L’homme moderne reste soumis à la plupart de ces problèmes, auxquels nous avons ajouté les différentes pollutions, sans oublier les ravages dus au tabagisme, à l’alcoolisme et aux drogues.
Pour 10 à 20% d’entre nous, cet environnement peut se révéler agressif, voire dangereux, chez les personnes allergiques.
Définitions
L'allergie résulte d'une réaction inflammatoire inadaptée de l'organisme après un contact avec des substances rencontrées dans la vie quotidienne. Elle se développe s'il existe une prédisposition génétique.
L'allergène est la substance responsable de l’allergie. Il peut être :
- aérien (pollens - poils d’animaux - acariens - poussières - pesticides),
- alimentaire (farine – œuf – lait - arachide – fruits),
- de contact (métaux - produits d’entretien - produits de beauté - certains végétaux)
La réaction allergique
Immédiate, peut prendre différentes formes :
· respiratoire (rhinite, asthme),
· oculaire (conjonctivite),
· cutanée (eczéma, urticaire),
· œdémateuse (gonflement du visage/lèvres, paupières, de la gorge = œdème de Quincke),
· généralisée suite à un choc comportant un risque vital majeur (piqûre d’hyménoptère et allergies alimentaires).
Retardée,
Le diagnostic causal est alors plus difficile. C’est le cas de l’eczéma de contact qui apparaît sur la peau après contact avec une plante par exemple, ou au niveau des alvéoles pulmonaires lors d’inhalation de moisissures.
En France 30% des adultes et 20% des enfants souffrent d'allergie.
L’allergie due aux pollens
Principaux pollens allergisants
Mars avril : pollens d’arbres (bouleau, charme, aulne, noisetier, cyprès, thuya, platane),
Mai juin juillet : pollens de graminées (dactyle, phléole, ivraie, pâturin, fétuque, chiendent, blé, orge, mais, avoine, seigle...),
Août septembre : pollens d'herbacées (ambroisie, oseille, armoise)
Conséquences :
Au niveau des fosses nasales, rhinite (rhume des foins),
Au niveau des bronches, asthme et bronchite chronique,
Au niveau des alvéoles des poumons, pneumopathie dite d’hypersensibilité.
Atteintes cutanées allergiques et toxiques dues aux plantes.
L’allergie de contact ne concerne que les personnes fabriquant spontanément des anticorps particuliers donnant lieu à cette réaction inflammatoire particulière.
Retraité et jardinier du très beau jardin conçu par son épouse, c’est en tant que médecin spécialiste des maladies respiratoires et allergiques qu’Alain Roullier évoque les problèmes de santé pouvant être rencontrés dans nos jardins et plus largement dans la nature.
Introduction
L’évolution de l’homme s’est faite en milieu naturel le plus souvent hostile et dangereux : animaux sauvages, luttes tribales, guerres, catastrophes climatiques, parasitoses, agressions microbiennes avec les grandes épidémies.
Elle occasionne une atteinte cutanée (dermatite) sous deux formes.
La forme aiguë qui se manifeste par des lésions prurigineuses incitant au grattage, marquées par des placards rougeâtres parfois associés à des vésicules et des bulles (type piqûre d’ortie qui contient de l’histamine et autres).
La forme chronique réalise un épaississement de la peau avec des crevasses et peut s’infecter. Cette atteinte allergique s’étend souvent au-delà des zones touchées et les lésions apparaissent 5 à 7 jours après le premier contact, puis ultérieurement dans les 24h qui suivent à chaque nouveau contact.
Plantes responsables :
Les dermites non allergiques se présentent de façon identique sous forme de placards rougeâtres avec parfois des vésicules mais limités de manière précise aux régions qui ont été en contact direct avec l’irritant.
Elles sont irritatives d’origines mécaniques toxiques ou photo-toxiques.
Elles sont dues à de nombreuses plantes par action directe sur la peau
- roses, cactus par l'intermédiaire de leurs épines
- orties par l’intermédiaire de leurs poils urticants
- cactus, figuier de Barbarie par l’intermédiaire de leurs poils irritants et leurs glochides (sorte de petit aiguillon barbelé)
Leurs actions peuvent non seulement déclencher des dermatites irritatives, mais aussi inoculer des micro-organismes pathogènes.
