Dans les traditions ésotériques, les anges appartiennent au vaste règne des dévas, une évolution parallèle à l’évolution humaine.
Le mot déva, issu du sanskrit deva, signifie notamment « être lumineux » ou « être divin ». Il désigne une immense diversité d’êtres spirituels qui participent, à différents niveaux, à la vie et à la construction de la manifestation.
Le règne dévique comprend ainsi des êtres très différents : des vies élémentales, des esprits de la nature et des dévas qui œuvrent à la construction des formes, jusqu’aux grandes intelligences angéliques et archangéliques.
Les vies élémentales sont liées aux forces fondamentales qui animent la nature et à la construction des formes. Les esprits de la nature sont notamment associés aux règnes minéral, végétal et animal ainsi qu’aux quatre éléments — terre, eau, air et feu. Dans la tradition ésotérique, différentes appellations leur ont été données selon les cultures : gnomes, ondines, sylphes, salamandres, fées, lutins ou autres êtres de la nature. Steiner décrit par exemple les gnomes comme des êtres liés aux forces terrestres, les ondines et les nymphes aux forces de l’eau, et les sylphes aux forces de l’air.
Ces êtres participent à l’animation et à l’évolution de la nature sous la direction d’intelligences déviques plus élevées. Aïvanhov évoque notamment les anges associés aux quatre éléments et leur action sur les forces de la nature.
Les dévas jouent ainsi un rôle essentiel dans la manifestation : ils travaillent avec la substance et les formes, contribuant à leur construction, à leur organisation et à leur évolution. Alice Bailey décrit cette évolution dévique comme une grande ligne d’évolution parallèle à celle de l’humanité, avec laquelle elle est appelée à développer une coopération croissante.
Humain et déva suivent donc deux voies évolutives distinctes, tout en participant ensemble à l’évolution de la Terre.
Parmi l’immense diversité du règne dévique se trouvent les anges, qui constituent une catégorie particulière d’êtres spirituels.
Le règne dévique comprend une multitude de degrés et de groupes d’êtres, dont les fonctions et le niveau de conscience diffèrent considérablement. Les anges constituent l’un de ces grands groupes, au sein d’une hiérarchie qui s’étend des êtres les plus proches de l’humanité jusqu’aux grandes intelligences spirituelles qui œuvrent à l’échelle de la Terre, des systèmes solaires et des galaxies.
Selon Aïvanhov, un ange est une créature immortelle, faite d’une matière extrêmement pure et subtile. Les anges vivent dans la lumière et dans la joie absolue. Ils ne connaissent pas la souffrance, leur pureté les rend inaccessibles aux troubles et aux perturbations de la nature inférieure. On trouve les anges à partir des régions supérieures du plan astral, là où la matière devient suffisamment subtile pour accueillir leur nature lumineuse, jusqu’aux niveaux les plus élevés de la manifestation.
Les Anges sont les êtres angéliques les plus proches de l’humanité. Ils peuvent accompagner les êtres humains dans leur évolution et intervenir dans les différents domaines de la vie terrestre. Aïvanhov les décrit comme les êtres les plus accessibles de la hiérarchie angélique. Steiner les situe également immédiatement au-dessus de l’être humain dans l’ordre des hiérarchies spirituelles.
Au-dessus des anges se trouvent les Archanges, dont l’action s’étend à des domaines plus vastes. Ils sont notamment associés aux grandes forces qui agissent sur la Terre et dans la nature. Parmi eux, nous trouvons les quatre Archanges qui rythment le cycle annuel : Raphaël, Uriel, Mikhaël et Gabriel.
Dans l’anthroposophie de Rudolf Steiner, les Archai, ou « Esprits de la Personnalité », constituent une hiérarchie située au-dessus des Archanges. Steiner leur attribue notamment une fonction dans l’évolution des époques humaines : ils sont liés au Zeitgeist, l’Esprit de l’époque, et agissent sur les grandes impulsions qui caractérisent une période de l’humanité.
Au-dessus des Archai se trouvent d’autres hiérarchies spirituelles : les Esprits de la Forme, les Esprits du Mouvement, les Esprits de la Sagesse, puis les Trônes, les Chérubins et les Séraphins. Cette organisation en trois grandes hiérarchies de trois degrés chacune est notamment développée par Steiner dans le cadre de l’ésotérisme chrétien.
Dans l’anthroposophie de Rudolf Steiner, les Archai, ou « Esprits de la Personnalité », correspondent aux Principautés de la tradition angélique chrétienne. Ils constituent une hiérarchie située au-dessus des Archanges. Steiner les associe notamment au Zeitgeist, l’Esprit de l’époque, et aux grandes impulsions qui caractérisent les différentes périodes de l’évolution humaine.
Au-dessus des Archai se trouvent les Esprits de la Forme, ou Puissances, les Esprits du Mouvement, ou Vertus, et les Esprits de la Sagesse, ou Dominations. Ces trois degrés constituent la deuxième hiérarchie dans la classification de Steiner.
Au-dessus d’eux se trouvent les Trônes, les Chérubins et les Séraphins, qui constituent la hiérarchie spirituelle la plus élevée. Aïvanhov insiste sur l’immense différence d’échelle qui sépare ces grandes intelligences des êtres humains : certaines œuvrent à l’échelle des systèmes solaires et des galaxies. Il décrit les Séraphins comme des êtres dont le passage peut produire une illumination profonde chez celui qui parvient à percevoir leurs radiations.
Parmi les êtres déviques évoqués dans l’enseignement d’Alice Bailey, les Anges solaires, ou Agnishvattas occupent une place particulière. Ils constituent une catégorie spécifique de dévas du plan mental et jouent un rôle essentiel dans l’évolution de la conscience humaine. Bailey les présente notamment comme les Constructeurs du corps égoïque : leur travail permet l’union des principes supérieurs et inférieurs de l’être humain, ainsi que le développement de la conscience de soi et du corps causal.
La hiérarchie angélique apparaît ainsi comme un vaste ensemble d’êtres et d’intelligences, dont les fonctions s’étendent de l’accompagnement de l’être humain au travail cosmique sur les grandes forces de la manifestation.
Les différentes traditions utilisent des classifications et des appellations parfois différentes pour désigner ces hiérarchies. Elles se rejoignent cependant sur une idée essentielle : entre l’être humain et les réalités divines s’étend un vaste monde d’intelligences spirituelles, organisé selon différents degrés de conscience et de fonction.
Le nom Raphaël vient de l’hébreu Rafa-El et signifie « Dieu guérit ». Il associe la racine rafa, « guérir », à El, « Dieu ». Son nom exprime donc déjà l’essence de sa fonction : il est associé à la guérison, à la restauration et aux forces qui permettent à la vie de retrouver son équilibre.
Raphaël est l’un des trois Archanges nommés dans la tradition chrétienne, avec Michel et Gabriel. Il apparaît principalement dans le Livre de Tobie, où il accompagne le jeune Tobie au cours d’un voyage. Il se présente alors sous une apparence humaine et prend le nom d’Azarias. Au terme du récit, il révèle sa véritable identité et explique avoir été envoyé pour accompagner, protéger et guérir.
Le récit de Tobie constitue le fondement de la plupart des représentations traditionnelles de Raphaël. Il y apparaît à la fois comme compagnon de voyage, guide et guérisseur. Il accompagne Tobie sur son chemin, lui indique comment utiliser le poisson qu’il a capturé et contribue ainsi à la guérison de son père Tobit ainsi qu’à la délivrance de Sara d’une influence démoniaque.
Cette dimension de guide est importante : Raphaël n’est pas seulement celui qui guérit une maladie déjà installée. Il accompagne l’être humain sur son chemin et l’aide à traverser les épreuves qui jalonnent son parcours.
Dans l’iconographie chrétienne, il est donc fréquemment représenté aux côtés de Tobie, avec un bâton de voyage et le poisson qui rappelle l’épisode biblique. Le poisson est devenu l’un de ses principaux attributs, tandis que le bâton évoque son rôle de compagnon et de guide.
Dans l’anthroposophie de Rudolf Steiner, cette dimension de guérison prend une portée beaucoup plus vaste. Raphaël est présenté comme le grand médecin cosmique et comme une figure étroitement associée à la guérison. Steiner le relie à Mercure, dont le caducée devient entre ses mains un symbole des forces de guérison.
Raphaël apparaît ainsi comme une figure située à la rencontre de plusieurs dimensions : la guérison du corps, l’accompagnement de l’être humain, le cheminement et la restauration d’un équilibre intérieur.
Raphaël est l’Archange du printemps, associé à Pâques, qui constitue le point spirituel majeur de cette période. Steiner décrit Raphaël comme le grand représentant des forces de guérison qui se déploient dans la nature au printemps.
Le printemps correspond à la résurrection de la vie. Après la contraction de l’hiver, la nature se réveille, les forces vitales remontent et la Terre entre dans une nouvelle phase d’expansion. Raphaël accompagne ce mouvement en faisant pénétrer dans les forces de la nature les forces de guérison qui sont particulièrement actives à cette époque.
Le moment cardinal qui lui est associé est l’équinoxe de printemps, qui marque l’entrée du Soleil dans le Bélier. Le Bélier inaugure la croix cardinale et ouvre un nouveau cycle : la vie se remet en mouvement, l’impulsion nouvelle surgit et ce qui était contenu dans la Terre durant l’hiver commence à se manifester.
Cette transition entre les Poissons, dernier signe du zodiaque, et le Bélier, premier signe, exprime elle aussi le passage d’un cycle à un autre. Les Poissons correspondent à l’achèvement et à la dissolution de ce qui est arrivé au terme de son parcours ; le Bélier porte l’impulsion qui fait naître un commencement nouveau. Le printemps traduit dans la nature ce passage entre la fin d’un cycle et l’émergence d’une vie nouvelle.
Le poisson qui accompagne traditionnellement Raphaël peut prendre ici une résonance particulière. Dans le récit de Tobie, il est l’instrument d’une guérison : ses organes sont utilisés pour chasser le mal et rendre la vue à Tobit. Le poisson peut évoquer, dans cette lecture, les forces qui remontent des profondeurs du cycle achevé pour devenir une puissance de guérison et préparer la renaissance.
