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Images mouvantes et cruelles D'une violence qui s'étale Au centre de l'espace lumineux D'un écran qui s'enflamme. Gros plan, rouge de sang Sur des corps étendus; Gros plan sur ces frères anonymes Sans visage et sans nom, Abattus par la haine des balles, Abattus pour défendre leur droit de vivre libre. Et nos yeux impassibles,
Froidement fixent l'écran constellé de ces éclats de mort;
Une fraction d'instant, parfois on se questionne Mais comment se fait-il que sans frémir Sans esquisser un geste de révolte, Insensible, on se permet de vivre si tranquille? Et puis, soudain le rouge sang s'efface S'efface de nos mémoires fragiles et infidèles, S'efface la vision de ces éclats mortels. Sans l'ombre d’une hésitation Sans l’ombre de la moindre compassion, Le rouge sang se disperse, Se perd dans un bleu d'océan, Aux reflets brillants d'éclats de vie. Gros plan sur des corps étendus, Frères anonymes, sans visage et sans nom, Corps à la peau bronzée sur le sable luisant Offrant à nos regards l'insolence de respirer la vie
Marybé
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