Les dermites non allergiques toxiques donnent des lésions prurigineuses, phlycténulaires (présentant de petites bulles), parfois douloureuses et même brûlantes.
Plantes fréquemment mises en cause agissant par un mécanisme chimique :
La renoncule, l’euphorbe et la marguerite, moutarde noire, rhubarbe, marguerite, dieffenbachia.
Les dermites non allergiques photo-toxiques nécessitent la conjonction d’un contact avec la plante et l’exposition au soleil.
Les lésions siègent sur les zones de peau découvertes et exposées (avant-bras, décolleté, visage, dos des mains..) réalisant des phlyctènes (ampoules dues à une accumulation de liquide) douloureux qui pourront laisser longtemps des traces et même des cicatrices !!!
Sont le plus fréquemment en cause :
- les ombellifères (ou apiacées) : céleri, carotte sauvage, panais, berce. - les rutacées comme la rue - des légumineuses comme le trèfle et la luzerne. Cas particuliers :
la chélidoine : dermite possible au contact de sa sève - mais « remède de grand-mère » pour traiter les verrues avec cette sève qui contient un antimitotique.
la chenille processionnaire : les chenilles processionnaires sont recouvertes de poils urticants qui se détachent très facilement ; dès le premier contact, la substance urticante, la « thaumétopoéïne », se libère provoquant des démangeaisons très vives.
Problèmes liés aux pesticides :
Les différents pesticides combattent les moisissures, les bactéries, les animaux et les insectes nuisibles à nos cultures. Les problèmes d’environnement et de santé liés à ces pesticides se sont fait jour. Ils sont parfois gravissimes pour l’homme et pourtant ils ont été longtemps minimisés, voire niés, par les laboratoires. Cela a entraîné souvent une méconnaissance des dangers ou une absence de précautions quant à leur emploi.
Actuellement la mise en cause des pesticides est reconnue et quelques maladies sont déclarées maladies professionnelles.
Les sources d’exposition :
* L’exposition aux pesticides peut se produire à différents moments : manutention, préparation, application, nettoyage….
* Pour les jardiniers, même les petits traitements pesticides, en l’absence de précautions peuvent être cause de fatigues, maux de tête, vomissements, malaises, dermatoses.
Il est donc nécessaire de bien lire l’étiquetage qui éclaire sur les précautions à prendre pour la préparation et l’emploi des pesticides.
La toxicité chronique des pesticides est plus insidieuse :
Il est formellement établi et démontré que certains pesticides
Sont des perturbateurs endocriniens responsables
de la baisse depuis 20 ans de la fertilité masculine et de l’augmentation des malformations de l'appareil génital masculin,
F de l’insuffisance ovarienne précoce, de polykystose ovarienne, d’endométriose, d’infertilité.
Ont une responsabilité pour la maladie de Parkinson, le cancer de la prostate, de la vessie et du testicule, les tumeurs cérébrales, les mélanomes et certains cancers hématopoïétiques (lymphome non hodgkinien, myélomes multiples).
Mais les risques de santé sont pour tous!!! Les pesticides sont présents partout dans l’environnement. On peut les trouver
-dans l’air (air extérieur et intérieur, poussières),
- l’eau (souterraines, de surface, littoral, …),
- le sol,
- les denrées alimentaires (y compris certaines eaux de consommation).
La voie orale est souvent considérée comme la principale voie d’exposition à travers l’alimentation.
Par rapport aux pesticides il convient de :
Penser protection de la santé
Agir avec prudence et discernement dans le choix des produits et leurs applications
Respecter le voisinage
Favoriser les techniques de culture les plus économes en pesticides
Évoluer progressivement vers la culture biologique sans pesticides
Piqûres d’hyménoptères
Réactions toxiques :
Les venins comportent des substances toxiques responsables d’une réaction locale au point de piqûre rapidement régressive.
- Mais cette réaction inflammatoire peut être préoccupante lorsque la piqûre concerne certaines localisations telles que le visage ou le pharynx.