Cette correspondance est renforcée par le lien que Steiner établit entre Raphaël et Mercure. Il présente Raphaël comme le Mercure de la tradition chrétienne et lui attribue le bâton de Mercure. Au printemps, ce bâton s’élève dans les hauteurs de l’air et devient pour ainsi dire un serpent de feu, par lequel Raphaël agit sur les forces de l’air, du feu, de l’eau et de la terre pour les transformer en forces de guérison.
Or, dans l’astrologie ésotérique d’Alice Bailey, Mercure est le régent ésotérique du Bélier. Mercure établit ainsi un pont particulièrement significatif entre Raphaël, le printemps et le premier signe du zodiaque : il relie l’impulsion nouvelle du Bélier à l’intelligence qui éclaire, oriente et conduit vers les mystères.
Raphaël porte donc dans le cycle du printemps une double dynamique : la guérison de ce qui doit être restauré et l’impulsion qui permet à une vie nouvelle de prendre naissance.
Tobie entreprend un voyage accompagné par un homme qui semble être un simple compagnon de route. Cet homme est en réalité Raphaël, envoyé pour l’aider dans sa mission. Au cours du voyage, Tobie capture un poisson dont Raphaël lui demande de conserver certaines parties. Elles serviront ensuite à guérir son père Tobit de sa cécité et à délivrer Sara du démon qui la tourmente.
Le poisson devient ainsi un symbole essentiel de Raphaël. Il représente directement le pouvoir thérapeutique qui lui est associé dans le récit biblique, mais il peut aussi être lu, dans une perspective plus symbolique, comme une image de ce qui demeure vivant dans les profondeurs et que l’être humain doit apprendre à reconnaître et à utiliser pour retrouver son équilibre.
Le poisson fait également écho au signe des Poissons et à l’ère des Poissons, étroitement associés au Christ et au christianisme. Alice Bailey relie en effet les Poissons à la manifestation du Christ incarné, ainsi qu’au processus de libération de l’âme hors de la forme. Le poisson peut alors évoquer à la fois l’énergie christique de l’amour et du salut, et le mouvement de purification et de libération qui conduit à la guérison.
Chez Raphaël, cette symbolique prend une résonance particulière : le poisson qui permet la guérison de Tobit et la délivrance de Sara devient l’image d’une force qui libère ce qui était entravé et restaure l’harmonie de l’être.
Le bâton de voyage constitue un autre attribut traditionnel. Raphaël est celui qui marche aux côtés de Tobie et lui montre le chemin. Il incarne donc une présence qui accompagne sans accomplir le parcours à la place de l’être humain.
Chez Steiner, cette symbolique du chemin et de la guérison prend une dimension beaucoup plus cosmique. Raphaël porte le caducée de Mercure, qui devient au printemps une sorte de serpent de feu dans les hauteurs de l’air. Steiner décrit alors Raphaël comme celui qui travaille avec les forces de l’air, du feu, de l’eau et de la terre pour les transformer en forces de guérison.
Le symbolisme de Raphaël s’organise donc autour d’une même idée : accompagner un processus de transformation qui permet à la vie de retrouver son harmonie.
Au printemps, Raphaël agit dans les forces de la nature qui accompagnent le réveil de la vie. Aïvanhov décrit son action comme une force de régénération qui libère les énergies demeurées concentrées dans la nature pendant l’hiver. Sous son influence, la graine s’ouvre, le germe apparaît et la vie recommence à se déployer dans les racines, les tiges, les feuilles, les fleurs et les fruits.
Cette résurrection de la nature constitue aussi une image de la renaissance intérieure de l’être humain. Le printemps invite à laisser mourir ce qui est ancien et devenu inutile afin de libérer les forces nouvelles qui permettront une nouvelle croissance. Raphaël est ainsi associé aux forces de guérison et de renouvellement qui traversent la nature à cette période.
Rudolf Steiner présente Raphaël comme le grand médecin cosmique. Au printemps, il agit dans les hauteurs de l’air avec le bâton de Mercure, devenu une sorte de serpent de feu. Il travaille avec les forces de l’air, du feu, de l’eau et de la terre afin de les transformer en forces de guérison qui se déploient dans le cosmos.
Ces forces poursuivent ensuite leur course autour de la Terre et atteignent l’être humain lorsque vient l’automne. À cette période, Mikaël devient l’Archange cosmique de l’automne, tandis que Raphaël agit dans l’intériorité humaine. Les forces qu’il avait éveillées au printemps se manifestent alors particulièrement dans le système respiratoire.
Il existe ainsi une véritable complémentarité entre les deux Archanges : tandis que Mikaël agit dans le cosmos pendant sa saison, Raphaël travaille au cœur de l’être humain. Le souffle devient alors le lieu où celui-ci peut reconnaître intérieurement les forces de guérison déployées dans le cosmos au printemps.
Cette circulation des forces à travers le cycle annuel donne tout son sens à la relation entre Raphaël et Mikaël. Au printemps, Raphaël œuvre dans la nature ; à l’automne, lorsque Mikaël règne dans les hauteurs, Raphaël accompagne intérieurement l’être humain.
Le souffle devient un lieu de rencontre entre le monde extérieur et l’être humain. À chaque respiration, l’air entre dans le corps, y accomplit son œuvre et repart vers le monde extérieur. Cette circulation fait écho au mouvement de flux et de reflux entre l’être humain et le cosmos.
Raphaël prend ainsi place dans le cycle annuel comme une force de renaissance, de régénération et de guérison : au printemps, il libère les forces de vie contenues dans la nature ; à l’automne, il les accompagne dans l’être humain à travers le mystère du souffle.
La mission de Raphaël auprès de l’être humain apparaît déjà dans le Livre de Tobie : il accompagne Tobie sur son chemin, le protège des dangers, le conduit vers Sara et lui transmet les moyens de guérir son père et de délivrer sa future épouse. Lorsqu’il révèle finalement son identité, il explique avoir été envoyé pour apporter la guérison.
Raphaël accompagne donc l’être humain dans les passages où quelque chose doit être libéré, restauré ou réharmonisé. La guérison de Tobit rétablit la vue ; la délivrance de Sara lui permet de sortir de ce qui entravait son existence ; le voyage de Tobie le conduit vers une nouvelle étape de sa vie.
La guérison prend ainsi une dimension intérieure. Elle concerne ce qui empêche l’être humain de voir clairement, d’aimer librement, de rencontrer l’autre et de poursuivre son chemin.
Le lien de Raphaël avec le printemps renforce cette dimension. Comme la nature qui sort de son retrait hivernal, l’être humain peut retrouver en lui une force de vie nouvelle lorsque ce qui était figé ou entravé recommence à circuler.
Dans la perspective de Steiner, les forces de guérison sont intimement liées au souffle. Le système respiratoire devient le lieu où l’être humain peut reconnaître intérieurement les forces de guérison qui agissent dans le cosmos au printemps. Respirer, c’est recevoir le monde extérieur en soi et lui rendre quelque chose en retour ; c’est établir un échange permanent entre l’intérieur et l’extérieur.
Raphaël accompagne ainsi un mouvement qui conduit de la restauration du corps vers une harmonie plus profonde de l’être. Sa présence peut être invoquée dans les périodes où l’on cherche à retrouver son équilibre, à traverser une épreuve, à libérer une entrave ou à reprendre un chemin interrompu.
Son énergie est celle d’une guérison qui remet la vie en mouvement.
Dans le Livre de Tobie, Raphaël apparaît d’abord comme un compagnon de voyage. Tobie cherche quelqu’un qui connaisse la route vers la Médie et rencontre Raphaël sans savoir qu’il est un Archange. Raphaël connaît le chemin, l’accompagne tout au long du voyage et veille sur lui dans les différentes étapes de son parcours.
Cette fonction de compagnon a donné naissance à une importante tradition de protection des voyageurs. Raphaël est invoqué pour accompagner ceux qui prennent la route, ceux qui partent loin de chez eux et, plus largement, ceux qui traversent une période de transition ou s’engagent dans une nouvelle étape de leur existence.
Il est également traditionnellement associé aux malades, aux médecins, aux pharmaciens et aux professions liées au soin, ainsi qu'aux personnes atteintes de troubles de la vue. Ces associations découlent directement de son rôle de guérisseur dans le Livre de Tobie.
Raphaël est aussi devenu un protecteur des jeunes gens, en particulier lorsqu’ils quittent leur foyer et commencent leur propre chemin. Le voyage de Tobie, qui quitte sa famille, découvre le monde, rencontre Sara et fonde à son tour un foyer, constitue le modèle de cette tradition.
Son lien avec les rencontres et l’amour apparaît également dans le récit de Tobie. C’est Raphaël qui accompagne Tobie vers Sara et lui permet de sortir de l’emprise du démon qui empêchait son union. Il est ainsi devenu, dans certaines traditions, un intercesseur pour les rencontres heureuses et les relations amoureuses.
Parmi les lieux particulièrement liés à Raphaël, Cordoue occupe une place remarquable. L’Archange y est vénéré comme le protecteur de la ville et de nombreux monuments lui sont consacrés. Le plus célèbre, le Triomphe de saint Raphaël, se trouve près de la mosquée-cathédrale et de l’arc de triomphe. Élevé en action de grâce après une épidémie de peste, il témoigne du lien établi entre Raphaël, la protection de la cité et la guérison.
À Cordoue comme dans la tradition issue du Livre de Tobie, Raphaël apparaît donc sous plusieurs visages complémentaires : le médecin, le protecteur, le guide et le compagnon de route.
Raphaël préside à l’ensemble du printemps, et son action peut être mise en résonance avec les trois signes qui accompagnent cette saison : Bélier, Taureau et Gémeaux. Chacun exprime une étape particulière du mouvement de renaissance et de guérison qu’il incarne.
