Avec l'impétuosité de son immense talent,Son être tout entier jongle ses expressions
Livrant la confidence de ses rêves muets.
Il parle le précieux langage de l'infini du geste,
Et les mots, mal dans leur peau étriquée,
Restent prisonniers d'un silence gêné.
Habilement dessiné le masque surprend dans sa blancheur de craie;
Des traits de cendre marquent sa bouche et son regard;
Au fil de la trame de l'histoire racontée,
On voit se répandre des expressions variées;
Des élans de surprise,
Des touches de tristesse
Des explosions de joie.
Marcel le mime,
Marcel, le génial artiste
Confie la sincérité de son âme habillée d'une éternelle jeunesse,
Courant de par le monde
Pour conter, avec fougue, sa passion de la vie.
Le public envoûté le suit éperdument au sein de sa magie
Où les mots devenus dérisoires n'occupent aucune place.
Seule la musique discrète a le droit d'être là,
Fidèle compagne de l'émotion qui se lit, se devine et qui passe
Comme un long frisson chaleureux.
Solitaire, prisonnier volontaire sous le feu de la rampe,
Amoureux du silence au centre de la scène,
Il aime entendre jaillir l'écho des cascades rieuses,
Et accueille l'hommage des larmes fugitives.
Après avoir laissé son art faire la fête
Il quitte le cerceau éclatant de lumière.
Pour un dernier salut, un geste élégant de son chapeau à fleur,
Puis, il s'en va heureux vers les coulisses de l'ombre
Débarrassé du fardeau d'un bonheur offert et partagé,
Des ailes à l'orée de son cœur généreux qui s'envole léger.
Marybé 1997