La dîme de Folx-les-Caves
Dans le cartulaire de Mellemont, nous trouvons quelques actes concernant le patronat et la dîme de Folx-les-Caves.
Sous l'abbé Arnulf de Louvain (abbé de 1240 à 1248)
· 1245 : Robert, évêque de Liège confirme l'acquisition par l'abbaye de Villers de la dîme que possédait Walter dit Bethesier à Folx du consentement du curé du lieu.
Sous l'abbé Alméric (abbé de 1268 à 1270)
· 1268 : Jacques, curé de Folx, donne son accord à l'acquisition par l'abbaye de Villers de dîmes sous la paroisse de Folx.
Sous l'abbé Arnulf de Ghistelles (abbé de 1270 à 1276)
· 1270 : Henri d’Otreppe et sa famille, dont le beau-frère Walter dit Bekesiert [1], cèdent à l'abbaye de Villers tous leurs droits sur le patronat de l'église de Folx. Parmi les témoins, Jacques curé de Folx et son frère curé de Malèves.
· 1272: Jacques, curé de Folx, confirme l'acquisition de dîmes sous la paroisse de Folx par l'abbaye de Villers.
Gauthier dit Bethesier, Henri d’Otreppe et sa famille étaient vraisemblablement les successeurs de la famille fondatrice de l’église de Folx-les-Caves.
Nous avons vu qu'en 1324, la dîme de Folx-les-Caves était partagée entre l'abbé de Villers, le curé de Folx-les-Caves et le chapitre de Saint-Denis. Ce partage et la distance rendaient difficile une perception directe de cet impôt. Aussi, les décimateurs ont-ils préféré affermer la dîme à des dîmeurs qui leur payaient une somme annuelle forfaitaire. Jusqu'en 1778, les dîmeurs étaient généralement les fermiers des terres de St-Denis (31 bonniers, 3 verges grandes et 18 verges petites) et de Villers (12 bonniers). Par conséquent, ces baux de dîmes se trouvent dans les dossiers de fermage des terres de St-Denis [2] et Villers [3].
On y trouve comme dîmeurs:
· En 1566, Anne Mathy, veuve de Henry Lebeghe, fermière [4] de Villers.
· En 1585, Antoine de Kertinion, fermier de St-Denis.
· En 1592, 1597,1614, Antoine Le Rousseau, fermier de St-Denis.
· En 1625, Marguerite, veuve d'Antoine Le Rousseau, fermière de St-Denis.
[1] Walter dit Bekesier cède la dîme en 1245 ; Walter dit Bethesiert cède le patronat en 1270. La ressemblance des surnoms est frappante. Le cartulaire de Mellemont daterait du XVIe siècle ; les actes copiés sont du XIIIe siècle. Outre les variantes sur les noms, il ne serait pas étonnant qu'il y ait eu aussi des erreurs de transcription.[2] AELg, Collégiale Saint-Denis n° 15-23; Registres aux baux ou stuits, 1569-1769.[3] AELLN, Abbaye de Villers, A.E.B. n° 11078, Baux de terres et dîmes à Folx, 1569-1715.[4] Le fermier est celui qui louait des terres et pas nécessairement un bâtiment de ferme. Ni l‘abbaye de Villers ni le chapitre de Saint Denis ne possédaient de ferme à Folx-les-Caves.· En 1631, Antoine Le Rousseau, fermier de St-Denis.
· En 1639 et 1650, Antoine le Rousseau, fermier de Villers.
· En 1666 et 1672, François Paheau, fermier de St-Denis.
· En 1676, Guillaume de Rousseau, fermier de St-Denis.
· En 1678, Anne de Linchamps, veuve de François Paheau, fermière de Saint-Denis.
· En 1685 et 1692, Philippe Mathy, fermier de St-Denis.
· En 1696, Marie Estienne, veuve de Philippe Mathy [1], fermière de St-Denis.
· En 1713, Philippe Burnick, fermier de St-Denis.
· En 1715, le même, fermier de Villers.
· En 1729, Joseph Becquevort, dîmeur de St-Denis.
· En 1742, Antoine Maqueau, fermier de St-Denis.
· En 1769, Pierre Joseph Mathieu, fermier de St-Denis.
A partir de 1778, jusqu’en 1795, les dîmes grosses et menues furent mises annuellement aux enchères par les décimateurs. Ces ventes, par lot, étaient faites par Jean Lambert de Hemptinne, notaire [2] à Jauche.
Les acquéreurs devaient disposer d’une certaine aisance financière pour se permettre d’acquérir des lots d’une valeur importante. Ainsi, parmi les acheteurs en 1778, on a :
o André Dellis 222 florins
o Maximilien Burnicq 90 florins
o Michel Jehonet 137 florins
o Mathieu Williquet 100 florins
o Louis Vannexem 250 florins
o Joseph Bequevort 120 florins
o André Vannexem 100 florins
o Jean Baptiste Clerins 40 florins
Ces noms de famille sont encore connus dans l’histoire récente de Folx-les-Caves. Pour juger de la valeur de ces lots, rappelez-vous qu’au XVIIIe siècle, le revenu annuel d’un ouvrier qualifié était de l’ordre de 200 florins.
[1] Registre de décès de Folx-les-Caves 1694-1796, p.191, Le 30 août 1695, Philippe Mathy fut tué par les Français dans les grottes de Folx-les-Caves. C’est l’époque où les troupes françaises, commandées par le maréchal Villeroy, essayaient de rompre le siège de Namur par les troupes alliées, commandées par Guillaume d’Orange.[2] Jean-Lambert de Hemptinne (° 21-2-1740 à Mont-Saint-André, † 18-05-1810 à Jauche) fut notaire à Jauche de 1765 à 1796. Ses minutes sont conservées aux Archives de l’État à Louvain-la Neuve.