Raphaël et le Bélier : l’impulsion de la vie
Le printemps commence avec le Bélier, premier signe du zodiaque. Il porte l’impulsion première, le jaillissement de la vie et la force qui permet à un nouveau cycle de commencer.
Cette dynamique correspond à l’action de Raphaël au moment où la nature sort de son sommeil. Les forces qui étaient demeurées concentrées dans la graine pendant l’hiver se libèrent et permettent au germe d’apparaître. La vie reprend son mouvement.
Le Bélier représente ainsi la renaissance, l’élan et la capacité à entrer dans un cycle nouveau. Raphaël en exprime la dimension de guérison : il libère les forces de vie qui permettent à ce qui était en sommeil de retrouver son mouvement.
Cette correspondance est renforcée par le lien de Raphaël avec Mercure, auquel il est traditionnellement associé dans l’enseignement ésotérique. Or Mercure est le régent ésotérique du Bélier chez Alice Bailey : il conduit vers la compréhension et vers les mystères qui se trouvent derrière la forme.
Raphaël et le Taureau : la croissance et l’incarnation
Avec le Taureau, l’impulsion du Bélier prend corps. La vie ne fait plus seulement son apparition : elle s’enracine, se nourrit et croît.
Le Taureau est lié à la force de vie, à la substance, à la fécondité et à la capacité de faire croître ce qui vient de naître. Dans la nature, le germe devient plante, les racines s’enfoncent dans la terre et la végétation se déploie.
Cette étape rejoint l’action de Raphaël dans les forces de la nature. Il ne représente pas seulement le réveil de la vie, mais aussi les forces qui permettent à cette vie de se régénérer, de croître et de retrouver sa plénitude.
Le Taureau apporte donc à l’impulsion du Bélier la stabilité et la substance nécessaires à son accomplissement. Raphaël accompagne ce passage de la naissance à la croissance, en favorisant l’harmonisation des forces qui permettent à la vie de se développer.
Raphaël et les Gémeaux : la circulation et le souffle
Avec les Gémeaux, le mouvement du printemps entre dans une nouvelle dimension. La vie ne se contente plus de croître : elle circule, s’échange et se met en relation.
Les Gémeaux sont gouvernés par Mercure et associés notamment à la respiration, aux poumons, aux échanges et à la circulation entre deux pôles. Cette correspondance prend une résonance particulière avec l’action de Raphaël dans le système respiratoire humain.
Rudolf Steiner décrit en effet les forces de Raphaël comme agissant au printemps dans le cosmos avant de parvenir, à l’automne, jusque dans la respiration humaine. Le souffle devient alors le lieu où l’être humain rencontre intérieurement les forces de guérison qui avaient été déployées dans le cosmos au printemps.
Le lien entre Raphaël, Mercure et les Gémeaux apparaît ici sous un jour particulièrement intéressant. Mercure est à la fois associé à Raphaël et au signe des Gémeaux ; il représente le mouvement, la relation, l’échange et la circulation. Le souffle traduit précisément cette dynamique : l’air entre dans le corps, circule en lui et retourne vers le monde extérieur.
Les Gémeaux peuvent ainsi être compris comme l’aboutissement du mouvement printanier de Raphaël : le Bélier fait naître, le Taureau fait croître, les Gémeaux mettent en circulation.
À travers ces trois signes, le printemps révèle alors les différentes dimensions de l’action de Raphaël : renaître, croître, circuler et retrouver l’harmonie de la vie. Du jaillissement de l’impulsion première à la circulation du souffle, son action accompagne le passage d’une vie encore contenue dans la graine à une vie pleinement déployée et reliée au monde.
Glorieux Archange saint Raphaël,
grand prince de la cour céleste,
illustre par les dons de la sagesse et de la grâce,
guide des voyageurs sur terre et sur mer,
consolation des malheureux et refuge des pécheurs,
je vous supplie de m’assister dans toutes mes nécessités
et les peines de cette vie,
comme vous avez soutenu le jeune Tobie dans ses pérégrinations.
Puisque vous êtes le remède de Dieu,
je vous prie humblement de guérir mon âme de ses nombreuses infirmités,
et mon corps des maux qui l’affligent,
si cette grâce me convient.
Je vous demande en particulier une angélique pureté
afin de mériter ainsi d’être le temple vivant du Saint-Esprit.
Ainsi soit-il.
Le nom Uriel signifie « Dieu est ma lumière ». Il est traditionnellement associé à la lumière divine, à l’intelligence et au feu.
Contrairement à Raphaël, Gabriel et Mikaël, Uriel n’est pas nommé dans les livres bibliques qui constituent le canon de la Bible catholique. Son nom apparaît dans plusieurs textes anciens, notamment dans 4 Esdras et dans le Livre d’Hénoch, où il occupe une place importante parmi les grandes intelligences célestes.
Dans 4 Esdras, Uriel est envoyé auprès du prophète Esdras pour répondre à ses interrogations sur les mystères divins, l’ordre du monde et le devenir de l’humanité. Il apparaît ainsi comme un messager de la sagesse et de la compréhension, conduisant l’être humain vers une connaissance qui dépasse les apparences.
Dans différentes traditions chrétiennes, Uriel est également associé au feu, à la lumière et à la connaissance spirituelle. Il est parfois représenté portant une flamme ou une épée de feu, symboles d’une lumière qui éclaire et d’un feu qui transforme.
Chez Aïvanhov, Uriel est l’Archange de la lumière et l’Archange de Malkhouth, la sphère de la Terre. Son action est intimement liée au feu qui anime la matière terrestre, fait mûrir les fruits et travaille au cœur même de la Terre dans la formation des métaux et des minéraux.
Uriel représente ainsi une lumière qui ne se contente pas d’éclairer le monde spirituel : elle pénètre la matière, révèle ce qui s’y trouve caché et transforme les forces terrestres.
Uriel est l’Archange de l’été, saison où la lumière solaire atteint son intensité maximale et où la nature déploie pleinement les forces de croissance accumulées depuis le printemps.
Son moment privilégié est le solstice d’été, lorsque le Soleil atteint le point le plus élevé de sa course annuelle. Quelques jours plus tard, le 24 juin, la fête de saint Jean-Baptiste célèbre traditionnellement cette période par les feux de la Saint-Jean.
Le feu constitue le grand symbole de cette saison. Il est celui du Soleil, de la chaleur qui fait mûrir les fruits et les céréales, mais aussi celui qui travaille dans les profondeurs de la Terre. Uriel règne sur ce feu terrestre, sur les forces qui transforment la matière et permettent l’élaboration des métaux et des minéraux.
L’été est donc le moment où la vie atteint son plein déploiement, mais aussi celui où les forces terrestres deviennent particulièrement puissantes. La lumière extérieure révèle alors ce qui se trouve dans la nature et met en mouvement des forces qui peuvent aussi se manifester dans l’être humain.
À la Saint-Jean, le feu extérieur devient l’image d’un feu intérieur. Celui-ci peut être celui de l’amour, de l’enthousiasme et de la vie, mais aussi celui des instincts et des passions. Le travail associé à Uriel consiste à transformer ce feu et à l’élever : le feu des passions peut devenir feu de l’amour divin, et l’énergie instinctive peut être mise au service d’une évolution intérieure.
Le solstice d’été marque ainsi un point de plénitude dans le cycle annuel : après la renaissance du printemps, la vie atteint son apogée avant d’amorcer progressivement son mouvement vers l’intériorisation.
Dans les traditions qui évoquent Uriel, son rôle de messager et d’instructeur apparaît avec une particulière netteté.
Dans 4 Esdras, il accompagne Esdras dans sa recherche de compréhension et répond à ses questions sur les mystères de l’existence. Uriel ne lui apporte pas seulement des réponses : il l’amène à élargir sa compréhension et à reconnaître les limites de ce que l’intelligence humaine peut saisir.
Cette fonction rejoint son association traditionnelle avec la lumière. La lumière révèle ce qui était caché, permet de distinguer les formes et rend la connaissance possible. Elle devient alors le symbole d’une conscience éclairée par une compréhension supérieure.
Le feu possède une fonction semblable. Il éclaire, mais il transforme aussi ce qu’il touche. Il consume ce qui doit disparaître et permet une nouvelle élaboration de la matière.
C’est pourquoi Uriel est souvent représenté avec une flamme ou un feu lumineux. Cette image exprime à la fois la connaissance, la transformation et la puissance d’une lumière capable de pénétrer les profondeurs.
Dans l’enseignement de Steiner, Uriel apparaît au cœur de la lumière rayonnante de l’été. Il se tient dans les hauteurs, au milieu de la lumière solaire, tandis que son regard se porte vers les profondeurs cristallines de la Terre. Son regard est grave et presque jugeant : il contemple les imperfections humaines en contraste avec l’ordre et la beauté des formes cristallines de la nature.
Cette image donne à Uriel une dimension morale particulière. Sa lumière ne sert pas seulement à éclairer : elle révèle, met en évidence les écarts entre ce que l’être humain est et ce qu’il pourrait devenir, et l’invite à transformer ses défauts en vertus.
Uriel apparaît ainsi comme une intelligence de la lumière qui conduit de la connaissance à la transformation, de la prise de conscience à l’élévation intérieure.
Au cœur de l’été, Uriel agit dans les forces qui parcourent la nature. Sa présence se manifeste dans la lumière, dans les nuages, dans la pluie, dans l’orage et dans la croissance des plantes. Les éléments de la nature deviennent alors les instruments d’une intelligence qui relie les forces terrestres aux forces cosmiques.
La lumière estivale révèle avec une intensité particulière les formes de la Terre. Les cristaux, les végétaux et les paysages semblent porter le reflet de cette intelligence qui descend des hauteurs. Uriel se tient précisément à cette rencontre entre le monde céleste et le monde terrestre.
Son action est particulièrement liée aux forces de croissance. Après la renaissance du printemps, la vie atteint en été son plein déploiement. Les plantes s’élèvent, les fruits mûrissent et les forces de la Terre se manifestent avec une grande intensité.
