Nous sommes quasiment dans les derniers à quitter le gîte, en ce 16 juillet à 7 h 20 et je ne regrette pas qu’il fasse nuit pour franchir la passerelle métallique repérée hier ;
Sitôt franchie, il nous faut monter ferme avec la foule qui se précipite. En haut de la grimpette, alors que nous arrivons sur la nationale, il nous faut sortir les capes, car IL PLEUT et il va pleuvoir tout au long de l’étape. Elle n’est pas très longue (18 km) mais elle va me paraître interminable sous la pluie. Il pleut tellement que j’ai du mal à photographier le très beau calvaire de Ligonde
et que nous passons devant le relais jacquaire pourtant centenaire sans le voir.
Quand nous arrivons à Eirexe, le gîte n’est pas encore ouvert. Nous nous enfouissons dans nos capes, car je suis frigorifiée. Un Espagnol qui se réchauffe au bistrot en face vient nous invectiver. Nous ne comprenons rien, sinon qu’il est arrivé le premier et qu’il veut que nous lui laissions 5 places !!!
L’hospitalière arrive bientôt, mais c’est pour un contrôle sanitaire (de l’eau paraît-il). Bientôt elle a pitié de nous et nous ouvre le gîte. Nous lui expliquons qu’un Espagnol est soi-disant arrivé avant nous. « Donde estan las mochillas ? » (Où sont les sacs à dos ?) Tant pis pour eux, ils ne seront pas les premiers servis. Il se précipite bientôt, réclamant 5 places pour ceux qui suivent derrière. Quand ils arriveront, leur état de fraîcheur nous fait douter qu’ils marchent beaucoup (nous aurons confirmation le lendemain quand nous verrons à quelques centaines de mètres du gîte les voitures qui attendent nos comparses !…)
Nous allons déjeuner dans le restaurant tout proche (nous y dînerons aussi) : le caldo gallego (soupe galicienne) est appréciée par ce temps. Après la sieste nous aurions aimé aller visiter l’église, mais il pleut toujours à grandes eaux, aussi nous contentons-nous d’aller dans la salle commune, où sont installés des jeunes allemands avec lesquels j’entame une discussion. (Ils sont toujours étonnés et admiratifs – ce qui me fait plaisir, bien entendu – de mon allemand). Nous sentons que les gens commencent à être pressés d’arriver à Compostelle et que la plupart veulent mettre les bouchées doubles ou triples. Nous continuerons à aller notre rythme.