Le Kybalion



Traité de la philosophie hermétique


Le KYBALION.


Auteur : Trois initiés. Editeur : Librairie du Magnétisme





Le principe du Mentalisme.

Le Tout est Esprit ; l’Univers est Mental.

Commentaires :

Une des principales sources de la philosophie hermétique est incontestablement l’ancienne Égypte dont, - contrairement à l’idée moderne que nous en avons aujourd’hui -, nous ne connaissons encore que très peu de choses, tant il en reste à découvrir. La fabuleuse richesse de ses archives, malgré les aléas que lui ont fait subir les barbares de la nouvelle civilisation naissante (ère des Poissons) - et qui n’ont pu faire disparaître le formidable édifice tant architectural que spirituel, qui s’était édifié sur les très solides bases de la Science Hermétique -, rayonne toujours de ses milles feux. Plusieurs millénaires de destructions systématiques, n’ont eu pour effet que de mettre en sommeil ses Enseignements qui se sont le plus approchés de l’intemporel. Sommeil est d’ailleurs un terme qui n’est pas approprié, car si la Sapience Hermétique, après avoir subi les assauts des hordes barbares incultes a donné l’impression de disparaître, il n’en a rien été. Elle s’est simplement drapée dans le voile de l’occultisme, et elle a de toutes façons, servi de levain et de puissant ferment, aux nouvelles ontologies.


Malgré les profonds dévoiements de ces nouvelles ontologies encore extrêmement rustiques, - qu'on en juge par l'inhumanité dont elles sont trop souvent capables -, il est possible de remonter à la source originelle inspiratrice, sans laquelle ces nouvelles ontologies n’auraient eu aucune chance de survie. Notons au passage que le rayonnement d’une civilisation n’indique pas nécessairement sa richesse et sa profondeur ; elle peut résulter d’une succession d’évènements conjoncturels, comme cela a été le cas de la civilisation grecque. Cette dernière s’étant nourrie, à la suite des conquêtes d’Alexandre, de son attrait profond pour la Civilisation Mère qu’était l’ancienne Égypte, et de la main mise de son peuple sur ce pays conquis ; main mise qui a eu pour conséquence déplorable de fournir à ce peuple barbare une source de raffinement et de richesses spirituelles, dont il s’est empressé de travestir de ses oripeaux en «hellénisant» ses principaux noms, temples et symboles, et qui sont venus l’enrichir copieusement. Ce pillage tant matériel que spirituel a donné à ce petit peuple un rayonnement artificiel, un peu comme lorsqu’un soleil (celui de Ra) avant de s’effondrer sur lui-même, enfle et brille démesurément une dernière fois dans un ultime chant du cygne. Nous retrouvons, à une échelle moindre, le même phénomène chez les Espagnols lorsqu’ils se sont enrichis de l’or (beaucoup) et des cultures (si peu) du Nouveau Monde, leur fournissant ainsi de considérables moyens de domination, ce qu'ils ne se sont pas privés de faire, mais induisant la perversité que produit une acquisition illégitime et vicieuse, celle d’une pauvreté future au moins égale à la richesse indue.

Ce qui caractérise une Civilisation Mère, comme celle de l’ancienne Égypte, c'est d’abord l’abondance de ses archives, et ensuite la justesse de sa pensée ontologique. À l’aune de ces critères, force est de constater que la petite civilisation grecque n’est pas autre chose que le pâle reflet, d’ailleurs très déformé, de la luxuriante Civilisation égyptienne. Les archives de la Grèce antique sont infiniment dérisoires comparées à celles de l’Égypte antique. Et ce qui fonde l’ontologie de la Grèce antique n’est pas autre chose que le poème épique d’Homère qui en constitue sa Bible ; et si ce poème est en tout point remarquable, il n’est pas une base suffisamment solide pour rendre pérenne l’édifice ontologique que les grecs ont construit sur lui.

