Le capitalisme est l'acquisition de capital, la fixation de valeur.
En pratique, dans notre civilisation occidentale (et seulement chez elle), cela s'est fait autour de la marchandisation du monde, autour du concept d'échange (Adam Smith se fonde ainsi, après Aristote, sur la valeur d'échange, par opposition à la valeur d'usage). Le processus a été décrit, et critiqué par Karl Polanyi, dans the Great Transformation, entre le XVIIIe et le XXe siècles, mais Braudel fait remonter l'histoire des échanges, et donc la première phase de marchandisation, au XVe siècle.
Le capitalisme a ainsi conquis la valeur du monde par phases successives, d'abord les marchandises (soie, épices, métaux précieux), puis la monnaie elle-même, la terre, et le travail, animal et humain.
Cela ne s'est pas fait sans heurts, ni sans une complexification des superstructures de la société (lois et institutions) pour imposer une vision idéologique complètement artificielle, et unique dans l'anthropologie.
Polanyi insiste sur la destruction des communs pour forcer les paysans à un exode rural les amenant à travailler comme salariés dans les usines du début du XIXe siècle. Au cours de ce processus, la quantité de travail annuel est passée de 800 à plus de 2000 heures, une catastrophe comparable à celle de la révolution agricole, que décrit Yuval Harari dans Sapiens.
La dernière phase d'extension du domaine du marché est, au tournant du XXIe siècle, celle de l'économie de la connaissance, dans laquelle l'artificialisation passe par les brevets, le contrôle des accès, et les mises à jour des logiciels. Elle est décrite par Boltanski et Chiapello dans le Nouvel Esprit du Capitalisme.
On peut se demander si l'Intelligence artificielle n'offre pas le support pour une phase suivante, permettant un contrôle plus direct, les mécanismes sus-mentionnés s'étant avérés contre-productifs et bridant le développement.
Keywords: market AI artificial
1er octobre 2026