Il est à peine 5 h 30 quand nous suivons la foule qui escalade à l’aveugle (mais pas en muette) la pente qui nous sort de Najera. Les premiers kilomètres de ce 10 août vont mettre à mal ma bonne humeur : il y a foule et, sans parler de recueillement, le silence ou la discrétion ne sont pas de mise : impossible de marcher sans être agressé par la volubilité des Espagnols, notamment !
Azofra : arrêt petit-déjeuner pour presque tout ce monde ! Il fait beau et très, très lourd : nous faisons le plein d’eau, alors que la "guarda civil" ramène des égarés.
Quand nous arrivons au « rollo de Azofra » (sorte de pilori),
le ciel s’est brutalement assombri : il nous reste 14 kms et nous allons essayer de les parcourir avant l’orage. A Ciruena, nous décidons de couper court en prenant les « départementales », plutôt que la piste qui rallonge. Nous arriverons à Santo Domingo de la Calzada, avant la plupart de nos compagnons de marche, mais avec l’orage que nous avons essuyé – enfin façon de parler, car nous sommes "en fondu" ! -1 km avant Sto Domingo (soit ¼ d’heure de marche).
Ce soir, nous délaissons le gîte et nous nous payons un hôtel ** tenu par des sœurs cisterciennes. Nous sommes logés dans une chambre avec salle d’eau en marbre et l’épaisseur du sommier et du matelas laisse Claude perplexe (30 cm chaque) : nous y faisons une sieste réparatrice.
Il ne pleut plus, mais il fait toujours gris, quand nous quittons l’hôtel Theresa pour aller visiter l’église de Sto Domingo de la Calzada. La curiosité de cette église réside dans la poule et le coq – vivants – qui sont élevés dans une cage (en souvenir d’un miracle … légende … qui aurait eu lieu sur le Chemin). Sto Domingo de la Calzada devrait être le patron des Ponts et Chaussées espagnoles :
ce saint est à l’origine du pont qui franchit la rivière Oja, puis d’une hôtellerie et enfin d’une route, tout cela pour les pélerins du XIe siècle….