Heureuse que vous soyez là

Un moment pour soi

Mélanie Valiquette
 

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Passez un agréable mois de mai
N'hésitez pas à revenir respirer le parfum des mots. Peu importe le jour et l'heure, la porte est toujours ouverte, c'est le miracle de l'internet.
 
Et si l'envie vous prend de me laisser quelques mots, cela me ferait réellement plaisir
Marybé
 

18jours après
Fête des mères

Les nuages couraient...

Jeu d'écriture 

Consigne «Les nuages couraient sur la lune enflammée»  ce vers tiré de la Mort du loup de Vigny

doit impérativement se retrouver dans l'écrit.

Texte placé sur Les Impromptus littéraires  : inspiré de Vigny


Après un dernier coup d'œil à son repaire, prestement Anoucha saisit son vieux caban, pose en équilibre sur sa tignasse d'un roux flamboyant une sorte de bibi confortable à défaut d'être élégant, puis termine son accoutrement par un fichu noué lâchement. C'est là l'équipement adéquat pour entreprendre sa balade nocturne quotidienne. De plus, en cas de froid mordant, dans la profondeur des poches du caban, dorment ce qui a tout l' air de gants. D'un geste vif, elle ouvre la porte d'entrée et un souffle froid lui caresse avec énergie le visage lui servant d'avertissement. Si la journée s'est montrée plutôt chaleureuse, cette soirée automnale semble faire preuve de beaucoup moins d'ardeur. Cependant rien, ni personne ne peut empêcher Anoucha d'offrir à ses deux pieds le bonheur de marcher sur la plage devenue à cette heure tardive dépeuplée ce qui, pour elle,  représente un inestimable avantage.  De plus, elle considère, sûrement avec raison, que s'aérer les poumons avant d'embrasser son oreiller représente le plus efficace des somnifères. Toute sa vie durant, elle a manifesté une méfiance marquée envers les toubibs et leurs panoplies de traitements par des médicaments. Pourquoi aurait-elle contribué à faire augmenter les bénéfices des laboratoires pharmaceutiques alors qu'ils en font outrageusement ? Et, quand il survint que son sommeil devint capricieux, plutôt que d'avaler pilules ou cachets, il lui paru bien plus judicieux et moins coûteux de précéder sa rencontre avec Morphée, en offrant à son gosier de grandes goulées d'air iodé.

 

Comme à l'accoutumée, Anoucha débute sa balade en pointant l'extrémité de son nez vers le ciel afin de voir s'il s'est habillé d'une tenue étoilée. Depuis qu'elle est toute petite, la Voie Lactée la fascine, l'envoûte, car elle détient le magique pouvoir de la faire voyager et cela sans avoir à débourser le moindre denier. Immobile, les yeux fixés sur le firmament, avec surprise elle constata que même si les nuages couraient sur la lune enflammée, ils ne portaient pas ombrage à Cassiopée, sa constellation préférée. Ne porte-t-elle pas le prénom d'une reine d'Éthiopie ? Saisie par la beauté de ce qui s'offre à sa vue, émue par ce flamboiement lunaire inusité, soudain Anoucha se sent envahie par un impérieux besoin. Il lui faut regagner sans tarder son atelier afin de glisser la douceur soyeuse des pinceaux sur la blancheur d'une toile. Il lui faut fixer cette vision d'une étrange beauté.  Ce soir c'est relâche. En effet, exceptionnellement il n'y aura pas de balade sur la plage. Ce soir, Anoucha vient de le décider, il y aura la balade des couleurs et des pinceaux. Ce soir, il y aura le fol espoir de voir naître les traits enflammés d'un tableau.   

Marybé  12 anvier 2010