Pourquoi Mers et Océans sont-ils des espaces au cœur de la mondialisation ?
Point méthode
Nous allons travailler sur des planisphères, notamment sur les espaces maritimes. Donc, dans un premier temps, il est bon de savoir reconnaître les espaces maritimes des espaces terrestres.
Entraînez-vous sur les différents planisphères ci-dessous en coloriant les espaces maritimes, comme c'est expliqué dans la méthode. Cliquez sur les planisphères avec le bouton droit, choisissez "ouvrir l'image dans un nouvel onglet" pour l'agrandir et imprimez la. Vous pouvez aussi me demander une impression au collège pour vous entraîner.
Indiquez enfin sur le planisphère, en majuscule et au stylo bleu, le nom des océans : Océan Atlantique, Océan Indien, Océan Pacifique, Océan Austral, Océan Arctique.
L'itinéraire d'un jean
« On en fabrique chaque année 2,3 milliards à travers la planète, et certains d’entre eux parcours parfois plusieurs dizaines de milliers de kilomètres avant d’arriver sur les étagères du magasin de prêt à porter.
Le voyage commence en Inde à Ludhiana. L’Inde est le premier producteur mondial de coton avec 6,350 millions de tonnes par an. Le coton consomme beaucoup d’eau : pour faire pousser le coton nécessaire à la fabrication d’un jean il faut 4 000 litres d’eau. Puis le coton est envoyé au Pakistan à Karachi pour être filé et tissé. Etape suivante, la Chine, 4 800 km plus à l’est, à Xintang. C’est la capitale du jean où 3000 usines vont produire la toile nécessaire à la fabrication de 800 000 jeans par jour. C’est là que la toile va prendre de la couleur : elle est teinte en bleu indigo. Pour cela les fabricants utilisent un pigment de synthèse. Pour fabriquer un kilogramme de ce pigment il faut une centaine de kilos de pétrole, des solvants et 1 000 litres d’eau. La toile est ensuite envoyée en Tunisie, à 9 500 km. Elle est assemblée, on y ajoute les rivets (en général avenus d’Australie), la fermeture éclaire (spécialité du Japon), les bouton (souvent produits en République démocratique du Congo). Ensuite, le jean est maintenant délavé et envoyé en Egypte ou en Bengladesh à Dhaka : on sable de jean, une opération nocive pour la planète. Le jean est terminé. Il est acheminé vers la boutique, en Europe, en Amérique du Nord ou encore en Asie orientale. Au moment où ce jean va arriver sur les étagères, il aura consommé environ 11 000 litres d’eau et parcouru 65 000 km, l’équivalent de 1,5 fois le tour de la Terre. »
D’après l’explication de Jamy Gourmaud dans l’émission pour la Terre, France 2, 2020.
L'itinéraire d'un smartphone
« De la conception jusqu’à la poche, on a facilement plus de 10 000 km qui sont parcourus. Sur toutes les étapes du cycle de vie d’un smartphone, la partie fabrication qui nécessite une extraction de matières premières est la plus impactante car c’est les trois quarts de l’impact environnemental. Il faut aller chercher des matières premières naturelles, donc faire des mines pour aller chercher la cinquantaine de métaux (cobalt, aluminium, cuivre, fer, étain, argent…) nécessaires à la fabrication des téléphones. Cela a nécessairement des impacts négatifs sur la biodiversité, sur la pollution locale, sur les conditions de travail. Il y a des métaux qui viennent de Chine, l’Afrique centrale (RDC, Zambie) ou encore d’Amérique du Sud (Brésil, Chili) et d’Océanie (Australie, Nouvelle Calédonie). Une fois que les minerais sont exploités, ils sont transférés dans des usines qui vont les transformer en composants. Pour un téléphone Apple, elles sont principalement situées en Chine, à Taiwan, au Japon ou encore en Corée du Sud. Une fois ces composants réalisés dans différentes usines, ils sont assemblés dans une usine pour former le téléphone. Par exemple, pour les smartphones d’Apple, les usines principales sont à Shenzhen en Chine. Une fois que le téléphone sort de l’usine, il est redistribué sur l’ensemble des continents, mais en majorité en Amérique du Nord, en Asie orientale et en Europe. »
D’après l’explication de Raphaël Gustavi, directeur adjoint économie circulaire de l’ADEME, Brut, 7 décembre 2022 et Dario Ingiusto et Cécile Marin, « Plusieurs tours du monde pour un smartphone », Mondialisation : la mise en concurrence des peuples, Le monde-diplomatique.fr, 2016.
Qu'est-ce qu'un conteneur ?
« L’américain Malcolm MacLean est considéré comme l’inventeur de la conteneurisation, dans la seconde moitié des années 1950. Son idée consiste à acheminer les marchandises dans des boîtes ou « containers » standards (vingt pieds ou quarante pieds) à forte capacité où l’on peut mettre tout ce que l’on veut.
Si les économies d’échelle2 passent par le gigantisme des bateaux et la productivité accrue au niveau de la manutention dans les ports, elle passe aussi par une troisième innovation, celle d’une rotation quasi ininterrompue des porte-conteneurs qui suivent des itinéraires réguliers dans un temps déterminé. Un autre aspect essentiel du conteneur est que c’est un outil intermodal (il s’adapte à plusieurs modes de transport évitant les ruptures de charge). Parce qu’il a une taille standard, il s’adapte à tous les modes de transport et est transférable rapidement, de la cale du navire à une remorque routière, à un wagon de chemin de fer ou sur une barge fluviale sans intervention sur la marchandise pendant ces opérations. »
D’après Ch. Barcellini et Antoine Frémont, « Océans, conteneurisation, mondialisation », cafe-geo.net, 13 octobre 2017.