Mais cette activité ne reste pas extérieure à l’être humain. Les forces d’Uriel accomplissent un mouvement autour de la Terre et, au cours de l’hiver, remontent à travers elle pour agir dans la tête humaine.
Elles deviennent alors des forces qui éveillent l’intelligence et permettent à l’être humain de devenir, intérieurement, un véritable citoyen du cosmos. Ce qui était visible dans la nature pendant l’été devient une force intérieure de connaissance durant l’hiver.
Le cycle d’Uriel relie ainsi la nature et l’être humain : les forces qui rayonnent dans le monde extérieur pendant l’été deviennent, quelques mois plus tard, des forces de connaissance qui éclairent l’être humain de l’intérieur.
L’action d’Uriel accompagne l’être humain dans un passage de la perception extérieure à la connaissance intérieure.
En été, l’être humain se trouve plongé dans un monde où la lumière, la chaleur et la croissance manifestent avec puissance les forces de la nature. Puis, au fil du cycle annuel, ces forces se transforment et pénètrent progressivement dans l’intériorité humaine.
En hiver, les forces d’Uriel travaillent dans la tête. Elles permettent à l’être humain de porter en lui une image du cosmos et d’éveiller une forme de sagesse intérieure.
Cette transformation révèle une dimension essentielle de son action : Uriel ne transmet pas seulement la lumière, il permet à cette lumière de devenir conscience et compréhension.
Son regard sévère et son attitude de gardien rappellent aussi à l’être humain qu’une véritable connaissance implique une exigence intérieure. La lumière révèle ce qui est juste, mais elle révèle aussi les imperfections qui demandent à être transformées.
Uriel accompagne ainsi une évolution qui conduit de la perception à la compréhension, de la lumière extérieure à la lumière intérieure et de la connaissance du monde à une connaissance plus profonde de soi-même.
Son action invite l’être humain à devenir progressivement capable de penser avec le cosmos, en laissant les forces qui se manifestent dans la nature éveiller en lui une intelligence capable d’en reconnaître l’ordre et la sagesse.
Dans les traditions qui lui sont consacrées, Uriel apparaît comme un gardien de la lumière et de la connaissance. Son rôle est moins celui d’un compagnon qui marche aux côtés de l’être humain que celui d’une intelligence qui veille, éclaire et enseigne.
Dans le Livre d’Esdras, il répond aux interrogations du prophète et l’accompagne dans sa recherche des mystères divins. Il lui révèle certaines réalités tout en lui faisant comprendre que la connaissance humaine possède ses limites.
Cette fonction d’instructeur rejoint l’image d’Uriel dans l’enseignement de Steiner. Son regard sérieux et son attitude presque sévère rappellent à l’être humain la nécessité de porter un regard lucide sur lui-même.
Uriel ne vient donc pas seulement apporter du réconfort. Sa lumière met en évidence ce qui doit être vu. Elle révèle les déséquilibres, les imperfections et les illusions afin que l’être humain puisse les transformer.
Son rôle de gardien prend alors un sens intérieur : il veille sur la lumière de la conscience et sur la capacité de l’être humain à rester fidèle à ce qu’il reconnaît comme juste.
Uriel accompagne ainsi ceux qui cherchent à comprendre, à discerner et à faire de leur connaissance une force de transformation.
L’action d’Uriel peut être mise en résonance avec les trois signes qui accompagnent l’été : Cancer, Lion et Vierge.
Le Cancer ouvre la saison avec son lien à l’eau, à la matrice et à la vie intérieure. Il correspond au moment où les forces de vie, après leur expansion printanière, atteignent leur pleine expression dans la nature. Avec Uriel, cette dimension prend la forme d’une lumière qui pénètre la matière et révèle les forces qui l'animent.
Le Lion exprime ensuite la puissance solaire dans toute son intensité. Il représente la lumière, la chaleur, la créativité et la force rayonnante qui permet à la vie de s’affirmer pleinement. Uriel, Archange de l’été, se trouve au cœur de cette lumière solaire : son action accompagne le déploiement des forces qui atteignent leur apogée sous la puissance du Soleil.
Avec la Vierge, l’été entre dans une phase de maturation. La nature commence à recueillir et à transformer ce qui a été produit au cours des mois précédents. Le fruit arrive à maturité et porte en lui les semences du cycle à venir.
En astrologie ésotérique, la Vierge représente la vie divine cachée dans la matière et le processus par lequel cette vie mûrit jusqu’à révéler progressivement sa nature spirituelle. La matière n’est donc pas séparée de l’esprit : elle en constitue le réceptacle et le lieu de gestation.
Cette dimension rejoint profondément le symbolisme d’Uriel. Son action relie en effet les forces célestes aux forces terrestres. Sa lumière pénètre la matière, révèle les forces qui l’animent et accompagne leur transformation.
Uriel peut ainsi être associé au processus par lequel la lumière spirituelle descend dans la matière pour y faire mûrir la vie qu’elle contient. La Vierge représente cette gestation : ce qui est encore caché dans la forme se développe jusqu’au moment où sa nature véritable peut être révélée.
Le mouvement de l’été prend alors une nouvelle signification : le Cancer fait naître et nourrit, le Lion rayonne et accomplit, la Vierge recueille, fait mûrir et révèle la vie spirituelle contenue dans la matière.
Uriel accompagne ce passage de la lumière extérieure à une lumière qui commence à devenir intérieure. La matière, arrivée à maturité, devient progressivement capable de révéler l’esprit qui l'habite.
L’Église catholique ne reconnaît officiellement que trois Archanges nommément désignés dans les Écritures : Michel, Gabriel et Raphaël. Ils sont les trois Archanges célébrés dans la liturgie catholique, et aucune prière officielle de cette tradition n’est consacrée à l’Archange Uriel.
Dans la tradition orthodoxe, Uriel fait en revanche partie des grands Archanges célestes. L’Orthodox Church in America le présente comme l’Archange de l’illumination divine et rapporte, parmi les invocations transmises dans les écrits de plusieurs anciens, cette courte prière :
« Saint Archange Uriel, apporte la lumière de Dieu à nos esprits ! »
Les anges solaires sont donc des entités d'ordre spirituel élevé, possédant une conscience raffinée qui correspond à la substance matérielle qui les revêt. Afin de relier ceci à ce que j'ai dit précédemment, vous pouvez considérer les anges solaires comme formant collectivement le Seigneur Brahma de l'île de lotus. Ces anges sont désignés par différents noms tels : esprit planétaire, Asuras etc, mais pour se faire une idée exacte de leur nature, vous pouvez considérer qu'ils ont la même relation envers les Brahmins mondiaux, régénérés et libérés, ou Nirmanakayas, que ceux-ci envers l'humanité ordinaire : Ces anges étaient de tels Brahmins dans des Mahamanvantaras précédents ; ils passèrent d'énormes périodes à souffrir et travailler pour élever le niveau de la sagesse dans le monde, et de là émergèrent sous forme d'Anges du sein infini d'Aditi, selon l'impulsion karmique, après une période de Mahapralaya.
Quelques Pensées sur la Gîta, p. 137 (édition anglaise).
Le nom Mikhaël vient de l’hébreu Mikha-El et signifie « Qui est comme Dieu ? ». Il exprime la reconnaissance de la souveraineté divine et constitue, dans la tradition, la réponse à toute prétention de s’élever contre Dieu.
Mikhaël est l’un des trois Archanges nommément désignés dans la tradition chrétienne, avec Gabriel et Raphaël. Dans l’Ancien Testament, il apparaît comme le protecteur du peuple d’Israël et comme un grand chef des puissances célestes. Dans le Nouveau Testament, il intervient notamment dans l’Épître de Jude et dans l’Apocalypse.
Dans l’Apocalypse, une guerre éclate dans le ciel : Mikhaël et ses anges combattent le dragon, qui est finalement précipité sur la Terre avec ses anges. Le dragon y est identifié à l’ancien serpent, appelé le Diable et Satan.
Cette image a donné naissance à l’une des représentations les plus célèbres de l’Archange : Mikhaël terrassant le dragon, une épée ou une lance à la main, parfois accompagné d’un bouclier.
Son nom et son rôle expriment une même réalité : face aux forces qui cherchent à détourner la création de son ordre divin, Mikhaël représente la puissance qui affirme la lumière, la vérité et l’ordre spirituel.
Dans l’enseignement d’Omraam Mikhaël Aïvanhov, Mikhaël est l’Archange du Soleil, une puissance solaire particulièrement lumineuse. Il est celui qui combat le Dragon, symbole des forces destructrices accumulées par les êtres humains, et qui travaille à leur maîtrise. Aïvanhov le présente comme celui qui, avec son armée, contribue à la victoire des forces de la lumière.
Cette dimension solaire est également essentielle chez Aïvanhov : il associe l’Archange Mikhaël à l’esprit du Soleil et au principe du Christ solaire.
Mikhaël apparaît ainsi comme le gardien de la lumière, le combattant du Dragon, le défenseur de l’ordre divin et celui qui ouvre à l’être humain le chemin vers une conscience supérieure.
Mikhaël est l’Archange de l’automne, dont le point cardinal est l’équinoxe d’automne, lorsque le Soleil entre dans le signe de la Balance.
Cette période correspond dans la nature au temps des récoltes. Les fruits sont mûrs, les graines sont recueillies et les récoltes sont triées : ce qui est sain est conservé, tandis que ce qui est altéré est écarté.
Cette image du tri constitue l’un des grands symboles de Mikhaël. Aïvanhov associe l’entrée du Soleil en Balance au travail de séparation qui caractérise l’automne : distinguer le subtil de l’épais, le spirituel du matériel, et laisser mourir ce qui doit disparaître afin de libérer la vie véritable.
C’est également pourquoi Mikhaël est traditionnellement représenté avec une balance. Dans certaines représentations chrétiennes, il pèse les actes de l’être humain après sa mort : la balance devient alors l’image du jugement et du discernement.
