Les silences
On considère que dans la relation auditeur/audité, les temps de parole devraient être environ de 20 à 30 % pour l'auditeur et de 70 à 80 % pour l'audité.
Si l'on s'en tient à ces chiffres, qui ne sont que des estimations, cela veut dire que l'auditeur devrait rester silencieux pendant une grande partie de l'interview.
En somme : silencieux mais actif
Le silence est, lui aussi, un moyen efficace pour relancer la communication.
Par exemple, l'audité cesse de parler.
Si, en face de lui, l'auditeur, courtoisement, attend et ne pose pas œ question, il est très possible que l'audité, ayant pu continuer à réfléchir, ait envie de lui-même de rajouter quelque chose et se remette à parler.
Mais ceci, seulement s'il sent que l'auditeur ne le force pas et le laisse prendre son temps.
C'est à l'auditeur de sentir jusqu'où il peut aller dans le silence sans gêner son interlocuteur.
S'il avait l'impression que ce dernier n'est pas à l'aise, il lui appartiendrait de "rompre le silence" par une question, une reformulation ou toute autre sorte d'intervention.
Qu'il ne s'agisse jamais d'une lutte où l'auditeur gagnerait, étant mieux entraîné que l'audité, mais d'un temps que l'on se donne et qui permet à l'audité, s'il le souhaite, de continuer à parler.
La "règle", pour l'auditeur-qualité étant de ne jamais couper la parole à l'audité et de ne jamais parler en même temps que lui ; il en découle qu'il doit s'assurer que l'audité a fini d'exprimer sa pensée avant de lui poser une nouvelle question.
Souvent, l'auditeur intervient trop tôt et gêne l'audité dans son expression.
On peut considérer que le silence de l'auditeur est indispensable :
Si, après une question, le silence se prolongeait, l'auditeur pourrait se demander si sa question était bien posée, audible, compréhensible etc ... et, dans le doute, il ne courrait pas de grands risques à reposer sa question d'une autre façon ...
De même, avant de reformuler, l'auditeur s'assure, par un silence, que l'audité a bien fini de parler et, après avoir reformulé ce qu'a dit l'audité, il doit être prêt à garder le silence, sans gêner l'interlocuteur jusqu'à ce que l'effet de la reformulation se produise, c'est-à-dire que l'audité réagisse
Les pauses
Alors que le silence marque la fin d'une intervention, les pauses sont des interruptions plus ou moins longues à l'intérieur des phrases ou des périodes.
On peut faire une pause pour reprendre sa respiration, pour chercher un mot, un exemple, pour réfléchir à ce qu'on vient de dire et toute intervention de l'interlocuteur pendant une pause ne peut que gêner celui qui parle.
C'est pourquoi l'auditeur respectera les pauses de l'audité et se gardera de "souffler" le mot que celui-ci peut chercher ou de terminer les phrases à sa place.
C'est en s'adaptant à son rythme,' en restant calme et confiant qu'il aidera le plus efficacement son interlocuteur.