Toute activité consomme des ressources, et produit des déchets. Donc, pour faire face à la crise écologique, il faut réduire l'activité: la semaine à 15 heures.
Ce n'est envisageable que parce que l'activité humaine est en fait, dans son ensemble, inutile voire nuisible. C'était le constat de David Graeber dans Bullshit Jobs, mais cela s'étend de proche en proche: même les activités qui peuvent paraître utiles, supportent en fait des activités qui ne le sont pas.
La cause majeure de cette gabegie est la façon dont l'activité est évaluée: de façon indirecte, non pas par la satifaction qu'elle apporte, qualitative et subjective, ou du moins comprise dans la proximité d'une relation humaine; mais par une valeur quantitative jaugée à l'aune d'un échange potentiel, global et supposé objectif. Donc, exprimée en monnaie.
Le mécanisme engage un investissement créateur de monnaie, et qui entre en concurrence avec d'autres investissements potentiels, en se fondant sur des anticipations sur les retours et leurs effets multiplicateurs. On a alors éliminé la compétence des acteurs eux-mêmes, pour se limiter à des spéculations exclusivement financières. Le cas paradigmatique est la construction de data centers pour entraîner des intelligences artificielles. Ces programmes ne deviendront que très marginalement intelligents dans cette folie de force brutale, mais ils capteront toute l'énergie disponible, et finiront par détruire l'écosystème terrestre dans son ensemble.
18 janvier 2026