L’automne devient ainsi une saison de bilan. Après l’expansion et la croissance des mois précédents, vient le moment où l’être humain peut regarder ce qu’il a produit, reconnaître la valeur de ses fruits et effectuer les séparations nécessaires.
La fête de saint Michel, célébrée le 29 septembre, se situe précisément à cette période de transition entre l’été et l’automne. Elle accompagne le mouvement par lequel la nature commence à se retirer de la manifestation extérieure et où l’être humain est appelé à trouver en lui-même les forces qui lui permettront de poursuivre son évolution.
Rudolf Steiner donne à ce passage une portée particulière. Lorsque la nature commence à se dépouiller et à perdre les forces qu’elle manifestait durant l’été, l’être humain est appelé à faire naître en lui une force intérieure capable de prendre le relais. Le mouvement de l’automne devient alors un passage de la conscience de la nature à la conscience de soi.
Mikhaël accompagne donc l’automne comme une force de discernement, de séparation et de maturité intérieure : il aide à reconnaître ce qui doit être conservé, ce qui doit être abandonné et ce qui peut devenir la semence d’un nouveau cycle.
L’image de Mikhaël terrassant le Dragon constitue le cœur de son symbolisme.
Dans l’Apocalypse, Mikhaël et ses anges combattent le Dragon, qui est précipité hors du ciel. Cette scène exprime la victoire des forces célestes sur les puissances qui s’opposent à l’ordre divin.
Dans l’enseignement d’Aïvanhov, le Dragon prend une dimension plus intérieure et cosmique. Il représente les forces destructrices accumulées au cours des âges par les pensées, les sentiments et les actes inférieurs des êtres humains. Ces forces forment un égrégore auquel les êtres humains donnent une part de leur énergie lorsqu’ils se laissent dominer par leur nature inférieure.
Mikhaël est celui qui peut dompter cette puissance. Aïvanhov insiste toutefois sur un point essentiel : il ne s’agit pas d’anéantir le Dragon, mais de le terrasser et de le maîtriser. Il en fait également le symbole de la maîtrise de la nature inférieure par la nature supérieure.
Le combat de Mikhaël devient alors une image du travail intérieur de l’être humain. Il ne s’agit pas de détruire les forces inférieures, mais de les empêcher de prendre le commandement et de les mettre au service d’une orientation plus élevée.
Rudolf Steiner donne à cette image une dimension cosmique particulière. Le Dragon représente notamment une force liée au soufre, à la chaleur et aux tendances instinctives qui peuvent entraîner l’être humain vers une conscience purement naturelle. Mikhaël lui fait face avec une épée forgée à partir du fer météorique, symbole d’une force cosmique capable de transformer la relation de l’être humain à la matière.
L’épée de Mikhaël devient ainsi une épée de discernement. Elle sépare, tranche et montre une direction. Elle indique le chemin qui conduit de la nature instinctive vers une nature humaine plus élevée.
Le combat contre le Dragon n’est donc pas seulement un affrontement entre deux puissances extérieures. Il représente aussi le combat intérieur par lequel l’être humain apprend à reconnaître ses forces inférieures, à les maîtriser et à orienter sa volonté vers la lumière.
Au moment où l’été s’achève, les forces de la nature commencent à se retirer. Les plantes cessent progressivement leur expansion, les feuilles tombent et la vie extérieure entre dans un mouvement de dépouillement.
Mikhaël apparaît précisément à ce moment de transition. Il accompagne le passage entre la plénitude de l’été et l’intériorisation de l’automne.
Dans la vision de Rudolf Steiner, son apparition est liée aux forces cosmiques qui descendent vers la Terre sous la forme du fer météorique. Les pluies de météores de la fin de l’été et du début de l’automne deviennent l’image visible d’une force qui vient s’opposer aux puissances de nature représentées par le Dragon. Le fer météorique devient la matière de l’épée de Mikhaël.
Cette image établit un lien entre le cosmos et le corps humain. Steiner associe le fer au sang humain et à l’impulsion de liberté. Le fer cosmique de Mikhaël trouve son reflet dans le fer présent dans l'organisme humain : la force qui agit dans le cosmos devient ainsi une force susceptible d’être éveillée intérieurement.
L’automne constitue donc un moment où les forces extérieures de la nature diminuent tandis qu’une force intérieure peut s’éveiller dans l’être humain.
La nature se retire, mais l’être humain peut trouver en lui-même une force nouvelle pour poursuivre son chemin. Le mouvement de Mikhaël accompagne cette transformation : ce qui était donné par la nature durant l’été doit désormais être repris par l’activité consciente de l’être humain.
Le cycle de Mikhaël fait ainsi passer de la force extérieure à la force intérieure, de l’abondance naturelle à la maîtrise consciente et de la dépendance aux forces de la nature à l’éveil de la liberté.
L’action de Mikhaël accompagne l’être humain dans le développement de sa force intérieure et de sa liberté.
Durant le printemps et l’été, l’être humain peut se laisser porter par les forces de la nature. Il participe à leur croissance, à leur expansion et à leur rayonnement. Lorsque vient l’automne, la nature commence à se retirer et lui demande en quelque sorte de trouver en lui-même ce qu’elle lui apportait jusque-là.
C’est dans ce passage que se situe l’impulsion de Mikhaël. Rudolf Steiner décrit l’automne comme le moment où la conscience de la nature doit se transformer en conscience de soi. L’être humain ne peut plus simplement suivre le mouvement naturel : il doit devenir capable d’éveiller en lui une force spirituelle autonome.
Le fer joue ici un rôle symbolique majeur. Steiner le relie à l’impulsion de liberté : le fer présent dans le sang donne à l’être humain la possibilité de transformer une impulsion intérieure en une action dans le monde. Le fer de Mikhaël devient ainsi le symbole d’une force qui permet de passer de la perception à l’action et de l’instinct à la volonté consciente.
Mais l’œuvre de Mikhaël ne concerne pas seulement l’évolution individuelle. Aïvanhov lui attribue également une mission cosmique de purification de la Terre.
Selon son enseignement, au cours des siècles, les pensées, les sentiments et les actes destructeurs accumulés par les êtres humains ont contribué à former un immense égrégore symbolisé par le Dragon. Cette puissance collective se nourrit des forces inférieures auxquelles l’humanité continue de donner vie.
Aïvanhov affirme que seul l’Archange Mikhaël est capable de dompter cet égrégore. Avec son armée, il doit accomplir une œuvre qui dépasse les possibilités de l’être humain : purifier la Terre et conduire à la victoire des forces de la lumière sur celles qui se sont accumulées au cours des âges.
Cette victoire ne signifie pas la destruction du mal. Aïvanhov précise que Mikhaël ne tue pas le Dragon : il le terrasse et le maîtrise. Le même principe s’applique au travail intérieur de l’être humain. Il ne s’agit pas d’anéantir sa nature inférieure, mais de la dompter afin que ses forces puissent être mises au service de la nature supérieure.
L’être humain peut toutefois participer à cette œuvre. Aïvanhov l’invite à se relier à Mikhaël, à demander sa protection et à consacrer ses énergies à la lumière, à la bonté et à la fraternité. Chaque être humain qui choisit consciemment ces forces contribue, à son niveau, au travail de purification qui prépare la victoire annoncée.
Mikhaël accompagne donc une double évolution : celle de l’être humain qui apprend à maîtriser ses forces inférieures et celle de l’humanité qui doit progressivement se libérer des forces destructrices qu’elle a elle-même nourries.
Son œuvre conduit de la maîtrise de soi à la transformation collective, de la liberté individuelle à la participation consciente à une évolution plus vaste de la Terre.
Mikhaël est traditionnellement considéré comme un protecteur, un défenseur et un chef des armées célestes.
Dans le Livre de Daniel, il apparaît comme le grand prince qui se tient auprès du peuple de Dieu. Dans l’Apocalypse, il dirige les anges dans leur combat contre le Dragon. Dans la tradition chrétienne, cette fonction lui a valu d’être invoqué comme protecteur contre les forces du mal.
Il est particulièrement associé aux situations qui demandent courage, force intérieure, discernement et protection spirituelle.
Dans de nombreuses représentations, il porte une épée et un bouclier. L’épée exprime la puissance de la lumière qui tranche l’erreur et indique la direction juste ; le bouclier représente la protection contre les forces qui cherchent à pénétrer dans l’espace intérieur.
Aïvanhov invite l’être humain à se relier à Mikhaël et à demander sa protection afin de participer lui-même au travail des forces de la lumière. Pour lui, cette participation ne dépend d’aucune appartenance religieuse particulière : elle concerne tous ceux qui œuvrent consciemment en faveur de la lumière, de la bonté et de la fraternité.
Mikhaël apparaît ainsi moins comme une figure qui accomplit le travail à la place de l’être humain que comme une puissance à laquelle celui-ci peut s’unir intérieurement.
Sa protection consiste aussi à donner la force de regarder avec lucidité ce qui se passe en soi, de reconnaître les influences qui détournent de l’essentiel et de retrouver une orientation juste.
Il accompagne particulièrement les moments où l’être humain doit prendre une décision, affronter une épreuve, se libérer d’une influence ou faire preuve de courage pour rester fidèle à une direction intérieure.
Mikhaël est donc à la fois défenseur, gardien, guide et compagnon du combat intérieur qui conduit l’être humain vers davantage de liberté et de lumière.
Mikhaël et les signes astrologiques de l’automne
Mikhaël préside à l’ensemble de l’automne, et son action peut être mise en résonance avec les trois signes qui accompagnent cette saison : Balance, Scorpion et Sagittaire.
Ils décrivent trois étapes d’un même mouvement : discerner la voie juste, affronter les forces qui s’y opposent et orienter sa volonté vers un but supérieur.
La Balance : le discernement et le choix de la voie
La Balance ouvre l’automne avec une expérience essentielle : celle du choix.
Dans l’astrologie ésotérique d’Alice Bailey, elle représente le point d’équilibre entre les paires d’opposés et le moment où apparaît pour la première fois la vision véritable du Chemin.
