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Tapis sous le couvercle d'osier, à l'abri des regards,
Sur un pré de cretonne, côte à côte allongés, Un galant dé à coudre courtise avec grâce Des ciseaux élégants en tenue argentée. Dans cet abri douillet et confortable Où des fils de soie voisinent des galons Où perles et dentelles flirtent avec les linons La broderie du jour s'épanche sur un tendre mouchoir Commères à la langue pointue, les aiguilles se racontent Les rumeurs et potins où il serait question D'amoureuses idylles où de gracieux boutons Épouseraient les boutonnières d'un décolleté qui plonge.
Où des serpentins de satin, en arabesques folles, Du jupon de la robe, égailleraient les volants frivoles; Où la souplesse d'un tulle prisonnier d'un serre-tête S'évaderait en douceur pour escorter la traîne
L'émotion de l'artiste glisse du talent de ses doigts Palpe le frisson d'un crêpe, le bruissement d'un taffetas Le coffret silencieux, sur la table, tout à côté de lui Assiste au miracle d'un rêve qui se bâtit
Dans cette robe blanche créée juste pour elle Comme une brise de printemps, l'épousée sera belle Émue de la grandeur de la foi du serment Qui unira sa vie à celle de son amant.
Marybe |