Les platanes en berne étendent leurs ombres de tristesse
Sur le village muet surpris par la nouvelle;
Discrètement, sans rien dire à personne, Pedro s'en est allé.
Désormais, on ne le verra plus tracer sur la toile,
Les visages mouvants, aux sourires et aux larmes,
Les images de vie de ce coin de pays.
Pedro, l'artiste, l'ami, le confident,
Pedro, conteur d'intrigantes histoires
Si cher au cœur des enfants,
Pedro, s'est endormi pour le restant des jours.
Son atelier désert comme un grand champ de fleurs
Aux teintes de passion pour tout ce qui respire,
Est le lieu témoin qui raconte une vie bien remplie.
Demain, en guise d'ultime hommage à l'artiste, amoureux des couleurs,
Pour faire avec lui un tout dernier voyage,
Le village tout entier pavoisera, comme il l'aurait aimé.
Partout des rouges comme ciel écarlate,
Des bleus aux reflets d'océan,
Des verts comme gazons de printemps,
Des jaunes pareils à des robes d'abeilles,
Il ne faut pas qu'à travers le village,
On puisse découvrir un quelconque noir chagrin;
Car le noir est banni, le noir est interdit!
Ne l'oubliez jamais, retenez bien ceci ;
Le noir n'appartient pas à la gamme des couleurs,
Et vous devez le croire, c'est Pedro qui l'a dit!
Marybé 4 juin 1997