Le 10 novembre 1830, le gouvernement provisoire a remis le pouvoir au Congrès National chargé d'organiser l'Etat. La constitution élaborée par celui-ci est de type républicain avec une séparation des pouvoirs mais une prépondérance au législatif. La décision est cependant prise de ne pas déclarer une république ce qui ne plairait guère aux puissances européennes toujours traumatisées par la révolution française. La Belgique deviendra donc un royaume constitutionnel avec un pouvoir royal très limité.
Le choix se porte sur Léopold de Saxe-Cobourg et Gotha qui présente de nombreuses qualités aux yeux du Congrès. Il est d'origine allemande et a servi dans l'armée russe pendant les guerres napoléoniennes où il terminera général de division. Il a épousé l'héritière du trône d'Angleterre. Devenu veuf, moins d'un an plus tard, il a gardé la nationalité anglaise. Il a donc l'appui de la Prusse, de l'Autriche, de la Russie et de l'Angleterre. Il prête serment le 21 juillet 1831 et épouse l'année suivante Louise d'Orléans fille de Louis-Philippe qui deviendra ainsi la première reine des Belges.
La période 1830-1914
Le Congrès National a une caractéristique issue de la révolution. Il est composé de bourgeois et de nobles. Ils vont donc prendre un certain nombre de décisions qui auront des répercussions sur l'évolution de la Belgique. Il est élu par les censitaires et les capacitaires, c'est-à-dire ceux qui paient des impôts et ceux qui possèdent un diplôme ou exercent une profession libérale. C'est donc une assemblée bourgeoise qui crée une constitution bourgeoise. Le droit de vote ne sera accordé qu'aux censitaires de 25 ans au moins qui ne constituent qu'à peine 1% de la population. La lutte future pendant tout le 19e siècle et le début du 20e siècle sera, pour les démocrates, d'obtenir le suffrage universel. Deuxième décision très importante, il décide que la Belgique n'aura qu'une langue officielle, le français. C'est le germe de graves conflits qui connaissent leur apogée aujourd'hui.
Pourquoi cette décision ? La noblesse et la haute bourgeoisie qu'elle soit du nord ou du sud du pays est francophone. La moyenne bourgeoisie du nord l'est en grande partie devenue. Le néerlandais symbolise également l'occupation hollandaise et les inégalités dénoncées ci-dessus. Le peuple lui, dans sa grande majorité, ne parle ni le néerlandais ni le français. Dans la vie quotidienne, on s'exprime dans le dialecte de sa région : des dialectes flamands, wallons, picards, allemands. La majorité du peuple reste analphabète même si des efforts importants de scolarité ont été réalisés pendant les périodes précédentes. Le français est donc tout naturellement la langue retenue par le Congrès surtout qu'elle est à l'époque ce que l'anglais est aujourd'hui, une langue véhiculaire dans toute l'Europe.