- Lors de piqûres multiples, une réaction toxique généralisée peut survenir, se manifestant par une fièvre, une urticaire, des troubles digestifs, des convulsions. Elle peut conduire au décès lors d’envenimation massive (centaines de piqûres).
Réactions allergiques :
La réaction locale allergique survient en général dans la demi-heure suivant la piqûre. Elle est s'étend sur 10 cm, est indurée, prurigineuse et persiste plus de 24 heures.
Morsures de vipères :
En cas de morsure, il faut autant que possible rester calme : les éventuels symptômes généraux apparaissent en plusieurs heures, ce qui laisse toujours le temps de s'organiser pour se rendre à l'hôpital.
Les réactions générales peuvent être classées selon leur gravité en 4 stades : * Á distance du point de piqûre : prurit, urticaire, œdème de Quincke * Oppression avec sifflements ou stridor * Douleurs abdominales, diarrhée * Malaise avec état de choc et détresse respiratoire (pouvant entraîner la mort en l’absence d’un traitement rapide par l’adrénaline) Avec une simple prise de sang on peut savoir si on est allergique aux piqûres d’hyménoptères. La désensibilisation est efficace. Si on se sait allergique, il faut avoir sur soi un traitement d’urgence, notamment et surtout, une seringue pré remplie d’adrénaline.
En cas de problème appeler le 15.
50% des morsures sont des morsures de défense dites "blanches". Ce sont des morsures d'intimidation sans injection de venin. (Lors de l'ouverture de la « bouche », les crochets se positionnent automatiquement prêts pour injecter le venin et la vipère contrôle la quantité de venin injecté) Pour autant, mieux vaut prendre ses précautions et se rendre au service hospitalier le plus proche, ne serait-ce que pour un suivi. Appeler le 15 au moindre doute A FAIRE : • désinfecter la plaie (laver à l’eau, au savon de Marseille ou mieux avec un antiseptique) • ôter les bagues, les montres et tout ce qui peut serrer
• couvrir le membre mordu d’une bande Velpeau pas trop serrée
• immobiliser le membre atteint et mettre la victime au repos en position latérale de sécurité, au calme
• organiser le transport vers un hôpital
• un anti douleur type paracétamol peut être administré si nécessaire
A NE PAS FAIRE :
• sucer la morsure, la brûler, l’inciser, mettre un garrot
• capturer le serpent pour identification
• contrairement aux indications anciennes, ne pas injecter sur place de sérum anti-venin, ni de corticoïdes ou héparine sous cutané (jusque 10% de complications bien plus graves que la morsure)
• L’utilisation d’un aspi-venin (petite pompe d’aspiration) n’a jamais démontré son efficacité (mais pourrait avoir un effet psychologique favorable ?)
Le tétanos
est une maladie infectieuse due à un bacille appelé Clostridium tetani.
Ce bacille se trouve sous forme de spores « inoffensives » dans le sol et le tube digestif des mammifères (chevaux, vaches, chèvres...) crottins et bouses participant donc à sa dissémination.
Ces spores peuvent persister plusieurs années dans les sols, insensibles aux températures extrêmes, à la sécheresse, aux pesticides. Nos terres enrichies en fumier (même stérilisé) en sont donc très riches.
Le bacille tétanique pénètre dans l’organisme à travers les plaies, mêmes minimes : piqûre de rosier, écharde... mais aussi par le classique clou rouillé dans la plante du pied ou la souillure d’ulcères de jambes.
Une fois au contact des chairs, les spores se transforment en bacilles qui vont aussitôt secréter une endotoxine qui va passer dans la circulation sanguine et lymphatique et «s’attaquer» au système nerveux en provoquant des spasmes et des contractures musculaires. Alors qu’il n’y a pas de fièvre, les contractures apparaissent 1 à 3 semaines après la pénétration du bacille dans l’organisme.
Les traitements antibiotiques sont efficaces pour tuer les bacilles et les injections d’immunoglobulines spécifiques luttent contre l’endotoxine qui ne s’épuise spontanément qu’en 3 semaines.
Mortel dans 30% des cas, la vaccination l’a fait chuter de façon spectaculaire. Efficace, elle comporte deux doses, injectées à l'âge de 2 mois et de 4 mois, suivies d'un rappel à 11 mois. D'autres rappels sont recommandés à 6 ans, entre 11 et 13 ans, à 25 ans, puis tous les dix ans.
