La version officielle de cette évasion est quelque peu édulcorée. Le 23 septembre, le maïeur de Hemptinne déclare aux échevins de Folx-les-Caves.
«et comme ledit accusé et prisonnier a trouvé le moien de s’évader de prison du chateau de Jauche le vingt du présent mois vers les six heures et demy du soir lorsque le sergeant lui alloit porter à souper, aiant trouvé le moien de deverinner ses fers aux pieds avec un cintre, ou tricoise, sans qu’on en ait put découvrir par quelle voie ils lui peuvent avoir été subministrés ».
A l’époque le château de Jauche était en très mauvais état, quasi inhabitable[1]. Pour s’en convaincre, il faut comparer le plan du château sur la carte de Villaret de 1746, avec celui sur la carte de Ferraris vers 1777.
On y voit, au nord, le château médiéval avec, accolée au sud, la ferme dont l’entrée se voit encore sur la place communale. L’église, orientée ouest-est, sera détruite en 1765.
En 1777, le château est déjà partiellement détruit. A l’ouest de la ferme, nous voyons la nouvelle église construite en 1766, dont l’orientation est devenue nord-sud.
Les de Berlaymont[2], barons de Jauche depuis 1756, seigneurs de Folx-les-Caves, Autre-Église, etc. avaient de gros problèmes financiers au point qu’ils durent mettre aux enchères la baronnie et les seigneuries qui en dépendaient. Elles furent rachetées en 1780 par le comte van der Meeren de Kruyshoutem. Celui-ci rasa le château en 1782. Ce qui en reste aujourd’hui sont les vestiges de la ferme accolée au château.
[1] J.-J. Sarton, Histoire de la commune de Jauche [...], p.142.
[2] J.-J. Sarton, Histoire de la commune de Jauche ..,, pp. 122-123.
Château de Jauche (Carte de Villaret 1746)
Château de Jauche (Carte de Ferraris 1777)