La principale source de notre civilisation occidentale est, et reste l’ancienne Égypte et sa prodigieuse Doctrine hermétique; même si elle porte le nom d’un dieu grec, suite aux aléas précédemment évoqués, elle n’a pas pour origine ce peuple. Hermès étant l’appellation hellénisée du sublime dieu Thoth. Cette doctrine hermétique n’est ni une croyance ni une religion, mais un Enseignement intemporel et universel. La crainte la plus redoutée des Sages de cette Science était justement de voir le peuple des profanes incultes et son éternel besoin d’idolâtrie, transformer en superstition religieuse, ce qui ne relevait que de la Philosophie d’une Foi totalement éclairée par la Raison. Le mélange de la théologie et de la philosophie est de même nature que celui du vice avec la vertu, en dernier ressort c’est toujours le vice qui l’emporte. L’Histoire, sur une longue période,valide incontestablement le bien-fondé de ce postulat.

Mais ce qui s’est approché le plus de la Vérité Absolue, ne peut pas être vaincu par ce qui s’en est approché le moins. Les lois du Destin règnent dans la sphère de causalité temporelle, mais les lois de la Divine Providence demeurent dans l’Éternel Moment Présent, ce qui leur donne une prééminence sur les cycles temporaires. La Science Hermétique s’est donc toujours transmise du Maître à l’élève, du Hiérophante à l’initié, de la lèvre à l’oreille. Elle s’est volontairement voilée pour se dissimuler aux imprécateurs sectaires et tyranniques de l’ordre «nouveau», et, d’hermétique qu’elle est par nature, elle est devenue en plus occulte se dissimulant sous les termes abscons de l’Alchimie et de l’astrologie, réservant sa véritable signification, et ne dévoilant son Enseignement qu’à ceux qui ont possédé la clé pour la lire correctement.

Ce petit préliminaire, qui me semble être un bon rafraîchissement d’une mémoire perdue, ou volontairement tronquée par des savoirs ineptes, nous permet d’entrer dans la toute-puissance des révélations du Kybalion et de ses sept principes majeurs. Le premier de ses principes est: Le Tout est Esprit ; l’Univers est Mental. Le Tout, comme j’ai déjà eu l’occasion de l’aborder dans de précédents articles dans le Grand Œuvre d’Hermès Trismégiste, est ce concept en dehors duquel rien ne peut exister faute de temps d’espace et de lois principes qui le différencieraient de ce Tout. Le Tout n’est pas mortel, et par voie de conséquence il ne peut se manifester dans la sphère temporelle sous un aspect spécifique. Le Tout n’est pas plus ou moins le Tout, je veux dire par là, que n’ayant pas une dimension définie, ni des critères limitatifs de quelques natures que se soit, il n’est pas mutable, mais immuable ; ce qui revient à dire que ce qui se produit à l’intérieur du Tout doit être un jeu de compensation à somme nulle, afin qu’il conserve son immuabilité inviolable. Ce Tout sera donc ce que contient l’Univers matériel et immatériel, l’énergie nécessaire à son mouvement permanent sans lesquels ces Univers n’existeraient pas, et les Lois principes et immuables qui assurent l’harmonie et la pérennité de ces Univers. Cette énergie, dans sa forme la plus universelle, comme j’ai déjà eu l’occasion de l’expliquer dans la Véritable Histoire d’Adam et Eve enfin dévoilée, n’est dans son essence la plus pure, rien d’autre que les éternelles pensées de Lui-les-Dieux, qui est la Genèse de toutes les créations et de toutes les créatures, comme l’enseignent les Tables de la Loi du Sépher de Moïse.

