La Cie Acta passe à l'adolescence
Le Télégramme - mercredi 6 février 2013
La Compagnie Acta vient de présenter « En corps », une fresque visuelle et sonore sur l'éveil du sentiment amoureux. Elle poursuivra son travail de création au collège Paul-Langevin du Guilvinec, en mars.
« En corps », le spectacle pour jeune public de la compagnie Acta, évoque cet éveil des sens que provoque le sentiment amoureux. « C'est la période de Picasso, pendant laquelle il ne peint que des taureaux, des chevaux et des images de corrida, qui nous a inspirés. Cela correspond pour lui à la naissance de sa fille et à une période de crise et de questionnement », explique le plasticien performer David Liver qui crée les images « live », inspirées de Picasso, de Vélasquez ou de Calder, de cette fresque visuelle et sonore mise en scène par Laurent Dupont. Un danseur (Thierry Maboang) et une chanteuse (Marie Fraschina) prêtent leur corps et leur voix aux compositions d'un peintre. S'engage alors un jeu de séduction, fait d'attentes et de désir, voire de combats, dans lequel le créateur entre à son tour.
Des actions en direction des ados
Cette création qui s'adresse aux enfants dès 4 ans est le premier volet d'un projet artistique qui a choisi de mettre en miroir l'enfance et l'adolescence. Il va se prolonger par des actions contextes intitulées « À corps et à cris », sous forme d'ateliers en direction d'un public d'adolescents. De premières expériences ont été menées à Helsinki, Paris ou Grenoble et vont se poursuivre au collège Paul-Langevin du Guilvinec avec des élèves de 4e, dans le cadre du jumelage avec Très tôt théâtre. « Avant de créer un spectacle pour ados, le 3e volet du projet, on voulait avoir une relation directe avec eux », précise David Liver qui sera en résidence dans l'établissement du 11 au 15 mars. À partir de la « Ballade du Minotaure » du poète allemand Durrenmat, il va ainsi solliciter les élèves sur un certain nombre d'actions, comme par exemple la rature. Les jeunes devront revoir et corriger des passages du texte qui parlent de la naissance des sentiments chez le minotaure. Des actions qui feront l'objet d'une restitution publique avec des traces aussi diverses que des écrits, des vidéos, des graffitis, des photos, de la musique ou des enregistrements. « Pour eux, cela correspond à un atelier théâtral et pour nous c'est une phase d'écriture et ils vont suivre nos questionnements en direct », indique David Liver. Quant au 3e volet « En corps (É)crits », un duo pour deux danseurs de la compagnie DK-Belel de Villiers-le-Bel avec toujours du graphisme et de la musique électro en live, il devrait voir le jour cet été.