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Je déteste l'hiver qui glace et nargue
la nudité des arbres squelettes difformes et décharnés, branches comme muscles tendus vers un ciel pesant de silence enneigé.
Je déteste ces traîtres bourrasques qui giflent et râpent les peaux découvertes des hommes et des bêtes sans abris.
Je déteste cette froidure cinglante, glaciale chape de marbre givrée qui luit sous une lune paralysée.
Je déteste ce verglas, miroir lugubre. Lorsque le pas de l'équilibre trébuche, Et que l'acier fait des tête-à-queue.
Je déteste l'hiver. Je me déteste de détester l'hiver, Lorsque les paysages ont mis leur robe d'ange, Lorsqu'un souffle de nouveau-né recouvre les vitres des carreaux, Lorsque des larmes de diamant sont suspendues aux branches, Lorsque la bise sonne comme un cristal aux reflets d'arc en ciel Je me déteste de détester l'hiver, Je me déteste de détester de si grandes beautés. Marybé décembre 1996 |