L’être humain apprend à peser les valeurs, à discerner ce qui est juste et à trouver la voie étroite qui passe entre les deux grandes lignes de force.
Il ne s’agit plus de suivre spontanément une impulsion, mais de choisir consciemment l’orientation à donner à sa vie.
La Balance est ainsi étroitement liée à la justice, au jugement et au discernement.
La balance de Mikhaël prend ici une résonance particulière : elle symbolise la capacité à reconnaître la valeur véritable des actes, des pensées et des intentions, à distinguer ce qui doit être conservé de ce qui doit être abandonné.
Cette fonction rejoint également le symbolisme de l’automne et de la récolte.
Lorsque les fruits sont mûrs, vient le moment de les examiner, de recueillir ce qui est arrivé à maturité et de laisser de côté ce qui est impropre à être conservé.
La Balance constitue ainsi un point de bascule : l’être humain prend conscience des forces qui agissent en lui et choisit délibérément la direction qu’il souhaite suivre.
La parole de l’âme donnée par Bailey exprime cette orientation : « Je choisis la voie qui conduit entre les deux grandes lignes de force. »
Le Scorpion : le combat et la victoire
Avec le Scorpion, le choix devient épreuve.
La voie ayant été reconnue, l’être humain doit maintenant affronter les forces qui l’empêchent de la suivre.
Dans l’astrologie ésotérique d’Alice Bailey, le Scorpion est le signe du combat du disciple.
Il plonge dans les profondeurs de l’être et confronte les forces de la nature inférieure : les désirs, les attachements, les illusions et tout ce qui cherche à reprendre le contrôle de la conscience.
Le Scorpion représente donc un véritable travail de maîtrise.
La force qui doit être vaincue n’est pas extérieure à l’être humain : elle se trouve en lui et doit être reconnue, affrontée puis transformée.
Cette dimension entre directement en résonance avec le Dragon de Mikhaël.
Le Dragon représente, dans l’enseignement d’Aïvanhov, les forces destructrices accumulées par l’humanité et nourries par les pensées, les sentiments et les actes issus de sa nature inférieure.
Sur le plan individuel, le même principe se retrouve dans la nécessité de maîtriser les forces qui cherchent à détourner l’être humain de son orientation spirituelle.
Le Scorpion est ainsi le signe de la confrontation avec l’ombre et de la victoire sur ce qui entrave l’évolution.
Son expérience ne conduit pas à la destruction de la force inférieure, mais à sa maîtrise et à sa transformation.
La parole de l’âme donnée par Bailey résume cette dynamique avec une grande force : « Je suis le Guerrier et de la bataille je sors victorieux. »
Mikhaël apparaît alors comme une figure particulièrement puissante de cette victoire : il terrasse le Dragon, maîtrise les forces adverses et permet à la lumière de reprendre sa place.
Le Sagittaire : la direction et l’élévation
Après le combat du Scorpion vient le Sagittaire, signe de la direction et de l’orientation consciente de la force.
L’expérience du combat a permis de libérer une énergie qui ne doit plus être dispersée.
Le Sagittaire lui donne une direction et la concentre vers un but.
Dans l’astrologie ésotérique d’Alice Bailey, le Sagittaire est celui qui voit le but, atteint le but et en découvre un autre.
La conscience cesse ainsi de se laisser attirer par une multitude de directions contradictoires et devient capable de se concentrer sur une intention clairement reconnue.
L’arc et la flèche expriment cette concentration.
La force qui a été maîtrisée dans le Scorpion est désormais orientée vers une cible précise.
Le Sagittaire représente ainsi le passage du combat à la direction, puis de la direction à l’accomplissement.
Cette dynamique fait écho à l’épée de Mikhaël.
L’épée ne représente pas seulement le combat : elle indique aussi une direction, tranche ce qui détourne de l’essentiel et permet à la volonté de s’engager résolument dans une voie.
Le Sagittaire prépare ainsi l’étape suivante du cycle, le Capricorne, où s’ouvre le chemin de l’initiation et où la montagne devient le symbole de l’ascension vers un sommet de conscience.
La parole de l’âme du Sagittaire exprime cette progression : « Je vois le but, j’atteins le but et j’en vois un autre. »
L’automne dessine ainsi un mouvement cohérent : la Balance discerne et choisit la voie, le Scorpion affronte et maîtrise les forces qui s’y opposent, le Sagittaire oriente la force libérée vers un but supérieur.
Cette progression rejoint profondément l’action de Mikhaël : discerner ce qui est juste, maîtriser les forces du Dragon et consacrer sa volonté à la lumière.
La tradition chrétienne possède une prière particulièrement connue adressée à l’Archange Mikhaël. Elle fut composée par le pape Léon XIII et s’est largement diffusée dans l’Église catholique comme prière de protection et de combat spirituel.
Elle est notamment conservée dans le Catéchisme pour adultes de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis.
Saint Michel Archange, défendez-nous dans le combat ; soyez notre protection contre la méchanceté et les embûches du démon.
Que Dieu lui commande, nous vous en supplions.
Et vous, Prince de la milice céleste, par la puissance de Dieu, précipitez en enfer Satan et les autres esprits mauvais qui rôdent dans le monde en vue de perdre les âmes.
Amen.
Le nom Gabriel vient de l’hébreu Gavri-El et signifie « Force de Dieu ».
Gabriel est l’un des trois Archanges nommément désignés dans la tradition chrétienne, avec Mikhaël et Raphaël.
Il apparaît d’abord dans le Livre de Daniel, où il vient expliquer au prophète le sens de certaines visions et lui transmettre des révélations concernant l’avenir.
Dans l’Évangile selon Luc, Gabriel apparaît à deux moments essentiels. Il annonce à Zacharie la naissance de Jean-Baptiste, puis il est envoyé auprès de Marie pour lui annoncer qu’elle concevra et donnera naissance à Jésus.
C’est cette seconde apparition qui a fait de Gabriel l’Archange de l’Annonciation. Il est le messager qui apporte à l’humanité l’annonce de l’Incarnation du Verbe.
Son rôle est donc étroitement lié à la parole qui annonce, à la révélation et à la transmission d’un message divin. Il intervient au moment où quelque chose qui était encore invisible doit entrer dans le monde de la manifestation.
Chez Aïvanhov, Gabriel est associé à la Lune et à la séphira Yesod, dans la tradition kabbalistique. Il dirige les forces qui condensent les substances subtiles et leur permettent de prendre forme dans la matière. Il est notamment lié à la germination, à la naissance et à la matérialisation d’une idée ou d’un projet.
Gabriel représente ainsi le passage du subtil au concret, de l’invisible au visible et de l’intention à la manifestation.
Gabriel est l’Archange de l’hiver, dont le moment cardinal est le solstice d’hiver.
À cette période, la nature entre dans un mouvement de concentration. Les forces qui s’étaient déployées au printemps et en été se retirent de la manifestation extérieure. La vie semble s’immobiliser, mais elle se rassemble dans les profondeurs de la Terre et dans la graine.
Quelques jours après le solstice vient Noël, fête de la naissance du Christ. Aïvanhov établit une relation directe entre cette naissance et le processus de l’hiver : Noël correspond à une incarnation, à une matérialisation et à une cristallisation dans le monde physique.
L’hiver devient alors le temps où ce qui était encore subtil commence à prendre forme. La graine concentre les forces qui lui permettront de germer lorsque reviendra le printemps.
Gabriel préside à ce processus de condensation et de formation. Il accompagne les forces qui rassemblent les éléments, leur donnent une structure et préparent l’apparition d’une nouvelle forme.
Cette dynamique se retrouve dans le mystère de l’Annonciation. Le message transmis à Marie annonce la venue dans le monde physique d’une réalité qui appartenait jusque-là au domaine spirituel.
Le solstice d’hiver marque donc un moment particulier du cycle : la lumière extérieure atteint son minimum, tandis qu’une lumière nouvelle commence à naître dans les profondeurs.
À Noël, le Christ naît dans la nuit. De même, dans la nature, la graine travaille dans l’obscurité avant que la vie nouvelle ne puisse apparaître à la lumière du printemps.
Gabriel accompagne ainsi le grand mystère de l’hiver : la vie se retire de la surface pour préparer, dans le silence et la profondeur de la matière, une naissance nouvelle.
L’Annonciation constitue le grand récit associé à Gabriel.
L’Évangile selon Luc raconte que Dieu envoie l’Archange Gabriel auprès de Marie pour lui annoncer qu’elle concevra un fils et lui donnera le nom de Jésus.
Gabriel est alors le messager d’un événement qui dépasse la compréhension humaine. Il apporte une parole qui révèle ce qui va se produire avant même que cela ne soit visible dans le monde.
Il annonce également à Zacharie la naissance de Jean-Baptiste. Dans les deux récits, Gabriel intervient donc au moment où une naissance nouvelle doit se produire.
Son message possède une même structure : une réalité encore invisible est annoncée, accueillie par la foi, puis prend progressivement forme dans le monde.
Cette fonction explique pourquoi Gabriel est devenu l’archétype du messager divin. Il ne crée pas le message : il le reçoit d’une réalité supérieure et le transmet avec fidélité.
Dans l’iconographie chrétienne, Gabriel est souvent représenté avec un lys, symbole traditionnel de pureté, notamment dans les scènes de l’Annonciation.
Son rôle de messager s’étend également à la connaissance. Dans le Livre de Daniel, il vient expliquer une vision et permettre au prophète d’en comprendre le sens. Gabriel apporte donc à la fois la parole qui annonce et la lumière qui permet de comprendre.
Son message ne constitue cependant qu’une première étape. Après l’annonce vient l’accueil, puis la manifestation.
Marie reçoit la parole de Gabriel et répond par son « fiat », son consentement à la volonté divine. L’Annonciation devient alors le point de départ d’un processus par lequel le Verbe entre dans la matière.
Gabriel représente ainsi le moment où la parole divine rencontre une conscience capable de l’accueillir et de lui donner forme.
L’hiver est une saison de concentration et de gestation.
