Ensevelie sous les plis de la grève
Elle n'est que poussière d'ombre
Et le mal la ronge.
Aux lambeaux de sa chair, gémit le cri sourd de ses entrailles vides
Et le sang de ses veines taries sont des flots asséchés.
Elle est fille d'ici pourtant elle est d'ailleurs
Vêtue de peau de rien au creux de cet espace que la noirceur éclaire.
Aux faisceaux des angoisses, son âme se lézarde.
Un vent traître pose un baiser fugitif d'une tendresse glacée.
Seule, la solitude est convive à sa table.
Sur l'âcre blancheur d'un papier, fugaces signes d'encre
Quelques miettes égarées, traces floues d'une faim d'été
La brisure d'un sanglot s'égare au mortel du silence
Murmures d'épouvante aux broussailles des heures,
Amarrée à la plaie vive du cœur
Une corde se balance.
Marybé 12 septembre 1998