Généalogie : SOURCES PROJETS FONDS ACTIVITÉS Histoire locale : GENS PATRIMOINE LIEUX CIMETIÈRES HISTOIRES
Généalogie : SOURCES PROJETS FONDS ACTIVITÉS Histoire locale : GENS PATRIMOINE LIEUX CIMETIÈRES HISTOIRES
La caserne des Tourelles, boulevard Mortier, est inaugurée en 1881 pour accueillir le 104e régiment d’infanterie de ligne, puis des unités d’infanterie coloniale. Après le départ des troupes en mai 1940, elle sert d’abord de refuge à des personnes fuyant l’avance allemande, puis à des étrangers sans titre de séjour.
En octobre 1940, la Préfecture de Police y ouvre un camp d’internement administratif destiné aux étrangers jugés « indésirables » : réfugiés, Juifs et apatrides. À partir de juillet 1941, des Français, surtout des communistes, y sont également internés. Jusqu’à la rafle du Vél-d’Hiv de juillet 1942, le camp sert principalement à internement des femmes juives de la région parisienne, Drancy étant alors réservé aux hommes. Après octobre 1942, il accueille surtout des étrangers, des politiques et des réfractaires au STO.
Le camp est libéré le 17 août 1944. Près de 8 000 personnes y sont internées entre octobre 1940 et août 1944, pour une capacité de 400 à 600 places. Après la Libération, environ 3 600 collaborateurs, Allemands ou proches de ces derniers y sont détenus jusqu’à la fermeture du camp en décembre 1945. Les services secrets français s’y installent en 1946.
Le camp n’est pas une prison : l’internement est décidé par la police, sans juge, sans infraction commise et souvent sans limite de durée. Les internés ignorent fréquemment les motifs de leur enfermement. Le dispositif vise d’abord les étrangers « indésirables », puis s’étend aux communistes, aux repris de justice et, massivement, aux Juifs étrangers puis français. Le camp reste administré par les autorités françaises, même si les Allemands peuvent faire interner ou extraire des détenus.
Le bâtiment nord (A) n’a jamais fait partie du camp : il abrite notamment un détachement de la Wehrmacht, un bureau de placement pour l’Allemagne et un entrepôt de colis pour prisonniers de guerre. Le bâtiment ouest (B) sert d’abord à l’internement de personnes solidaires des Juifs, contraintes de porter une étoile jaune « Amis des Juifs », puis devient une annexe des prisons de Fresnes et de la Santé. Le bâtiment sud (C) rassemble étrangers, politiques et réfractaires ; à partir d’octobre 1942, il constitue le seul bâtiment du camp.
Lors de la rafle du « Billet vert » du 14 mai 1941, les Tourelles servent de lieu de convocation pour les Juifs du 20e arrondissement : 630 hommes sont ensuite envoyés vers Pithiviers. À partir du printemps 1942, la part des internés juifs augmente fortement et le camp devient le principal lieu d’internement des femmes juives de la région parisienne.
Le 22 juin 1942, 66 femmes juives de moins de quarante ans y sont arrêtées puis déportées à Auschwitz via Drancy-Le Bourget : c’est la première déportation de femmes organisée depuis la France. Parmi elles figure Dora Bruder, à laquelle Patrick Modiano consacre un livre en 1997. Le 13 août 1942, la majorité des internés juifs est transférée à Drancy ; ensuite, les Juifs arrêtés y sont dirigés directement.
De mars 1943 à février 1944, environ 1 800 réfractaires au Service du travail obligatoire (STO) sont brièvement internés avant d’être versés à des organismes travaillant pour l’Allemagne. Les Français deviennent alors majoritaires parmi les détenus.
Sur près de 8 000 internés, près de la moitié sont des hommes « indésirables » — républicains espagnols, réfugiés, Juifs et apatrides ; près d’un quart sont des réfractaires au STO ; un peu moins d’un cinquième des femmes ; et un peu plus d’un dixième des communistes ou personnes considérées comme telles. Seul camp d’internement de Paris intra-muros pendant l’Occupation, les Tourelles illustrent la politique d’exclusion et de persécution du régime de Vichy.
Depuis 2018, une plaque commémorative rappelle cette histoire. Après-guerre, le site devient le siège du SDECE, devenu DGSE, connu sous le nom de « la Piscine ». Un déménagement progressif vers le fort de Vincennes est annoncé pour la fin des années 2020.