La vie extérieure semble s’immobiliser, mais les forces qui permettront son renouvellement se rassemblent dans la graine. Aïvanhov associe précisément Gabriel à ce travail de concentration : pendant l’hiver, il dirige les forces qui se rassemblent dans la graine et préparent sa future germination.
La graine contient en quelque sorte, à l’état latent, tout ce qui permettra à la plante de se manifester. Elle demeure silencieuse dans la Terre jusqu’au moment où les conditions seront réunies pour que les forces de Raphaël, au printemps, viennent libérer ce qu’elle contient.
Le cycle de Gabriel et de Raphaël forme ainsi un mouvement complémentaire : Gabriel concentre, Raphaël libère.
L’hiver rassemble ce qui était dispersé. Le printemps fait éclater ce qui était contenu.
Chez Aïvanhov, Gabriel est également lié à la Lune, qui concentre les éléments et participe aux processus de formation et de matérialisation. La Lune devient ainsi l’expression cosmique de cette force qui rassemble la substance et lui permet de prendre forme.
Rudolf Steiner décrit lui aussi un mouvement cyclique de Gabriel. En hiver, Gabriel agit comme Esprit cosmique, tandis que ses forces descendent ensuite vers la Terre et atteignent l’être humain pendant l’été. Elles y sont liées aux forces de nutrition et aux forces formatrices qui façonnent l’organisme.
Gabriel agit donc dans un véritable mouvement de circulation entre le cosmos, la Terre et l’être humain.
Il accompagne la matière lorsqu’elle reçoit les forces qui lui permettent de prendre forme, de se nourrir et de se maintenir.
L’action de Gabriel accompagne l’être humain dans le passage de l’idée à la réalisation, du potentiel à la forme et de l’invisible au visible.
Une pensée, une intention ou un projet existe d’abord à l’état subtil. Pour devenir une réalité, il doit ensuite être accueilli, nourri et progressivement inscrit dans la matière.
Le processus de l’Incarnation constitue l’image la plus élevée de ce mouvement. Le Verbe entre dans le monde physique à travers la naissance du Christ, après avoir été annoncé par Gabriel et accueilli par Marie.
L’être humain peut vivre intérieurement un processus analogue. Une intuition, une aspiration ou une impulsion spirituelle peut apparaître dans sa conscience. Elle demande ensuite à être accueillie, nourrie et incarnée dans sa vie.
Gabriel accompagne ce travail de mise en forme. Il aide à donner une structure à ce qui cherche à naître et à faire descendre dans la réalité concrète ce qui existe encore à l’état de germe.
Chez Steiner, les forces de Gabriel sont liées aux forces de nutrition et aux forces formatrices qui pénètrent l’être humain pendant l’été. Ce qui agit d’abord dans le cosmos pendant l’hiver descend ensuite à travers la Terre et participe à la formation de l’organisme humain.
L’évolution humaine implique donc elle aussi une capacité à recevoir, nourrir et former.
Gabriel accompagne le moment où une réalité spirituelle cherche à trouver dans l’être humain un réceptacle capable de lui donner une expression concrète.
Son action invite ainsi à comprendre que l’Incarnation n’est pas seulement un événement historique : elle constitue aussi un principe spirituel, celui par lequel une réalité supérieure cherche à prendre forme dans le monde.
Gabriel est avant tout le messager de Dieu.
Il intervient lorsque quelque chose doit être annoncé, transmis ou compris. Sa fonction s’étend donc à tous les domaines où une parole doit franchir une distance pour atteindre celui auquel elle est destinée.
Dans la tradition chrétienne, Gabriel est associé aux messagers, aux ambassadeurs et aux moyens de communication. En 1951, le pape Pie XII l’a officiellement proclamé patron céleste des télécommunications, en raison de son rôle de messager de la Bonne Nouvelle.
Ce patronage donne une dimension contemporaine à une fonction beaucoup plus ancienne. Le télégraphe, le téléphone, la radio et la télévision sont devenus des moyens permettant à une parole de franchir l’espace et d’atteindre des êtres humains éloignés.
Mais le véritable rôle de Gabriel ne concerne pas seulement la transmission matérielle d’une information. Il rappelle l’importance de la justesse du message et de la qualité de celui qui le transmet.
Dans le récit de l’Annonciation, Gabriel transmet une parole qui bouleverse l’existence de Marie. Il ne la force pas : il lui apporte un message et attend sa réponse.
Cette dimension est essentielle dans le symbolisme de Gabriel. Le messager transmet, mais celui qui reçoit demeure libre d’accueillir la parole et de lui donner une forme dans sa propre existence.
Gabriel accompagne donc particulièrement les êtres humains qui ont à transmettre, annoncer, enseigner, communiquer ou donner forme à une réalité nouvelle.
Il rappelle aussi que toute parole véritable peut devenir une force de création lorsqu’elle est reliée à une intention juste.
L’action de Gabriel peut être mise en résonance avec les trois signes qui composent l’hiver : Capricorne, Verseau et Poissons.
Ils expriment trois étapes d’un même processus : l’incarnation d’une réalité spirituelle, sa mise au service de l’humanité et sa libération de la forme.
Le Capricorne : l’incarnation et l’initiation
Le Capricorne est le signe de la maîtrise, de l’accomplissement et de l’initiation.
Il représente le sommet de la montagne, le point culminant d’un chemin au terme duquel l’être humain accède à une conscience nouvelle.
Dans l’astrologie ésotérique d’Alice Bailey, le Capricorne est associé à la seconde naissance et à l’initiation.
La forme, longuement construite et maîtrisée, devient alors le véhicule d’une conscience supérieure.
La matière n’est plus seulement le lieu de l’expérience : elle devient un instrument au service de l’esprit.
Cette dimension entre en résonance avec Gabriel et avec le mystère de l’Incarnation.
Gabriel annonce la naissance du Christ, c’est-à-dire l’entrée d’une réalité divine dans le monde manifesté.
Le Capricorne représente le degré d’accomplissement où l’esprit peut pleinement se révéler à travers la forme.
La montagne exprime cette ascension vers un sommet de conscience.
Après avoir traversé l’expérience de la matière, l’être humain atteint une maîtrise qui lui permet de faire de sa forme un instrument conscient de l’esprit.
Gabriel accompagne ainsi symboliquement le passage de la formation à l’accomplissement, de la naissance dans la matière à la naissance spirituelle.
Le Verseau : la transmission et le service
Le Verseau marque le passage de l’accomplissement individuel au service du groupe.
Dans l’astrologie ésotérique d’Alice Bailey, il correspond au développement de la conscience de groupe et à l’engagement du disciple au service de l’humanité.
Le Porteur d’Eau verse ce qu’il contient afin que la vie puisse être partagée.
Ce symbole exprime une réalité spirituelle devenue suffisamment vivante pour être transmise, distribuée et mise au service de tous.
Cette dynamique rejoint la fonction de Gabriel comme messager.
Il reçoit une révélation provenant d’un plan supérieur et la transmet au monde afin qu’elle puisse produire ses effets dans la manifestation.
Avec le Verseau, le message ne reste plus contenu dans celui qui l’a reçu.
Il devient une force destinée à circuler dans le groupe et à contribuer à son évolution.
Gabriel peut ainsi être mis en résonance avec le passage de la révélation à la transmission, puis de la transmission au service.
Les Poissons : la libération et le salut
Les Poissons représentent l’achèvement d’un cycle et la libération de ce qui était retenu dans la forme.
Dans l’astrologie ésotérique d’Alice Bailey, ils sont associés au Sauveur du monde, à la libération de l’âme et à l’accomplissement du processus qui conduit de la forme à l’esprit.
Le symbole des deux poissons reliés exprime la dualité de l’être humain, encore partagé entre la matière et l’esprit.
L’évolution conduit progressivement à la libération de cette dualité et au retour vers l’unité.
Les Poissons portent également une puissante dimension de purification, de guérison et de libération.
Ce qui a été vécu, construit et accompli au cours du cycle peut être dépouillé de ce qui doit disparaître afin que l’essentiel demeure.
Cette dynamique trouve une résonance particulière avec Gabriel et le mystère de l’Incarnation.
L’Annonciation ouvre le processus par lequel le divin entre dans la matière ; les Poissons en expriment l’aboutissement lorsque cette expérience conduit à la libération et au salut.
L’hiver dessine ainsi un mouvement complet : le Capricorne conduit à la maîtrise et à l’initiation, le Verseau transforme l’accomplissement en service et en transmission, les Poissons conduisent à la purification et à la libération.
Gabriel accompagne symboliquement ce chemin qui mène de l’Incarnation à la transmission, puis de la transmission à la libération.
Une ancienne prière catholique à Saint Gabriel est conservée dans les litanies qui lui sont consacrées. Elle rappelle directement sa fonction de messager de l’Incarnation :
« Ô Dieu qui, parmi tous les Anges, avez fait le choix de l’Archange Gabriel pour annoncer le mystère de l’Incarnation de votre Fils, accordez-nous qu’après l’avoir honoré sur la terre, nous goûtions dans le Ciel les effets de sa protection. Par Jésus-Christ, Notre Seigneur.
