Qu'est-ce qui permet aux métropoles d'être bien placées dans la concurrence mondiale issue de la mondialisation ?
Londres : une ville intégrée
Image satellite légendée du centre de Londres.
Londres, une ville intégrée à la mondialisation
Cette vidéo présente un résumé du cours. Elle est axée sur les fonctions métropolitaines de Londres et ses connections avec le reste du monde.
Détroit : une ville marginalisée
Détroit est une métropole de la région des Grands Lacs aux Etats-Unis. Elle a connu un âge d’or dans la seconde moitié du XXème siècle grâce à l’industrie automobile. Aujourd’hui, la ville est touchée par de multiples crises.
Le New York Times a proposé en 2014 une petite exposition de photographies d'Alex McLean (clique ici). Ses photographies, dont certaines sont reprises dans le cours, témoignent à merveille de ce qu'est une shrinking city mais aussi de la ségrégation socio-spatiale entre le centre et les périphéries.
Le site est en anglais.
Pour aller plus loin !
La verticalisation des villes : quel message envoient les gratte-ciel ?
En Europe, la mode des gratte-ciel revient depuis le début des années 2000. Elle rejoint la course mondiale des grandes métropoles pour s'offrir les tours les plus hautes et les plus spectaculaires. Le plus haut gratte-ciel du monde est actuellement à Dubaï ; c'est la Burj Khalifa (2009) qui culmine à 828 m. Si la hauteur était depuis la fin du XIXème siècle une prérogative du monde occidental, et surtout américain (New York et Chicago pour les premiers gratte-ciel), les tours sont depuis les années 1990 construites en grand nombre en Asie, dans le golf persique et maintenant en Afrique (clique ici pour avoir la liste des plus haut gratte-ciel du monde).
Les gratte-ciel sont des immeubles divisés en étages réguliers et pouvant avoir plusieurs fonctions : ils peuvent accueillir des bureaux, des hôtels, des commerces, des restaurants ou encore des logements. Les gratte-ciel regroupent les centres décisionnels des grands groupes économiques au centre des villes. Un gratte-ciel a une altitude de plus de 100 m.
Les villes construisent des gratte-ciel pour plusieurs raisons : questions de densité de population, coût du terrain, cumule de fonctions. Cependant, la course à la hauteur rend leur construction hautement symbolique. Ils montrent une image positive de la ville, jusqu'à parfois en devenir un emblème. Ainsi, la Burj Khalifa de Dubaï, le Shard de Londres, le One World Trade Center a New York sont devenus des symboles de la puissance des villes et des vitrines de leur dynamisme économique. Les pouvoirs, aussi bien politiques qu'économiques sont monumentalisés et visibles (de loin) par tous. C'est une démonstration de richesses, de technologies et de dynamisme industriel. Les gratte-ciel ont aussi un enjeu touristique majeur. Emblèmes de la ville, ils sont admirés (et photographiés) par les touristes qui cherchent à les visiter (quand ils sont ouverts au public).
Voici, ci-dessous, des exemples de gratte-ciel devenus des icônes pour leur ville, voire leur pays :
La pyramide de la Transamerica à San Francisco
La Burj Khalifa à Dubaï
Le Chrysler Building de New York
Le Shanghai World Trade Center à Shanghai
Le gratte-ciel est un tel symbole de puissance pour les villes et les Etats, qu'il y a une course à la hauteur. Ainsi, en Arabie, l'Arabie Saoudite, avec la tour Djeddah, et l'émirat de Dubaï, avec sa Dubaï Creek Tower, font la course pour avoir le premier gratte-ciel dépassant le kilomètre (ce qui serait une première et donc un record). Ils font appel à des architectes star ou "starchitectes" pour rendre la construction encore plus iconique, unique et inoubliable. Ainsi la tour Djeddah a été conçue par l'architecte Adrian Smith qui avait déjà dessiné la Burj Khalifa, la Trump Tower de Chicago ou encore la Pearl River Tower de Ghuangzhou (Chine). Cependant, les multiples crises économiques qui touchent le monde depuis 2007 ralentissent cette course au ciel.
La tour Djeddah en construction (Arabie Saoudite)
Vue d'artiste du projet de la Dubaï Creek Tower
Les tours Petronas de Kuala Lumpour en Malaisie qui rappelle les minarets.