1°) La Caserne des Tourelles abritait à ses débuts en 1881 le 104e régiment d'infanterie de ligne; avant-guerre c'étaient des unités d'infanterie coloniale, dont le 1er et probablement le 4e RIC 2°) Vidée de ses militaires, elle accueille en juin 1940 Réfugiés et Étrangers sans titre de séjour.
3°) En octobre 1940, sur décision de la Préfecture de Police, les bâtiments de la Caserne changent d'affectation. ils sont transformés en Camp d'Internement, pour les "indésirables" étrangers que sont les réfugiés, les juifs ou les apatrides. 4°) Des français y arrivent à partir de juillet 1941. Une section est réservée aux communistes. 5°) Jusqu’à la rafle du Vel d’Hiv de juillet 1942, c'est le camp d’internement des Femmes Juives de la région parisienne.
6°) A partir d'octobre 1942, le Camp des Tourelles n'interne plus que des Étrangers, Politiques et Réfractaires. Les femmes arrêtées ne passent plus par les Tourelles, étant expédiées directement à Drancy, avant d'être déportées.
7°) Avec l'insurrection parisienne, la Libération du camp intervient le 17 août 1944. Au final, avec une capacité de 400 à 600 places, près de 8.000 personnes y auront été internées, d'octobre 1940 à août 1944.
8°) 3.600 personnes (collabos, Allemands ou proches d’eux) y seront encore détenues jusqu’à la fermeture définitive du camp en décembre 1945. Les services secrets prendront le relais jusqu'à nos jours (Sdece, Dgse..)
IMPLANTATION
Au nord, le bâtiment A, sert de lieu d'hébergement à un détachement de la Wehrmacht ainsi que de lieu d'accueil pour les réfugiés de retour d'exode. Plus tard, un bureau de placement de la main d'œuvre en Allemagne s'y installe. C'est également un entrepôt pour les colis destinés aux prisonniers de guerre. Il n'a jamais fait partie du Camp d'Internement
A l'ouest, le bâtiment B est d'abord un centre d'internement administratif et de séjour surveillé pour les "Aryens" amis des Juifs, des anonymes solidaires de la condition de la population juive et des opposants à leurs persécutions qui sont soumis au port de l'étoile jaune avec l'inscription "Amis des Juifs". En octobre 1942, il devient une annexe de la Prison de Fresnes, puis de la Santé.
Au sud, le bâtiment C est un centre de rassemblement des étrangers comme les républicains espagnols, et des politiques, puis des réfractaires au STO. Il devient le seul bâtiment affecté au Camp d'Internement à partir d'octobre 1942.
La Caserne des Tourelles, construite à la frontière de Belleville et des Lilas, est entourée du bd Mortier, de la rue des Tourelles et de l'avenue Gambetta. Inaugurée en 1881, elle suit le plan type adopté pour les 150 établissements que la IIIe République dédie aux soldats du nouveau service militaire obligatoire. Autour d’une cour centrale, elle est alors composée de 3 bâtiments principaux de 4 niveaux chacun,de 2 petits pavillons d’entrée et de bâtiments annexes en pourtour. Elle y accueille trois bataillons du 104e régiment d'infanterie de ligne venus du Mans. Après le départ de la troupe pour le front en mai 1940, la caserne se retrouve sans utilisation militaire. A la suite de l'armistice, elle est transformées en Camp d'internement sous administration française (Vichy) de 1940 à 1944. Près de 8.000 personnes y auront été internées. Le camp est libéré le 17 août 1944. En attendant sa fermeture définitive en décembre 1945, 3.600 autres personnes (collabos, Allemands ou proches d’eux) y seront encore internées. Les services secrets prendront ensuite le relais (Sdece, Dgse). Leur déménagement au Fort de Vincennes est prévu pour 2028 (annonce Emmanuel Macron 2021)
La Caserne des Tourelles, bâtie sur le côté intérieur du boulevard Mortier et inaugurée en 1881, suit le plan type adopté pour les 150 établissements édifiés dans toute la France sous la IIIe République, afin d’y loger les soldats du nouveau service militaire obligatoire. Elle est alors composée de trois bâtiments principaux de quatre niveaux autour d’une cour centrale, avec deux petits pavillons d’entrée et des bâtiments annexes en pourtour. Sans utilisation militaire après le départ de la troupe pour le front en mai 1940, la caserne connait un destin singulier entre 1940 et 1945.