Ainsi soit-il. »
Il peut être intéressant de signaler ici que, lorsque viendra Celui que les anges et les hommes attendent, et dont la tâche sera d'instaurer l'âge nouveau, terminant ainsi le travail qu'Il a commencé en Palestine il y a deux mille ans, Il amènera avec lui certains des grands Anges, de même que certains des Maîtres. Les anges ont toujours été actifs dans l'histoire biblique et entreront à nouveau dans la vie des êtres humains, avec plus de pouvoir que récemment. Ils ont été appelés, à nouveau, à se rapprocher des hommes et, avec leurs vibrations plus hautes et leurs connaissances supérieures, ils uniront leurs forces à celles du Christ et de ses disciples, au bénéfice de l'humanité. Ils ont, par exemple, beaucoup à communiquer au sujet de la couleur et du son, et de l'effet de ces deux forces sur le corps éthérique des hommes, des animaux et des fleurs. Quand ce qu'ils ont à communiquer sera compris par la race humaine, les maux physiques et les maladies disparaîtront. Le groupe d'anges ou dévas violets qui travaillent sur les quatre niveaux éthériques seront spécialement actifs, et ils travailleront avec les quatre principaux groupes d'hommes en incarnation, à un moment donné. Quatre rayons sont dominants, à n'importe quel moment, l'un des quatre étant plus puissant que les trois autres. Cette idée est symbolisée dans les quatre castes de l'Inde, et vous vous apercevrez que ces quatre castes se retrouvent universellement, sur toute la planète. Ces quatre catégories d'anges forment un groupe de serviteurs consacrés au service du Christ ; leur travail consiste à entrer en contact avec les hommes et à les instruire selon certaines lignes.
a. Ils enseigneront à l'humanité à voir éthériquement, ce qu'ils feront en rehaussant la vibration humaine par action réciproque avec la leur.
b. Ils enseigneront l'effet de la couleur dans la guérison des maladies, et en particulier l'efficacité de la lumière violette pour soulager les maux des hommes, et pour guérir les maladies du plan physique ayant leur origine dans le corps éthérique.
c. Ils démontreront aussi aux penseurs matérialistes du monde entier le fait que le monde supraconscient existe, et que les anges et les hommes qui sont hors d'incarnation et ne possèdent pas de corps physique, peuvent être contactés et connus.
d. Ils instruiront les hommes dans la connaissance de la physique suprahumaine, de sorte que le poids sera pour eux transmué. Les déplacements deviendront plus rapides, la vitesse s'accompagnera de silence et de douceur, ce qui éliminera la fatigue. Dans la maîtrise des niveaux éthériques, les hommes trouveront la possibilité de surmonter la fatigue et le pouvoir de transcender le temps. Jusqu'à ce que cette prophétie soit devenue un fait et reconnue comme telle, le sens des mots ci-dessus demeurera obscur.
e. Ils enseigneront à l'humanité comment nourrir le corps correctement, et comment tirer des éthers environnants la nourriture nécessaire. L'homme concentrera son attention sur le corps éthérique, de sorte que le travail et la santé du corps physique deviendront de plus en plus automatiques.
f. Ils enseigneront aussi aux êtres humains, en tant qu'individus et en tant que race, à élargir leur conscience pour y inclure le supraphysique. Ce faisant, le voile de séparation (le voile du temple) qui divise le plan physique du monde invisible, deviendra un fait naturel accepté par le savant. On reconnaîtra sa raison d'être – un jour, il sera détruit par l'homme qui découvrira comment le pénétrer – la date en est imminente.
Grâce à la sensibilité croissante de l'homme, et à l'amenuisement régulier du voile de séparation, les facultés télépathiques de l'homme et son aptitude à répondre à l'inspiration intérieure, vont se développer et se révéler de plus en plus, au cours des années à venir. Grâce à l'accroissement de la télépathie intuitionnelle et à la meilleure compréhension du pouvoir de la couleur et du son, l'homme entrera en contact avec le travail du Christ et des Grands Etres, le comprendra, sera libéré de l'esclavage du passé, et pourra entrer dans la liberté du royaume de Dieu.
Extériorisation de la Hiérarchie p 457.
Deux énergies majeures se trouvent donc ancrées dans l'être humain, l'une incomprise, que nous appellerons la PRESENCE, l'autre comprise, que nous appellerons l'Ange de la PRESENCE. Ce sont la monade et l'âme (l'ange solaire). L'une incorpore le rayon monadique et l'autre le rayon animique. Activement ou subtilement, elles conditionnent toutes deux la personnalité.
Guérison Esotérique p 462.
…la lumière qui jaillit de la "face de l'Ange", qui est la face de l'âme, révèle. Comment révèle-t-elle, mon frère ? Elle le fait en amenant à la surface les choses cachées et les germes de faiblesse, révélant ainsi les défauts. Je voudrais vous signaler ici que, lorsque cela se produit, le total de ce qui est révélé peut contribuer à former un mirage, un brouillard qui s'élève, un miasme empoisonné. L'effet est semblable à celui produit par le soleil, de bonne heure le matin, par une chaude journée ; la brume se lève et, ainsi, temporairement, un brouillard se forme entre le soleil et la terre.
L’Etat de Disciple dans le Nouvel Age Vol. I p 495.
(…) les repas peuvent devenir une occasion de nous lier aux Anges des quatre éléments et de leur demander de nous communiquer leurs vertus. A l’Ange de la terre pour qu’il nous apporte la fermeté, la solidité, car c’est lui qui donne la base ; sans lui rien ne peut subsister. A l’Ange de l’eau pour qu’il nous apporte la vie et la pureté. A l’Ange de l’air pour qu’il nous apporte l’intelligence, la subtilité, la rapidité. Et enfin à l’Ange du feu pour qu’il nous apporte la lumière et le feu de l’amour divin.
Omraam Mikhaël Aïvanhov - Les fruits de l’arbre de vie p 93 – Ed. Prosveta.
Les Anges des quatre éléments sont des serviteurs de Dieu, c’est pourquoi nous devons prier le Seigneur de nous envoyer ces Anges afin qu’ils nous aident dans notre travail spirituel. Chacun de nous porte dans la profondeur de son subconscient des germes nocifs qui trouvent toujours des conditions propices pour se multiplier en entraver notre existence. C’est pourquoi, quand un disciple arrive à un certain stade de son évolution, on lui donne la tâche de pénétrer jusque dans les profondeurs de son subconscient et là, accompagné des Anges des quatre éléments, l’Ange de la terre, l’Ange de l’eau, l’Ange de l’air et l’Ange du feu, il entreprend d’enterrer, noyer, disperser, brûler tous les germes nocifs en lui.
Sans un travail avec les quatre éléments, on ne peut pas obtenir la pureté absolue. Chaque élément possède des qualités qui lui sont propres : ce que l’air peut faire, le feu ou la terre ne le peuvent pas. Il faut donc prier le Seigneur pour qu’Il nous accorde l’aide de ses Anges en disant : « Seigneur Dieu Tout-Puissant, Créateur du ciel et de la terre, Maître de l’univers, veuille m’envoyer les quatre Anges, tes serviteurs. L’Ange de la terre, pour qu’il absorbe les immondices de mon corps physique, afin qu’il devienne capable de T’exprimer et que ta volonté puisse se manifester à travers lui. L’Ange de l’eau, pour qu’il lave mon cœur de toutes les souillures, afin que l’amour désintéressé s’installe en lui et que je puisse travailler pour ton Royaume et ta Justice. Enfin, envoie-moi, Seigneur, l’Ange du feu, pour qu’il sanctifie mon âme et mon esprit, afin qu’ils deviennent les demeures de ta vérité et que je puisse travailler pour ton Royaume et ta Justice. Amen, Amen, Amen. Ainsi soit-il. »
Omraam Mikhaël Aïvanhov - Les fruits de l’arbre de vie p 92-93 – Ed. Prosveta.
"Si on parle de hiérarchies angéliques, c’est qu’il existe entre elles une différence de degré, de niveau. Les Anges sont les plus près des humains, ils sont très grands comparés à eux, mais ils se situent beaucoup plus bas dans la hiérarchie que les Chérubins et les Séraphins. Ces grands Anges, eux, ne connaissent même pas l’existence des habitants de la terre et jamais ils ne recevront la tâche de veiller sur eux ; ils s’occupent des systèmes solaires, des galaxies, et il est rare, très rare que l’un d’eux vienne nous rencontrer.
Un Séraphin traverse l’espace à la rapidité de l’éclair. Si vous êtes là, vigilant, prêt à saisir quelque chose de ses radiations célestes, vous aurez un éblouissement, une illumination dont les effets dureront toute votre vie. Mais vous ne l’arrêterez pas, car il continuera sa course à travers l’étendue infinie."
Omraam Mikhaël Aïvanhov
"Les chrétiens ont tendance à mépriser les religions polythéistes et leurs multitudes de divinités, sans se rendre compte que, eux aussi, d'une certaine façon, ils ont un véritable panthéon : tous les saints vers lesquels ils se tournent pour leur adresser des prières et leur rendre un culte.
La coutume d'invoquer des entités spirituelles auxquelles on attribue différents pouvoirs provient d'une très haute antiquité, et les chrétiens l'ont tout simplement reprise et prolongée. Ce qui montre bien que, même pour eux, Dieu est tellement inaccessible qu'ils ont besoin d'avoir recours à des intermédiaires. Seulement, au lieu de s'adresser aux saints, dont certains sont des figures de légende qui n'ont même jamais existé, pourquoi ne s'adressent-ils pas aux entités célestes ? Elles sont mentionnées dans la religion chrétienne, et même dans la messe, mais les chrétiens n'y ont pas prêté attention. Ce sont les hiérarchies angéliques : les Anges, les Archanges, les Principautés, les Vertus, les Puissances, les Dominations, les Trônes, les Chérubins, les Séraphins. Il est important d'apprendre à connaître ces hiérarchies, ce qu'elles sont, comment elles se situent et quels sont leurs pouvoirs."
Omraam Mikhaël Aïvanhov
"Le moyen le plus puissant pour attirer une entité est de prononcer son nom. C'est pourquoi la Kabbale donne les noms des soixante-douze Génies dont chacun a une fonction déterminée et que l'on peut invoquer pour obtenir de l'aide dans les différentes circonstances de la vie.
Prononcer le nom d'une entité n'est pas sans importance, car par les vibrations de ce nom, vous arrivez jusqu'à elle, vous la touchez. Vous pouvez entrer ainsi en contact avec tous les esprits de l'univers et par ce contact attirer jusqu'à vous les qualités de ces esprits. Alors, attention au nom que vous prononcez : si c'est celui d'une entité infernale, voilà des troubles et des malheurs qui se préparent pour vous. Oui, un nom, c'est extrêmement important, et il est des cas où prononcer un nom peut vous sauver si c'est celui d'un être dont le seul désir est d'aider les humains."
Omraam Mikhaël Aïvanhov