1. Un EVP (Equivalent Vingt Pieds) : unité de mesure des conteneurs. Un EVP = 1 conteneur.
2. Economie d’échelle : baisse du coût d’un objet parce qu’on en produit ou qu’on en transporte beaucoup.
Consigne : Complète le tableau vierge grâce aux documents.
Réponse :
Des cartes pour comprendre le trafic maritime.
Le site marinetraffic.com permet de suivre les navires à travers les océans en temps réel.
Le site searates.com permet de calculer la durée d'un trajet maritime.
Consigne : Complète le tableau grâce aux documents.
Réponse :
Un évènement qui a marqué le commerce international en 2021
Une petite vidéo qui témoigne d'un accident en plein canal de Suez le 23 mars 2021.
Schématiser trois types d'espaces : un port maritime, un canal, un détroit.
Les mers et les océans couvrent plus de 70 % de la surface de la Terre et constituent l’un des fondements de l’économie mondiale. Leur rôle est essentiel pour les sociétés humaines car ils fournissent de multiples ressources exploitées à grande échelle.
Aujourd’hui, plus de 90 % du commerce international de marchandises s’effectue par voie maritime. Chaque année, plus de 12 milliards de tonnes de marchandises transitent par les océans. Le transport maritime repose sur de gigantesques navires et sur des ports spécialisés, qui assurent les échanges entre les continents. Sans ces routes maritimes, la mondialisation des échanges serait impossible. La surface des espaces maritime est aussi essentielle pour les activités de croisière, comme dans la mer des Caraïbes ou la mer Méditerranée, mais aussi pour la navigation de plaisance. Les pratiques sportives et récréatives sont aussi nombreuses. Les bains de mers, la plongées et les sports nautiques attirent de nombreux touristes dans des sports comme la côte basque ou Hawaii pour le surf.
La pêche constitue une activité économique essentielle : en 2022, la production halieutique mondiale a atteint environ 180 millions de tonnes, dont près de la moitié provient de l’aquaculture. Environ 80 millions de tonnes de poissons sont pêchées en mer chaque année. La Chine est le principal producteur et exportateur de produits halieutiques, loin devant l'Indonésie. Le poisson représente la principale source de protéines animales pour plus de 3 milliards d’êtres humains, notamment en Asie et en Afrique. Les océans sont donc essentiels pour la sécurité alimentaire mondiale. L’aquaculture, ne cesse aussi de croitre et représente une production de 28 millions de tonnes par an en poissons et algues.
Les océans recèlent de vastes gisements d’hydrocarbures. Près de 30 % du pétrole et 27 % du gaz naturel consommés dans le monde proviennent de gisements offshore, exploités grâce à des plateformes installées en mer. Ces ressources sont essentielles pour répondre à la demande énergétique mondiale. Par ailleurs, les mers sont de plus en plus utilisées pour produire de l’électricité grâce à l’éolien offshore. En 2023, la capacité mondiale installée dépassait 65 gigawatts, faisant de cette énergie une composante en forte croissance du mix énergétique mondial. La force de la marée, de la houle ou des courants marins peut aussi être exploitée pour produire de l'électricité. Le sable est aussi une ressource stratégique, nécessaire à la construction (routes, bâtiments…) : il fait l’objet d’une exploitation massive, notamment en Sierra Leone ou en Indonésie. Le plancher océanique abrite d’importants gisements minéraux. Les nodules polymétalliques, situés à plusieurs milliers de mètres de profondeur, contiennent du cobalt, du nickel, du cuivre et du manganèse. Ces métaux sont indispensables pour les industries de haute technologie, notamment la fabrication de batteries, d’ordinateurs et de véhicules électriques. Bien que leur exploitation industrielle en soit encore à ses débuts, ces ressources représentent un potentiel stratégique considérable pour l’avenir.
Dans certaines régions du monde où l’eau douce est rare, comme au Moyen-Orient, l’eau de mer est transformée en eau potable grâce aux usines de désalinisation. En 2020, plus de 20 000 usines de dessalement fonctionnaient dans 150 pays, produisant environ 95 millions de mètres cubes d’eau douce par jour. Cette ressource est cruciale pour répondre aux besoins des populations dans les zones arides.
Consigne : Analyse et transforme ce texte dense et long en un document, de ton choix, simple, facile à comprendre et à mémoriser.
Proposition de correction :
Une brève vidéo qui résume les enjeux des îles Spratleys entre différents Etats de la Mer méridionale de Chine.
Pour aller plus loin !
Une brève vidéo qui traite de la montée des eaux liées au réchauffement climatique.
Une brève vidéo qui traite de la pollution plastique sur la planète, notamment dans les espaces maritimes.
Les espaces maritimes dans le monde : maritimisation, ressources et enjeux
(D'après le fond de carte du manuel Hatier)
Fiche de révision du cours : les objectifs pour l'évaluation
Comprendre et réutiliser des notions de géographie.