Elle sert d’abord de lieu d’accueil pour les Réfugiés qui fuient l’avance allemande en mai-juin 1940 et à partir de juillet 1940 elle accueille des étrangers normalement non-autorisés à séjourner dans le département de la Seine, mais qui ne peuvent le quitter en raison des circonstances. Environ 1.500 hommes, femmes et enfants y ont été hébergés à ce titre jusqu’en juillet 1941.
A partir de la fin octobre 1940, un camp d’internement y est ouvert par la Préfecture de Police, le ravitaillement assuré par la Préfecture de la Seine et la garde armée effectuée exclusivement par la Gendarmerie française. Les Allemands peuvent y faire interner ou en extraire qui ils veulent, mais le camp est exclusivement sous gestion française.
SANS JUGEMENT, la POLICE est TOUTE PUISSANTE
Le Camp d'Internement n’est pas une prison : c’est la Police qui décide de l’internement, sans aucun contrôle d’un juge, car les intéressés n’ont commis aucune infraction. La décision d’internement n’étant pas motivée, les internés n’en connaissent ni les motifs, ni la durée, celle-ci étant en général sans limite de temps. Le pouvoir arbitraire de la Police est donc total. Fréquemment, des personnes condamnées antérieurement, au lieu d’être libérées après avoir purgé leur peine sont internées immédiatement et changent ainsi de statut, mais restent toujours enfermées.
Dès le début, le dispositif juridique vise les étrangers « indésirables », puis les communistes et les repris de justice. Il est très fortement élargi sous Vichy, notamment aux juifs étrangers puis français. Dans la caserne, seuls le bâtiment ouest au centre et le bâtiment sud à gauche de l’entrée sont utilisés pour l’internement. Le bâtiment nord (A) à droite de l’entrée sert de bureau de placement allemand jusque fin 1941, puis est affecté au Service des œuvres pour les prisonniers de guerre français en Allemagne et ne fait donc jamais partie du camp.
Durant la 1ère période du camp jusqu’au 13 août 1942, les Tourelles occupent une place importante dans la persécution. Celle-ci s’aggrave à partir de la première grande rafle antijuive, dite du « Billet vert », le 14 mai 1941, dans laquelle le camp sert de lieu de convocation pour les juifs du 20e arrondissement, 630 hommes partant le soir à la gare d’Austerlitz pour le camp de Pithiviers.
A partir du printemps 1942 avec l’exacerbation de la persécution, notamment l’imposition de l’étoile jaune début juin 1942, le nombre et la part des internés juifs s’accroit fortement aux Tourelles. Le camp de Drancy étant réservé aux hommes jusqu’à la rafle du Vel d’Hiv à la mi-juillet 1942. Les Tourelles sont le camp d’internement des femmes juives de la région parisienne, à partir de septembre 1941. La toute 1ère déportation de femmes effectuée en France l’est à partir des Tourelles : 66 femmes juives de moins de quarante ans étant transportées le matin du 22 juin 1942 directement à la gare de Drancy-Le Bourget et déportées à Auschwitz. Parmi les internés de novembre 1940 à août 1942, presque 1 homme sur 2 est juif, le ratio passant à 3 femmes juives sur 4 internées (70%), avec parmi elles Dora BRUDER à qui Patrick Modiano a consacré un livre en 1997.
Le 13 août 1942, les 2/3 des internés sont transférés à Drancy: tous les juifs (252 femmes et 71 hommes), ainsi que 10 femmes « amies des juifs » internées pour avoir porté par solidarité des étoiles jaunes de fantaisie ; au camp d’Aincourt près de Mantes 40 femmes communistes. Les Tourelles cessent quasiment d’être un instrument de la politique de persécution, sauf rares exceptions les juifs étant désormais envoyés directement à Drancy.
Après la Rafle du Vél-d'Hiv en juillet 1942, l'envoi des juifs se fait directement sur Drancy, sans plus passer par les Tourelles. En octobre 1942, le bâtiment central (B) devient une annexe de la Prison de Fresnes, puis de la Santé. Et le Camp d'Internement se replie sur 1 seul bâtiment, celui du sud (C).
