Il existe des nuances en fonction de la voie de lecture atteinte (voir Les voies de lecture).
La dyslexie phonologique ou dysphonétique (60 à 70% des dyslexies)
Décrite par BODER (1971, 1973)
Elle touche la voie d’assemblage (voie de lecture que l’on utilise pour lire syllabe par syllabe) et est due à un déficit du canal auditivo-verbal (canal qui permet d'identifier les sons qui composent un mot).
Cette atteinte provoque des difficultés pour convertir les lettres ou combinaisons de lettres (graphèmes) en sons (phonèmes).
Le trouble de la perception auditive touche essentiellement les phonèmes dont l’articulation est courte (b/p par exemple). L’enfant atteint de dyslexie phonologique compense par le canal visuel et par une utilisation massive de la voie sémantique ; grâce à cette voie, il peut lire les mots connus, mais pas les mots nouveaux ou les non-mots, même simples.
Par ailleurs, on s’aperçoit que plus le mot est familier, plus vite il est identifié, malgré les difficultés de décodage.
Le lecteur dyslexique fait souvent des contresens, liés à l’absence de contrôle phonologique ; il lit alors un mot pour un autre et fait des confusions (paralexies*).
Les paralexies peuvent concerner :
- des mots appartenant à un même champ sémantique (confusions sémantiques) : ruisseau > rivière ;
- ou des mots appartenant à la même famille (confusions verbales) : bergerie > berger.
Décrite par BODER (1971, 1973)
Il s’agit de l’atteinte de la voie d’adressage par déficience du canal visuel et plus particulièrement de la mémoire visuelle.
Elle se traduit par une absence de mémorisation à long terme de l’image des mots rencontrés, liée à une pauvreté du lexique interne (stocks de mots que possède l’individu) ; l’automatisation de la lecture est donc impossible.
La compensation se fait en général par la voie d’assemblage, bien que celle-ci puisse aussi être légèrement affaiblie.
La lecture peut être juste, mais rester lente et ânonnée.
Il fait des erreurs de régularisation* lors de déchiffrage des mots irréguliers.
L’enfant a des difficultés à accéder à la représentation mentale et aux inférences (ajout d’informations qui ne sont pas données de façon explicite dans le message mais que lecteur peut déduire ou supposer selon ses propres expériences ou connaissances).
Décrite par BODER (1971, 1973)
Il s’agit de la dyslexie la plus complexe car elle provoque une atteinte des deux voies de lecture.
Elle se traduit par des difficultés de déchiffrage de la lettre en son et par une carence du lexique interne, ce qui empêche une compréhension efficiente.
Décrite par VALDOIS et al. (1995)
C’est une dyslexie où le dysfonctionnement de l’attention visuelle entraîne un trouble de non reconnaissance visuelle, des difficultés attentionnelles et un trouble lexique.
La prise d'indices est faussée par une difficulté de sélection des informations pertinentes et la compréhension est réduite.
A ces différents types de dyslexies correspondent les dysorthographies, c’est-à-dire des troubles dans l’acquisition et la maîtrise de l’orthographe.
La dyslexie de surface ou dyséïdétique (environ 12% des cas)
La dyslexie mixte
La dyslexie visuo-attentionnelle (rare chez l’enfant)