Quand nous passons devant le château d’Etcharry, à la sortie d’Arroue, ce 15 mai, nous avons décidé de prendre un raccourci, car l’étape doit être longue. Il est 8 h 30 et nous apercevons Michel Le Lorrain qui nous suit. Le jour s’est levé sur un ciel complètement dégagé. Les gens d’ici nous ont prédit qu’il allait faire beau pendant 3 jours.
Malgré la mise en garde d’un agriculteur perché sur son tracteur, nous nous engageons sur le mauvais chemin et voilà que les kms s’alignent, sans que nous puissions couper les vallées. Quand nous arriverons ce soir, nous aurons fait plus de 30 kms, qui pèseront dans les mollets.
Nous retrouvons Michel en train de déjeuner : nous décidons de poursuivre et nous nous arrêtons vers 13 h pour pique niquer à Uhart-Mixe, où nous allons ensuite prendre une bière avec Michel qui nous a rejoints. Nous ferons le reste de l’étape avec lui, devisant de tout et de rien.
Combien de fois sur ce Chemin, ne me répétai-je pas « quel est l’imbécile qui a dit que la France était plate ? » Enfin, au loin, nous apercevons les Pyrénées. Nous sommes au Pays Basque ; tout le dit : les Pyrénées bien sûr, les maisons blanches et rouges, et les stèles discoïdales
et les noms des villages.
Michel dort au centre d’Ostabat, nous à 800 m après le bourg, mais qu’ils sont longs ces mètres, d’autant que l’arrivée chez nos hôtes est en côte.
Cette soirée chez les EYHARTS restera comme un des merveilleux souvenirs du Chemin. Nous y retrouvons les 2 Morbihanais, dont l’un est déjà allé jusqu’à Compostelle et accompagne son copain – qui avait dû arrêter l’an passé, victime de…- à Pampelune. Nous y rencontrons un couple de Loire Atlantique qui a traversé la Vendée, les Landes…. Ils disent avoir souffert de l’absence de rencontres ; ils nous parlent de leur expérience des Landes, où il est difficile d’évaluer la distance parcourue (ou à parcourir), faute de repères. D’autres encore, dont j’ai un peu oublié l’histoire. Au dîner, que nos hôtes partagent avec nous, l’ambiance est à la joie : M. EYHARTS nous donne un récital de chants basques. Et après, il voudrait que, nous aussi, nous chantions !
La nuit aurait pu être calme, mais l’un des Morbihanais prend notre chambre pour les WC !!!