Très tôt, le christianisme a pris conscience de la nécessité de tenir des registres, d'abord pour les baptêmes, puis pour les mariages. Ils permettaient d'avoir des références prouvant la réalité de ces sacrements. Mais il n'y avait aucune obligation de les tenir ni d'indication sur les informations qu'ils devaient contenir.
Il a fallu le concile de Trente (1545-1563) pour qu'une ébauche de réglementation existe. Pour la France, l'ordonnance de Villers-Cotterêts de 1539 prise par François Ier oblige la tenue de livres de baptêmes dans lequel l'enfant sera repris sous le nom de son père. Ce sera peu suivi d'effets et il faudra un rappel d'Henri III en 1579 pour que les curés tiennent régulièrement des registres de baptêmes, de mariages et de décès.
Pour ce qui concerne les Pays-Bas, c'est l'Edit perpétuel de 1611 sous le gouvernement d'Albert et Isabelle qui va en fixer les modalités y compris le fait d'en tenir des doubles à envoyer aux greffes des villes, bailliages et châtellenies.
En Belgique, le plus ancien registre connu à Bruxelles date de 1406.
Pendant ces trois siècles où ils ont servi d'état civil, les évêques et les gouvernants ont envoyé à de nombreuses reprises des directives sur la manière de rédiger les actes. Il faut dire que nombre de curés et de vicaires n'y mettaient pas le plus grand soin. Il ne faudra donc pas vous étonner de certaines lacunes.
Un projet de loi de 1865, mis en application dans les années qui suivirent, proposa de créer pour les registres paroissiaux des tables sur le modèle des tables décennales d'état civil. A la fin du 19e siècle, ce fut chose faite. Ces tables sont particulièrement utiles pour le chercheur. Elles présentent toutefois quelques problèmes de fiabilité dues à des erreurs de transcription. L'absence d'un acte dans une table n'implique pas toujours que l'acte n'existe pas. Il faudra parfois relire tous les actes d'une période pour le trouver. Ces tables sont aussi disponibles dans les dépôts d'archives et, en principe, sur internet.
Puisque nous remontons le temps, nous commencerons notre recherche par les registres les plus "modernes" qui nous donneront des informations relativement complètes sur les personnes concernées. L'écriture reste facilement lisible et la structure des actes rappelle celle de l'état civil.