Le Tout est donc obligatoirement Esprit, et chaque création, matérielle ou spirituelle, n’est que la manifestation d’un champ du possible qui existe en contingence d’être. Ces champs du possible seront soit infinitésimaux, soit d’une amplitude grandiose avec une volonté de s’approcher sans cesse et le plus qu’il soit possible de l’Universel. Chaque champ du possible (espace de manifestation) aura sa propre réalité temporelle, et c’est l’ensemble de ces réalités temporelles qui constitue la manifestation de l’intemporel... Ces champs du possible existent en contingence d’être, c’est-à-dire qu’ils se manifestent sous une forme donnée, lorsque l’Esprit vient les parcourir; un peu comme lorsque quelqu’un entre dans la lecture d’un livre et se met à vivre à l’intérieur de son histoire, qui comprend un passé, ce que le lecteur a lu, un présent, ce qu’il est en train de lire, et un futur, ce qui lui reste à lire. Pendant la durée de cette lecture, le lecteur vivra dans le temps et la réalité de l’histoire du livre, et sera déconnecté du temps et de sa propre réalité supérieure. Une fois la lecture terminée, il reposera son livre (champ du possible) sur le rayon de l’étagère de la bibliothèque de l’Éternel Moment Présent, celle qui contient tous les champs du possible. Le champ du possible (le livre) ne change pas à chaque lecteur, c’est chaque lecteur qui parcourt ce champ du possible qui est différent du précédent. Et la lecture de ce champ du possible ne modifie en rien son temps, son espace et ses critères de réalités temporaires. La lecture de ce champ du possible est donc un jeu à somme nulle pour la Bibliothèque de l’Éternel Moment Présent.

Cette petite illustration imagée permettra, je l’espère, de mieux comprendre comment le Tout peut avoir autant de manifestations tout en restant Lui-même parfaitement immuable. L’esprit qui s’enferme temporairement dans une manifestation temporaire, vit cette manifestation comme une réalité objective, avec ses lois de causalité quasiment inviolables, mais, et c’est là la toute-puissance de l’enseignement hermétique du Kybalion, celui qui connaît l’existence de lois supérieures à cette réalité temporaire, est aussi en mesure de ne pas se laisser enfermer et asservir par les lois de causalité de ce champ du possible, en reposant le livre sur son étagère pour passer à un autre champ du possible qu’il pourra librement choisir. Pour parvenir à la maîtrise de cet élément de la Haute Magie Hermétique, il faut comprendre la Nature Mentale de l’Univers. Les pouvoirs de l’Esprit, et la présence constante du Tout dans chaque manifestation. Ce qui nous laisse entrevoir la nécessité d’une pensée juste en Vertus, qui est l’instrument de manifestation du pouvoir de l’Esprit sur les champs du possible. Celui qui s’imagine n’être que le héros du livre qu’il est en train de lire, sans même savoir qu’il n’est qu’un simple lecteur, finira sa carrière avec le mot FIN du livre.

Le Tout est Esprit ; l’Univers est Mental. Ce qui veut dire en réalité que si le Tout est Esprit, c’est cet Esprit qui façonne l’Univers Mental, et que cet Esprit est l’unique énergie protéiforme de tout ce que manifeste cet Univers Mental. Le principe de manifestation des champs du possible par l’intermédiaire de l’Esprit qui le parcourt, est un Art de transmutation de cet Esprit, c’est donc à juste raison que la Science hermétique soit considérée comme une Alchimie.

L’Esprit à ceci de particulier sur la matière, c’est qu’il peut se transmettre sans pour autant se diminuer, un peu comme la flamme de la bougie qui sert à allumer d’autres bougies, sans jamais perdre en intensité ni en rayonnement. C’est aussi pour cette raison que l’Univers ne peut pas être autre chose que Mental ne serait-ce que pour ne pas violer le principe d’immuabilité de la Vérité Absolue, et de l’Éternel Moment Présent. La flamme de l’Esprit peut parfaitement se communiquer du ver luisant au coeur rayonnant d’une galaxie, sans craindre de perdre ou de gagner quoi que ce soit.

Ce premier principe du Kybalion, qui renferme beaucoup plus de richesses que celles que j’évoque dans ce présent article, est aussi celui du plus grand Paradoxe Divin, celui qui consiste à se manifester dans la diversité, sans avoir la nécessité d’être. Ce Paradoxe Divin est aussi celui qui permettra à n’importe qu’elle manifestation de l’Esprit d’avoir cette faculté de transmutation, sans pour autant perdre l’essence de son identité karmique, et nous devons le partage de cette Divine faculté au fait que justement Tout est dans tout, et l’univers est cohérent dans son Mental et son harmonie absolue.





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