Comme dans tous les gîtes espagnols, il faut avoir quitté les lieux avant 8 heures. Nous voulons avoir effectué nos étapes avant midi, nous ne tardons pas et les premiers partent toujours bien avant l’aube. Que voient-ils ? Nous allons vers l’ouest et le jour se lève de plus en plus tard. Ce 14 août matin, quand nous quittons Samos à 6 h 45, il fait toujours nuit et lorsque nous nous arrêtons prendre notre petit déjeuner sur un banc au bord du rio Sarria, le jour tarde à pénétrer dans cette vallée. Bientôt nous montons à travers un paysage qui a changé : nous nous sentons ici dans une campagne qui rappelle à Claude celle de son enfance nantaise.
Jusqu’à Sarria, nous n’avons pas retrouvé le Chemin (et donc sans les cyclistes pas toujours très respectueux des piétons avec qui ils le partagent), aussi sommes-nous relativement seuls à traverser des villages abandonnés.
A Sarria, nous prenons un café dans un des rares cafés ouverts. Quand nous repartons, une dame tente de nous expliquer qu’il y a un moyen plus rapide de rejoindre le Chemin que celui que nous nous apprêtons à prendre. Elle a sans doute raison, mais notre espagnol est trop sommaire, pour que nous fassions confiance à notre compréhension. Après avoir acheté pain et viennoiseries, nous grimpons donc par le chemin traditionnel, qui nous permet d’admirer le pèlerin peint sur un mur en haut des escaliers qui terminent la rue Escalinata major,
et arrivons enfin près du calvaire qui domine Sarria avant de redescendre sur le couvent des Pères Mercedarios (« Mercedès » les abrégerons-nous ensuite), où nous entrons pour découvrir dans le cloître une exposition d’œuvres contemporaines, destinées au salon d’automne de Paris.
Après le couvent de la Madalena, nous descendons pour franchir le Rio Celeiro sur un pont médiéval, avant de remonter au milieu de châtaigniers tous plus remarquables les uns que les autres.
Nous arrivons bientôt à Barbadelo, où nous avons réservé à la Casa de Carmen. Nous y déjeunons, avant d’essayer de faire la sieste, dans un lit qui se révélera vite un peu étroit pour nous deux. Nous allons donc chercher de l’ombre près de l’église de Barbadelo qui dans ce village où il ne reste pratiquement plus personne, présente un bestiaire sur ses chapiteaux et jouxte un prieuré.
Le soir, nous dînons à la même table que nos deux belges germanophones, rencontrés à La Faba, qui couchent dans le gîte, apparemment surpeuplé.