Dès 1947, le pays s'est redressé et a rattrapé son niveau de production d'avant-guerre. C'est en grande partie dû au fait qu'il y a eu peu de destructions des moyens de production. Pour soutenir l'expansion économique et vu le manque de main d'oeuvre, on "importe" des milliers d'immigrés italiens pour travailler dans les charbonnages et l'industrie de la partie wallonne du pays. Ils sont suivis à partir des années 60 et du redressement économique de l'Italie, par des immigrés d'autres pays européens puis du Maroc et de Turquie. Ces derniers, en particulier, seront nombreux dans les mines de Campine.
Au point de vue politique, les premières élections pour lesquelles les femmes ont obtenu le droit de vote, donne une majorité absolue aux catholiques devenus Parti Social Chrétien.
A partir des Golden Sixties, on va assister à un basculement complet de la richesse du pays du sud au nord. La Flandre s'industrialise de plus en plus en implantant des usines modernes alors qu'au même moment, on ferme les charbonnages du sud, faute d'un rendement suffisant, ainsi que les industries vieillissantes.
A partir des années 80, le chômage augmente en Wallonie et à Bruxelles et diminue fortement en Flandre.
Au point de vue politique, l'évolution va s'orienter de plus en plus vers une scission linguistique et politique du pays.
De la Belgique unie au fédéralisme
Les familles politiques se divisent d'abord en ailes néerlandophone et francophone puis en partis. Cela va s'accompagner d'une orientation politique différente avec une majorité de droite en Flandre et une majorité de gauche en Wallonie et à Bruxelles. On voit réapparaître des partis purement autonomistes et indépendantistes en Flandre de même qu'un éparpillement des voix lors des élections.
En 1962, on crée la frontière linguistique. Cette frontière divise la Belgique en trois communautés linguistiques : la communauté néerlandophone (Flandre et les flamands de Bruxelles), la communauté francophone (Wallonie et les francophones de Bruxelles), la communauté germanophone (cantons de l'est). Le principe est simple, la réalité beaucoup moins. En Flandre, tout doit se faire en néerlandais; en Wallonie tout en français, dans les cantons tout en allemand et à Bruxelles au choix du citoyen en français ou en néerlandais. Quid des communes le long de cette frontière et dans la périphérie bruxelloise qui sont en territoire de l'une ou de l'autre de ces communautés et où une partie parfois majoritaire de la population s'exprime dans l'autre langue ? Le législateur imagine donc de créer des communes à facilités. Le citoyen aura le droit de demander tout le "matériel" administratif dans sa langue. Pour les francophones, ces facilités sont définitives. Pour les néerlandophones, elles sont temporaires jusqu'à ce que les personnes connaissent le néerlandais.
A partir de 1970, des révisions de la constitution se succèdent émaillées à chaque fois de crises politiques opposant les deux grands groupes linguistiques.
En 1988, on crée trois régions : la région flamande, la région wallonne et la région Bruxelles-capitale. Ces régions se voient dotées de plus en plus de pouvoir. En 1993, une nouvelle révision transforme officiellement la Belgique en état fédéral.