En cas de blessure, nettoyer et désinfecter à l’eau oxygénée ou aux dérivés iodés.
En cas d’oubli du rappel depuis plus de 10 ans, il faudra consulter. Il existe un « kit », permettant de déterminer en 20 minutes le taux d’anticorps antitétaniques. Un nouveau rappel peut alors être nécessaire.
La maladie de Lyme :
est une maladie chronique parfois grave pouvant toucher tous les organes mais préférentiellement les articulations et le système nerveux : nerfs, moelle et cerveau.
C’est dans la ville de Lyme aux USA, dans les années 70, qu’un nombre important d’arthrite est apparu qui a pu être rattaché aux piqûres de tique.
Cette affection, transmise par les tiques est due à une bactérie, la borrelia, qui est transmise lors de la « morsure » d’une tique. Elle s'attrape en forêt.
Les tiques ne sont pas toutes porteuses de cette bactérie et dans leur système digestif où elle réside, elle n’est pas mobile.
Lorsque la tique s’accroche à la peau, elle enfonce son rostre dans le derme et injecte une salive particulière qui contient un anesthésique local – c’est pourquoi on ne sent rien – et un enzyme qui va digérer le derme qu’elle peut ensuite aspirer pour se nourrir.
Ce n’est qu’après 24 à 48 heures de ce « forage » que le rostre accède aux petits vaisseaux sanguins. Le sang alors aspiré va aller dans l’intestin de la tique et stimuler la borrelia qui va devenir mobile. Celle-ci va s’empresser de migrer dans les glandes salivaires de la tique et ainsi être transportée et injectée dans le derme par la salive de la tique.
C’est pourquoi, si la tique est détachée de la peau dans les 36 premières heures, les risques de contamination bactérienne sont très faibles, un délai de 2 à 3 jours étant nécessaire pour que la borrelia se retrouve dans la salive de la tique.
S’il y a eu contamination, une tache rouge va apparaître à l’endroit de la morsure puis apparaîtront d’autres tâches rouges cutanées qui vont se déplacer en regard du « voyage » de la borrelia dans le tissu sous-cutané, ce qu’on appelle un érythème migrant. Dans les semaines ou les mois suivants va apparaître un syndrome grippal avec fièvre, maux de tête et courbatures. Puis plus tardivement cette borrelia va toucher des articulations, des muscles, le cœur, des nerfs, la moelle épinière, le cerveau, donnant lieu à des maladies chroniques souvent difficiles de rattacher à une piqûre de tique qui a pu passer inaperçue ou dont on ne se souvient plus. Si la tique est retirée moins de 48h après la morsure, il n’y a en principe aucun risque. Il faudra simplement surveiller l’état de la peau et si une rougeur qui se déplace apparaît, un traitement antibiotique efficace sera proposé par le médecin. Enfin, il existe un vaccin recommandé en cas de séjour printanier ou estival dans une zone forestière et chez les sujets à risque: agriculteurs, bûcherons, forestiers… Précautions simples à appliquer du printemps à l’automne en forêt :
Porter des vêtements couvrant l'intégralité du corps, de préférence serrés aux chevilles, poignets et col, mettre des chaussures fermées et hautes, le bas du pantalon dans les chaussettes, Pulvériser les vêtements avec des répulsifs adaptés,
Examiner son corps, plus particulièrement les zones de pression (aisselles, plis des genoux), le pubis, le nombril, le cuir chevelu et derrière les oreilles.
Enlever rapidement les tiques avec un tire-tique, l’important étant de ne pas laisser la tête en place.
Penser à examiner aussi les animaux qui ont accompagné.
Conclusion :
Cet éclairage particulier sur les risques de santé dans nos parcs et jardins ne doit évidemment pas altérer notre plaisir d’y travailler et s’y reposer. Connaissant mieux les risques, on s’en protège d’autant mieux, donc :
Attention à ce que l’on respire,
Attention à ce que l’on touche,
Respectons les mesures de sécurité,
N’oublions pas le rappel du vaccin antitétanique tous les 10 ans
D'après les notes de Mr Alain Roullier