foule réunie devant la mairie, mais des Catalans, Basques, Bretons, Provençaux et Corses avaient aussi fait le déplacement pour soutenir la défense des langues régionales. Ils se massaient derrière une banderole réclamant : « Avem dreit a la lenga nóstra » (« nous avons droit à notre langue »).
Autour du maire Noël Segura, fer de lance de la révolte villeneuvoise, les politiques faisaient aussi front uni, gauche, droite, écolos et chasseurs ceints de leurs écharpes tricolores ou rouge et jaune, couleurs du Languedoc-Roussillon.
Catherine Gleze et François Alfonsi, tous deux députés européens (Europe Ecologie-les Verts) parrainaient la manifestation en compagnie du député montpelliérain Jacques Domergue, des conseillers régionaux Marcel Mateu et Ferdinand Jaoul, des maires et adjoints Jean-Luc Meisonnier (Baillargues), Jean-Marcel Castet (Jacou), Philippe Saurel (Montpellier), Yvon Pellet (St-Geniès- des-Mourgues), Josette Claverie (représentant l’Agglo de Montpellier). Certains édiles étaient absents mais représentés comme les sénateurs Bruguières, Tropéano et Courteau. Ce dernier vient de déposer une proposition de loi, signée par soixante sénateurs, visant à conforter l’ouverture faite aux langues régionales.
Le monde culturel occitan était aussi largement représenté, notamment par Albert Arnaud (Institut d’études occitanes) ou encore Jean-Louis Blenet, président de la fédération des écoles occitanes (les calandretas). Enfin, une note de charme fut apportée à cette expression identitaire, avec la présence de Jenna Sylvestre, Miss Languedoc et dauphine de Miss France 2011.
Plusieurs discours enflammés furent prononcés sur le parvis de la mairie. « Nous avons le droit de défendre les langues qui ont fait ce que nous sommes » a déclaré Noël Ségura. Décortiquant le jugement du tribunal administratif, l’élu corse François Alfonsi estimait que « l’on se sert d’un prétexte pour interdire une liberté. C’est ce qu’on constate en Chine tous les jours... »
Le député Domergue fustigeait pour sa part « une décision stupide du tribunal » et haranguait la foule d’un vigoureux : « Continuons le combat ! » Les panneaux Villanóva-de-Magalona sont sous bonne garde.
Patrick NAPPEZ
http://www.midilibre.com/articles/2010/12/12/A-LA-UNE-Plegarem-pas-gardarem-lou-pane-1479933.php5