Date de publication : Feb 16, 2012 4:10:27 PM
Nous avions écrit au SYTRAL pour les questionner sur l'impact de la pollution des sols sur les malheureuses brebis chargées de débroussailler la zone polluée.
nous avons reçu une réponse circonstanciée de Anna Pacitto,
avec les résultats complets des deux campagnes d'analyse de sol, en 2010 et en 2011.
Il est étonnant que leur avis actuel corresponde assez bien à celui que nous avons nous-même émis sur ce site l'an dernier, comme par hasard, après que le commissaire-enquêteur se soit servi de cette pollution pour renforcer l'intérêt du projet du Sytral, en reprenant l'argument aussi utilisé par la Mairie et par "Craponne à venir".
REPONSE PAR MAIL 16 02 2012
Bonjour Monsieur,
Suite à votre mail du 6 février dernier, je vous remercie tout d’abord de l’intérêt que
vous portez à notre chantier ainsi qu’à notre personnel (brebis et hommes).
Afin de répondre à vos interrogations, je me permets de faire un petit historique.
Eté 2010 : Une série d’analyses a été effectuée en 2010 pour permettre un diagnostic
de pollution des sols dans le cadre d’évacuation des terres ; le pont de la Patelière se
trouvant sur le tracé de LEOL.
Ceci pour 2 raisons évidentes :
- Le tracé se trouvant sur une ancienne voie de chemin de fer, il est connu qu’il y a
toujours de la pollution au droit des voies ferrées.
- Le pont a servi de décharge pour les habitants de Craponne pendant de nombreuses
années et a ainsi été remblayé.
Méthodologie : Cette étude a consisté à l’analyse de prélèvements réalisés à
différentes profondeurs (1,5m, 3,5m, 5m et 6 m de profondeur) à la pelle mécanique.
Résultats (voir tableaux) :
- Nature des sols correspond à des remblais.
- Des valeurs en arsenic, cadmium, chrome, plomb et mercure supérieures aux
gammes de valeurs couramment observées dans les sols au niveau local et national
au droit du prélèvement à 5m de profondeur.
- Des valeurs en mercure supérieures aux gammes de valeurs couramment observées
dans les sols au niveau local et national au droit des prélèvements à 1,5m et 3,5m
de profondeur.
- Des concentrations inférieures, en hydrocarbures pour l’ensemble des échantillons
analysés.
- Quelques constats organoleptiques de présence potentielle de pollution ont été
identifiés telle que la présence de terre noirâtres zonées ponctuellement entre 5 et
6m ainsi que la présence de bitume. Aucune odeur suspecte au droit de la fouille.
Ce qui implique :
- Les personnes intervenant sur le chantier devront avoir l’équipement nécessaire.
- Qu’il n’y a pas de danger pour les brebis qui débroussaillent puisque les racines des
buissons ne descendent pas à ces profondeurs.
- Cela a permis d’avoir un premier aperçu et la nécessité de sondages supplémentaires
pour établir le mode opératoire de l’évacuation et le traitement des terres polluées.
Eté 2010 : cette série de sondage a été effectuée pendant les sondages qui avaient
pour but de vérifier la solidité de l’ouvrage existant. La consigne avait été donnée aux
entreprises intervenant sur site de bien remettre « la terre dans le même sens » puisque
l’on se doutait de cette pollution.
Résultats : ces sondages ont permis de connaître l’état des fondations du pont et par
conséquent des travaux à réaliser sur cet ouvrage.
En 2011 : Des sondages complémentaires (à ceux de 2010) se sont avérés nécessaires
pour connaître le traitement à donner des terres polluées dans le cadre de l’évacuation
et identifier l’étendue de la zone.
Méthodologie : Cette étude a consisté en la réalisation de 6 sondages (de 2 à 7 m de
profondeur) à la foreuse mécanique et de prélèvements d’échantillons des sols pour
analyse des métaux lourds et des hydrocarbures totaux.
Résultats : Nature des sols correspond à des remblais. Quelques constats
organoleptiques de présence potentielle de pollution ont été identifiés telle que la
présence de terre noirâtres. Aucune odeur suspecte au droit des sondages.
Les analyses (voir tableaux) :
- présence d’arsenic à -3m, -4m, -5m de profondeur sur certains sondages.
- présence de mercure de -2m à -7m de profondeur sur certains sondages.
Aucune pollution en surface. De plus avec les pluies, les pollutions descendent dans les
sols.
Ce qui implique :
- Qu’il n’y a pas de danger pour les brebis qui débroussaillent puisque les racines des
buissons ne descendent pas à ces profondeurs.
- D’autre part, cela confirme quant aux dispositions à prendre pour les personnes
intervenant sur le chantier pendant le terrassement, elles devront être équipées des
tenues adaptées.
- Cela a permis aussi d’établir des devis pour l’évacuation et le traitement ultérieur des
terres polluées.
En espérant avoir répondu à vos interrogations.
Je reste à votre disposition.
Cordialement
Anna Pacitto
Chargée des relations riverains
PJ : sondages 2010, sondages 2011