Un facteur social ?
C’est un fait avéré, dans les milieux défavorisés, le langage oral est moins riche et moins structuré : il est alors plus difficile pour l’enfant d’apprendre à lire, et l’échec scolaire peut en effet exister. L’appartenance à ce milieu constitue donc un facteur associé et aggravant : la pauvreté de l’environnement socioculturel n’aide pas les enfants à surmonter le handicap dyslexique (pauvreté des modèles linguistiques parentaux ou de l’ouverture sur la culture écrite). Cependant il est important de ne pas mettre l’ensemble des difficultés sur le compte du contexte social. On ne peut pas dire que la dyslexie soit d’origine socio-économique.
Un facteur pédagogique ? La « dyspédagogie » ?
La question de l’inadaptation des méthodes d’apprentissage de la lecture a longuement été débattue : méthodes globales versus méthodes analytiques ? En réalité, quelle que soit la méthode utilisée, la même proportion d’élèves dyslexiques est retrouvée.
Cependant, l’incapacité de l’école à s’adapter individuellement à chaque élève, la nécessité d’utiliser une seule et même méthode pour le groupe classe, au détriment des capacités réceptives individuelles, s’avèrent être des facteurs révélateurs et aggravants de la dyslexie, tout comme l’absentéisme et les changements multiples d’écoles.
Un facteur psychologique ?
Selon d'anciennes théories psycho-affectives (TAJAN et VOLARD (1971), LOBROT (1972), RAULT (1897), etc.), la dyslexie serait la manifestation extérieure d’une perturbation profonde de la personnalité. Aujourd’hui ces théories sont réfutées : les symptômes psycho-comportementaux surviennent, le plus souvent, après l’installation handicapante et marginalisante de la dyslexie, et en sont donc la conséquence. Le Dr BONNELLE (2002) affirme que « quand ces symptômes préexistent, ils ne sont pas la cause de la dyslexie, mais un épiphénomène indépendant ».
Cependant, la lecture n’est pas une activité neutre : il apparaît évident que la personnalité, la motivation, le désir d’apprendre, les modèles identificateurs, les situations familiales critiques, l’équilibre affectif ou encore la socialisation, jouent un rôle sur les efforts d’apprentissage.
Un facteur linguistique ?
Il est certain qu'une langue complexe et irrégulière diminue les possibilités pour un enfant de compenser un trouble dyslexique.
De plus, le bilinguisme ne serait pas générateur de dyslexie, mais constituerait un facteur aggravant en introduisant d'éventuelles confusions entre deux systèmes phonologiques, lexicaux et syntaxiques différents.