Ce qu'on entend généralement par terrorisme dans l'espace public est l'action violente de petits groupes destinée à frapper l'opinion.
C'est paradoxal si on pense que le mot a été forgé en 1794 dans le contexte de la Révolution française, et plus précisément popularisé dans celui de la réaction thermidorienne, pour désigner une forme de politique étatique. Il est généralement admis que ce n'était pas justifié, autrement que d'un point de vue idéologique, pour critiquer la politique du gouvernement que l'on venait d'abattre. Robespierre, indûment diabolisé, n'avait jamais exercé de pouvoir autrement qu'en tant que membre du Comité de Salut public, mais non pas de celui de Sûreté générale, et certainement pas appliqué la Terreur. La principale terreur avait eu lieu en Vendée, et été le fait de généraux excédant leurs pouvoirs. Des faits similaires s'étaient déroulés aux mêmes époques en Irlande du fait des armées du Royaume uni.
L'exemple le plus caractéristique de ce type de terrorisme est certainement la Grande Terreur stalinienne des années 1930, mais on en retrouve d'autres cas dans le contexte colonial, en Algérie (française), au Congo (belge), en Namibie (allemande), contre les Indiens d'Amérique dans le cadre de la conquête de l'Ouest, en Arménie (turque), dans l'Allemagne nazie et la Chine du Grand Bond en Avant, au Cambodge.
Les cas contemporains sont bien sûr en Israël (Gaza et Cisjordanie), en Iran, aux États-unis, en Russie, en Chine (Tian'anmen, Xinjiang, Tibet, Hong Kong...), au Myanmar, etc.
Il s'agit donc d'une violence étatique (l'État ayant le monopole de la violence «légitime») exercée directement contre des populations, même si souvent des sous-groupes, et parfois seulement temporairement.
Le deuxième type de terrorisme, celui brandi par les pouvoirs en place pour masquer leurs propres abus (même aussi naïvement que l'exprimait George Bush : «Mais pourquoi nous haïssent-ils donc tant?»), est le fait de mouvements de résistance, choisissant, la plupart du temps de façon sporadique, d'avoir recours à des actions médiatiques, et donc produisant un effet indirect, quelques victimes ayant un impact terrorisant sur le reste des populations visées.
On peut penser à la résistance à l'occupant nazi, aux attentats du Lehi et de l'Irgun au temps du protectorat britannique, aux menées du FLN pendant la guerre d'Algérie, à celles de l'OLP, de Septembre Noir, ou du Hamas.
Il s'agit en tout état de cause d'une réaction désespérée, à laquelle leurs auteurs peuvent se sentir acculés, d'une efficacité contestable, souvent impossible à justifier.
Il peut pourtant être difficile de se désolidariser complètement de ces groupes dans un contexte de guerre asymétrique, de génocide, et des souffrances et des humiliations subies par les populations dans le silence coupable des opinions publiques et de la communauté internationale.
Keywords: terrorism colonialism
25 september 2026