Certaines métropoles tentent de concilier l'aspect mondial de la mode des gratte-ciel avec la culture locale. Il s'agit pour les villes de copier le style international qui porte toujours le même message quasiment marketing (le gratte-ciel est un symbole de puissance) tout en le fondant dans un culture nationale.
La tour Taipei 101 à Taipei à Taiwan prend la forme d'une pagodes ornée de dragons.
Dans les métropoles, le regroupement des gratte-ciel forment une skyline. Cela offre une silhouette reconnaissable à la ville. Le rôle architectural et paysager témoignent immédiatement pour le visiteur (touristes et hommes d'affaires) de la réussite économique de la ville.
La skyline de Pudong à Shanghai, symbole de la ville et de son dynamisme économique.
La skyline de Hong Kong vue depuis le Pic Victoria, symbole, elle aussi, de son dynamisme économique.
La skyline de Paris, à la Défense, qui ne joue pas un grand rôle symbolique pour une ville déjà riches en monuments iconiques. Une exception française ?
La stratégie paysagère de Dubaï ou comment devenir une métropole de rang mondial ?
Dubaï est l'un des Emirats Arabe Unis. Sa capitale, du même nom, est devenue l'une des premières villes les plus visitées au monde, après Paris, Londres et Bangkok. Cette place touristique est issue d'une stratégie marketing pour faire de la ville une métropole de rang mondial. Cet Emirat s'est tourné vers le tourisme dès les années 1960 parce que la ressource pétrolière n'était pas si importante dans le pays et qu'elle n'était pas inépuisable : le pays a décidé de diversifier ses activités économiques en se concentrant dans l'édification de sa capitale-métropole mondiale. L'une des stratégies pour devenir attractive auprès des investisseurs et des touristes est d'édifier des lieux impressionnants, uniques voire incroyables qui frappent l'imagination. C'est pour cela que la ville a construit sa Burj Khalifa, plus haut gratte-ciel du monde aujourd'hui, son Palmier ou encore son île-Monde.
Certaines des réalisations sont visibles depuis l'espace : les palmeraies et The World.
Sans ces réalisations, qui parleraient de Dubaï ? La stratégie est donc, pour le moment, une réussite complète.
La Burj Khalifa mise en valeur pas un spectacle aquatique (en plein désert !) devant des touristes.
Le Palmier est une île artificielle où l'on trouve des zones résidentielles et de prestigieux hôtels.
L'archipel artificiel de The World est désormais à l'abandon à cause des crises économiques.
Les définitions du cours
L’attractivité : Capacité d’un espace d’attirer de la population (habitants, touristes, migrants) ou encore des activités (entreprises).
Un flux : C’est le transfert ou un déplacement, d’un espace à un autre, de personnes, de véhicules, de marchandises, d’informations, de capitaux. Les flux se font grâces à des infrastructures de communication (les ports pour les flux maritimes, les câbles sous-marins pour les flux internet, les autoroutes pour les flux routiers, les aéroports pour les flux aériens…).
Une fonction ou pouvoir de commandement : Pouvoirs de nature politique militaire, économique, culturelle ou encore symboliques qui permettent à un lieu, le plus souvent une ville, d’avoir une influence à différentes échelles selon sa puissance (régional, national, international).
Une friche : Espace ayant perdu sa fonction, c’est-à-dire son rôle, sa vocation. C’est donc un espace laissé à l’abandon. La friche peut être urbaine (maison ou immeuble abandonnés), industrielle (ancienne usine abandonnée), militaire (ancienne caserne abandonnée), ou encore portuaire (docks abandonnés).
Un hub aérien : Grand aéroport international qui centralise et distribue les vols dans de très nombreux pays.
Une mégalopole : Grande région urbaine qui regroupe une concentration exceptionnelle de pouvoirs.
Une métropole mondiale : Grande ville qui joue un rôle important dans la mondialisation. Les métropoles mondiales concentrent les différents flux de la mondialisation.
Une shrinking city (« ville qui rétrécit ») : Ville en crise connaissant un phénomène de « rétrécissement » dû au déclin démographique, économique et social. Dans le paysage, cela se traduit pas l’apparition de nombreuses friches.
La Triade : Les trois pôles qui dominent la mondialisation et ses flux : l’Europe de l’Ouest, l’Amérique du Nord et l’Asie orientale (Japon, Corée).
Une marge : C'est un espace qui est mal intégré au territoire. Une ville en marge est un territoire qui est mal intégré à la mondialisation.
Fiche de révision du cours : les objectifs pour l'évaluation