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Un rayon de soleil vient frôler la rue qui se réveille, Avec douceur caresse les paupières des fenêtres Qui regardent, étonnées, le jour se lever d'un pas pressé. Au milieu des rires et des clameurs étouffés, À grands jets d'eau claire, comme pour effacer les traces d'une nuit agitée En une toilette rapide, les trottoirs se débarbouillent. Sortis des remises de carton, l'allure ébouriffée Banderoles, guirlandes et fanions s'accrochent ça et là, Maquillant les visages de pierre des maisons centenaires. Coquette, la rue se pare de ses plus beaux atours pour cette journée de fête; Elle se fait belle et se veut séduisante Pour plaire à la foule hétéroclite des badauds Qui, tantôt, viendront déambuler l'œil curieux et le pas nonchalant. Neuf heures; les trottoirs encombrés de tas de marchandises Attendent fébrilement que la journée commence. Déjà, il s'entend, dans l'ambiance, des rythmes entraînants Dont l'accent chaleureux du sud de l'Amérique Fera danser les parfums des précieuses épices, Les thés corsés et les herbes d'une Asie exotique. Par un coin, retenues sur une corde tendue, Des pièces d'étoffes chatoyantes venues de la lointaine Afrique Flottent au vent messager qui transportera sur l'humeur de l'air L'arôme invitant des poulets barbecues et des saucisses merguez Sur le dos d'un précoce maïs, la blondeur du beurre, étendue, se repose; Confortablement assises sur un plateau doré, Des pommes fermes aux rondeurs appétissantes Attendent patiemment dans leur robe collante, amidonnée de sucre rouge. Rapidement, la foule se fait dense, s'agglutine et s'avance, Long serpentin humain aux multiples ethnies, Pittoresque vision d'un monde qui fraternise, Qui marche main dans la main et puis qui se sourie, Sous l'espiègle soleil d'une belle journée de juin. Marybé Juin 1997 |