Rat de bibliothèque
La vie agitée des dames d’honneur des reines de France
Bernadette de Castelbajac
Via Romana
Elles sont jeunes et jolies, cultivées, élégantes et appartiennent à l’aristocratie : ce sont les demoiselles et les dames d’honneur de la reine de France. Leur présence est indispensable à la Cour. Elles apportent de la gaieté mais aussi du prestige à la reine. Elles l’entourent, la distraient et, à l’occasion, conspirent avec elle. Leur rôle est aussi de séduire… « Une cour sans dames, c’est un jardin sans fleurs » affirmait François Ier.
Certaines d’entre elles ont mené une vie « vertueuse », bien que ce mot prête à rire. Bonnes épouses et bonnes mères, soucieuses de remplir leurs devoirs auprès d’une souveraine, elles ne sont plus qu’un nom dans les archives. On les a oubliées. Mais on se souvient de celles qui n’ont pu résister aux mirages de la richesse, de l’ambition, du besoin de jouer un rôle important, de l’amour… Certaines l’ont payé bien cher.
Bernadette de Castelbajac nous fait revivre ici la destinée des plus illustres d’entre elles : d’Odette de Champdivers, douce et discrète, consolatrice du coléreux Charles VI, morte dans la pauvreté, jusqu’à l’empoisonneuse Mme de Montespan rachetant ses crimes derrières les murs d’un couvent, c’est un défilé prestigieux de jeunes et jolies dames qui laissèrent une trace non négligeable dans l’histoire de notre pays.
Le style est fluide et agréable avec quasiment aucune coquille, ce qui n’est pas négligeable. Ça se lit très vite et le thème est intéressant, puisqu’il met à l’honneur des femmes pour la plupart totalement oubliées de notre histoire. Mais il y a un mais…
On sent que l’auteur manque cruellement de matière, au point de s’étendre sur les châteaux ou les homonymes de certaines filles d’honneur, à défaut d’avoir quelque chose à dire sur elles ! Elle a même évoqué le Tour de France...
Surtout, c’est un nid à âneries, toutes plus grosses les unes que les autres. Je ne comprends pas comment, après tant de recherches sur les dames d’honneur, l’auteur a pu commettre tant d’erreurs grossières sur des personnages bien plus connus. Voici un petit florilège des perles que j’y ai trouvées (sans compter les passages où je m’y connais moins et où j’en ai sûrement raté) :
Agnès Sorel aurait eu 5 enfants, dont la 4e, une fille, serait morte bébé. Son dernier né, un fils, est enterré avec elle. Faux : elle n’a eu que 4 filles, la dernière est enterrée à ses côtés ;
Agnès Sorel aurait régné sept ans sur le cœur du Roi, pourtant cinq pages avant l’auteur parle de « cinq ans d’amour » ;
Antoinette de Maignelais devient successivement la cousine puis la nièce d’Agnès Sorel ;
Diane de Poitiers se serait retirée chez son mari après la mort d’Henri II, alors qu’elle était veuve depuis trente ans ;
Diane de Poitiers décédée à soixante-sept ans au château de la Hardouinaye quand elle est morte à soixante-six ans dans son domaine d’Anet ;
Marie Stuart demi-sœur d’Elizabeth Ière au lieu de cousine ;
Gabrielle d’Estrées morte d’une crise d’apoplexie au lieu d’une crise d’éclampsie ;
Marie de Médicis régente après la mort de Louis XIII ;
Elle accuse ouvertement Mme de Montespan d’avoir visité La Voisin et d’être une empoisonneuse alors que la question divise les historiens. D’un autre côté, sa seule source bibliographique sur la Marquise est « Le Montespan » de Jean Teulé ;
La Comtesse de Provence épouse du futur Charles X alors que c’est du futur Louis XVIII ;
La Comtesse de Tourzel au lieu de la Marquise de Tourzel.
Je ne recommande pas ce livre. Au vu de toutes les erreurs, il ne vaut pas le détour et je ne suis pas sûre que le reste du contenu soit juste.