Le Camp continue de rassembler comme auparavant des "Indésirables étrangers", notamment des Républicains espagnols, pour préparer leur expulsion ultérieure ou leur embauche pour les Allemands. Mais on interne de plus e plus des Français, notamment des politiques (pour la très grande part Communistes). Plusieurs dizaines sont pris par les Allemands pour être déportés. S’y ajoutent des Récidivistes de droit commun, des contrevenants à la réglementation économique ou des internés pour des raisons les plus diverses.
De mars 1943 à février 1944, ce sont principalement les Réfractaires au STO (Service du Travail Obligatoire) qui font le gros des arivages. Au nombrede 1.800, ils sont internés pour une très courte durée, avant leur versement dans des organismes travaillant pour les occupants. Les Français sont désormais de très loin majoritaires.
Depuis mai 2018, le passant peut remarquer une Plaque commémorative apposée par la Ville de Paris sur les murs de la piscine. Elle rappelle que près de 8.000 personnes ont été internées dans l’ancienne Caserne, devenue Camp d'Internement entre 1940 et 1944.
Les discrets Services secrets français sont installés dans l’ancienne Caserne des Tourelles du 141 bd Mortier depuis 1946. Appelé familièrement "la Piscine", Ie lieu doit son surnom au Stade nautique "Georges Vallerey", construit pour les JO de 1924, et installé juste à côté, à la Porte des Lilas.
C'était le SDECE aux débuts (Service de documentation extérieure et de contre-espionnage). C'est aujourd’hui la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure). A la fin des années 1990', ses locaux ont d'ailleurs été étendus de l’autre côté du boulevard, à la Caserne Mortier (construite en 1933).
Le lieu s'est fait connaître grâce à la série télévisée "Le Bureau des Légendes" créée par Eric Rochant et dont l'histoire y prend place (5 saisons de 2015 à 2020).
Ne pouvant plus pousser les murs du site, un déménagement des Services secrets au Fort de Vincennes est attendu pour 2030-2031 par étapes (annonce Emmanuel Macron 2021).
pour près de la moitié = les Hommes Indésirables (républicains espagnols, réfugiés, juifs et apatrides) de 1940 à 1944 (du début à la fin du camp)
près de 1 sur 4 = les 1.800 Réfractaires au STO, de mars 1943 à février 1944
un peu moins de 1 sur 5 = les Femmes (quelles que soient les raisons de leur internement, y compris politiques) internées à partir de septembre 1941
un peu plus de 1 sur 10 = les Communistes (hommes) et ceux considérés comme tels, à partir de juillet 1941
Ces milliers d’internés témoignent de la politique d’exclusion et de persécution, menées au quotidien par les autorités de Vichy, dont le camp des Tourelles, seul camp dans Paris intra-muros durant toute cette période, a été un instrument de choix pour la région parisienne.
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APRÈS la Libération du Camp, le 17 août 1944, 3.600 personnes sont de nouveau internées, mais pour d'autrs raisons: Collaborateurs, Allemands ou proches d’eux, jusqu’à la fermeture du camp en décembre 1945, suivie de l'installation des services secrets en 1946.
Sur les MEDIAS de Racines du 93
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"Un camp d'internement en plein Paris : la caserne des Tourelles : 1940-1945", Louis Poulhès, éd atlande 307p 03/2019 19€ atlande.eu memorial shoah ou en bibbliothèque aux ad75 6 bd serurier P19, Cote : 8X 6076 en salle de lecture
"Dora Bruder", récit biographique de Patrick Modiano, avr1997 éd gallimard wiki amazon geneanet emesemer memorshoah promen. Dora-Bruder 2015 gmaps
Dora Bruder et son père, Ernest Bruder, juif, né le 21 mai 1899 à Vienne (Autriche), sont à quelques mois d'intervalle arrêtés, emprisonnés à la caserne des Tourelles du boulevard Mortier, puis internés au Camp de Drancy avant d'être déportés à Auschwitz le 18 septembre 1942, par le convoi no 34, qui les emporte vers les camps de la mort. Cécile Bruder (née Burdej), la mère de Dora Bruder, est née le 17 avril 1907 à Budapest (Hongrie). Elle est déportée le 11 février 1943, par le convoi no 47, de Drancy vers Auschwitz, où elle meurt.
Photos: gallica 1910
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