Why Don't You Try

Léonard Cohen retranscrit ici la conversation d’un amant dans l’impasse, et tous les arguments qu’il peut développer pour en sortir : la provocation, la flatterie, la tentation, l’ironie, le dénigrement… Dans la dernière strophe, il en imagine l’issue, substituant à la passion de l’étreinte la contrainte de l’union.Pourquoi n’essaies-tu pas ? Pourquoi ne pas te passer de lui ?Pourquoi ne pas vivre en solo ?

Te faut-il vraiment ses mains pour ton envie ?

Te faut-il son cœur pour trôner plus haut ?

Te faut-il son œuvre pour d’un enfant te naisse ?

Te faut-il sa bête pour ses os ?

Te faut-il, pour être une dame, tenir une laisse ?

Je sais que tu f’ras toi-même, toi-même le boulot.

Pourquoi ne veux-tu pas l’oublier ?

Ouvre donc tes jolies petites mains

Dans la vie tant d’hommes sont prêts à t’accompagner

Pour des aventures sans lendemain

Veux-tu être la douve qui entoure un manoir ?

Veux-tu être la lune qui sa caverne éclaire ?

Veux-tu donner bénédiction à son pouvoir,

Tandis qu’il sifflote devant son père, la tombe de son père ?

J’aimerais t’amener, t’amener à la cérémonie

Si je me souviens de l’itinéraire

Jack et Jill, vois-tu, seront dans leur misère unis

C’est pour tous, je crains, le temps de la prière

A l’abri, ils ont fini par se mettre

Ils sont prêts, oui, sont prêts à obéir

Leurs vœux sont difficiles : ils sont l’un pour l’autre

Que nul ne leur offre d’échappatoire, d’échappatoire pour fuir.

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)